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Citation
  • "(...) il ne suffit pas de répandre l'enseignement anthroposophique, de dire que l'homme se compose de quatre éléments et de répéter, à qui veut l'entendre, que l'homme est fait d'un corps physique, d'un corps éthérique, d'un corps astral et d'un Je, même si l'on sait définir et décrire ces éléments. Cela non plus n'est pas l'important, au contraire ; il faut s'efforcer de toujours mieux comprendre l'articulation vivante de ces éléments de l'être humain, la manière dont corps physique, corps éthérique, corps astral et Je sont concernés par l'homme sain et l'homme malade, ce qui découle de l'activité réciproque de ces éléments constitutifs"
    Berlin, 26 octobre 1908 - GA107

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 4 - 8 minutes)

 

Extrait du cycle de conférences « Nature et destin de l'homme - Évolution du monde »
2ème conférence - Christiana (Oslo), 17 mai 1923
Rudolf Steiner – GA226

(...) Sur la terre, nous sommes placés en un point précis de l'univers. Nous regardons de tous côtés, et nous voyons ce qui est extérieur à l’être humain. Ce qui est en lui, nous ne le voyons absolument pas. – Ici vous direz: mais c'est insensé de parler ainsi; les anatomistes - sinon tout un chacun - qui dissèquent et étudient le corps humain, connaissent bien l'homme interne. – Ils n'en connaissent rien! Car ce qu'on apprend à connaître de cette manière, c'est aussi «l'extérieur». Que vous regardiez de l'extérieur la peau de l'homme ou ses organes internes, cela revient au même. Or, à l'intérieur de sa peau, il n'y a pas ce que les anatomistes découvrent avec leurs instruments – il y a tout un monde, des mondes entiers ! Dans le poumon humain, dans chaque organe humain se trouvent en petit des univers entiers enroulés sur eux-mêmes. 

Certes, c'est une merveille que de voir un beau paysage, ou de nuit le ciel étoilé dans toute sa splendeur. Mais ce qui est à l'intérieur de l’être humain, si nous le contemplons non pas avec l'œil physique de l'anatomiste, mais avec l'œil spirituel, si nous regardons un poumon, un foie humains - excusez-moi de nommer tous ces organes - avec l'œil spirituel, nous y voyons des mondes concentrés. En regard de la majesté, de la beauté des fleuves et des montagnes du monde terrestre, celle des organes internes est encore bien plus grande, bien plus merveilleuse ; peu importe qu'ils soient bien plus petits que l'espace qui paraît si grand. Une vue d'ensemble de ce qui se trouve dans une seule vésicule du poumon vous montrera des choses bien plus grandioses que le massif des Alpes dans son entier. Ce qui se trouve dans l’être humain, c'est en vérité le Cosmos spirituel tout entier, condensé; l'organisation interne est l'image de l'univers

Nous pouvons nous représenter cela encore autrement. Imaginez-vous que vous avez, disons, trente ans, regardez en vous-même par les yeux de l'âme et rappelez-vous une expérience faite entre dix et vingt ans. Cet événement est devenu une image dans l'âme. Vous revoyez peut-être en un instant des événements qui se sont déroulés durant plusieurs années. Une seule image, une seule représentation contient tout un monde. Pensez à ce que vous éprouvez parfois quand vous portez en votre âme les petits souvenirs d'événements considérables auxquels vous avez pris part. Ils constituent l'élément psychique de vos expériences terrestres. Mais si, de la même manière, vous regardez votre cerveau, ou l'intérieur de votre œil - qui est à lui seul tout un monde -, ou bien votre poumon ou d'autres organes, ils ne sont pas des images de vos expériences passées, ils vous offrent des images du Cosmos spirituel, toutefois sous une apparence matérielle. 

