Le blog de Rémi Mogenet
Rémi Mogenet, né en 1969 à Paris, est docteur en littérature à l'université de Savoie, et écrivain. Il a fait paraître plusieurs recueils de poésie et récits mêlant souvenirs du monde physique et imaginations du monde spirituel, et plusieurs ouvrages et articles documentaires sur la littérature et l'histoire, principalement de l'ancienne Savoie, mais aussi de l'imaginaire moderne.
Il a dirigé plusieurs années une association d'agriculture biodynamique en Haute-Savoie, ainsi qu'une association de poètes à Genève, et est directeur littéraire de la maison Le Tour Livres. Il tient un blog personnel de chercheur, à consulter éventuellement : https://montblanc.hypotheses.org/.
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J'ai évoqué sur le blog de Soi-Esprit Info, dont le responsable a retenu l'article, la figure perse de l'ange pointant une aile claire vers le ciel, une aile sombre vers l'enfer – telle que Henry Corbin la décrit d'après des textes initiatiques. J'ai aussi signalé que cette figure se trouvait chez François de Sales. Cet évêque de Genève du début du XVIIe siècle vivait à Annecy, Genève étant alors protestante. Il y était sous la protection du duc de Genevois-Nemours, prince savoisien siégeant au château d'Annecy, et bien sûr du duc de Savoie, qui siégeait alors à Turin. François de Sales est connu pour avoir rédigé deux livres fondamentaux de dévotion, Introduction à la vie dévote et Traité de l'amour de Dieu. Vaugelas