Tout comme il déchiffre ses souvenirs parce qu'ils correspondent à des expériences vécues sur terre, l’être humain peut déchiffrer des énigmes en interrogeant: qu'y a-t-il dans mon cerveau, dans mon œil interne, dans mon poumon interne ? - Alors le Cosmos se dévoile à son regard, de même que des souvenirs fragmentaires lui dévoilent toute une série d'expériences passées. Une mémoire universelle incarnée: voilà ce qu'est l’être humain. Il faut bien peser ce fait, alors on comprendra ce que signifie ceci : après la mort, et après avoir passé par les états déjà décrits, l'homme arrive à contempler l'être humain lui-même. Il est esprit parmi les esprits. Et ce monde qui lui apparaît maintenant comme le sien, c'est la merveille de l'organisation humaine qui est le Cosmos, l'univers tout entier. Tout comme ici nous sommes entourés de montagnes, de rivières, d'étoiles, de nuages, c'est alors l’être humain avec son organisation merveilleuse qui est notre environnement, notre monde. Notre regard porte - si je puis m'exprimer de façon imagée - à droite, à gauche dans le monde spirituel, et de même qu'ici nous apercevons des montagnes, des fleuves, etc., nous voyons de tous côtés l'être humain. l’être humain est le monde. Et nous travaillons à ce monde qu'est l’être humain. Comme ici-bas nous construisons des machines, nous tenons des livres, nous confectionnons des vêtements ou des souliers, comme nous écrivons, bref comme nous édifions ce qu'on appelle la civilisation, la culture - de même là-haut nous œuvrons à l'humanité, mais en collaborant avec les Hiérarchies supérieures et avec les êtres désincarnés. Nous édifions l'humanité à partir du Cosmos. Ici-bas, sur terre, nous sommes un être achevé. Là-haut, nous déposons le germe spirituel de l’être humain terrestre.

Tel est le grand secret: l'occupation de l'homme dans le ciel consiste à tisser lui-même, avec l'aide des hautes Hiérarchies, le grand germe spirituel de l'homme terrestre futur. Et tous nous tissons ainsi dans le Cosmos spirituel - et c'est une œuvre spirituelle gigantesque - l’être humain terrestre futur, celui que nous serons sur la terre. Notre œuvre de construction de l’être humain terrestre futur, nous l'accomplissons en commun avec les dieux. 

Lorsque sur la terre nous parlons d'un germe, nous pensons à quelque chose de petit qui grandira. Mais ce germe de l'homme physique dans le monde spirituel - dont l'embryon qui grandit dans le sein maternel n'est qu'une reproduction -, cet embryon spirituel est d'une grandeur immense, il est un univers, dans lequel tous les autres humains sont inclus. On peut dire qu'ils sont tous au même endroit - et pourtant ils sont nombreux et différents. Ce germe ensuite diminue constamment : entre la mort et une nouvelle naissance, nous formons d'abord, vaste comme un univers, le germe spirituel de notre être futur, puis il devient de plus en plus petit, il s'involue, se condense et enfin produit dans le sein maternel une reproduction de lui-même. Les opinions de la physiologie matérialiste à ce sujet sont tout à fait inexactes. Elle estime que l'homme, avec sa merveilleuse structure que j'essaie de vous esquisser ici, serait produit par le seul embryon physique. C'est une absurdité. On croît ordinairement que cet œuf, ce germe, est fait d'une matière très complexe ; les chimistes, les chimistes physiologistes réfléchissent, voient comment la molécule ou l'atome se compliquent de plus en plus jusqu'à donner cet embryon, la matière pour eux la plus compliquée de toutes. - Mais cela n'est pas du tout exact : le germe de l'œuf est en fait une matière chaotique. Lorsque la matière devient germe, elle se désagrège en tant que telle, elle est entièrement pulvérisée. La nature essentielle du germe physique, et surtout du germe humain, c'est qu'il est une matière entièrement pulvérisée, complètement inerte. 

Et parce qu'il est une matière complètement pulvérisée, le germe spirituel, qui est préparé longtemps à l'avance, peut y pénétrer. Cette matière physique du germe devient précisément par la conception apte à se désagréger ainsi. Pour que le germe spirituel y pénètre et devienne l'image du germe spirituel tissé par tout le Cosmos, la matière physique est totalement détruite. 

On peut certes louer bien haut tout ce que les hommes accomplissent sur terre pour la civilisation, pour la culture, je ne dirai rien contre de tels éloges, au contraire je les approuve d'emblée dans la mesure où ils sont raisonnables. Mais ce qui est élaboré dans ce qu'on pourrait appeler la civilisation céleste, entre la mort et une nouvelle naissance, cette préparation, cette édification du corps humain en esprit, c'est une œuvre bien plus vaste, bien plus noble, bien plus grandiose que tout ce qui se fait sur terre. Rien n'est plus noble dans l'univers que cette élaboration de l'être humain à l'aide de toutes les composantes fournies par le monde. C'est en œuvrant avec les dieux que l’être humain s'édifie durant cette phase si importante de la vie entre la mort et une nouvelle naissance. (...)

[Caractères italiques S.L.] 

Rudolf Steiner 

 

Ndlr : Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.
De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info  

 

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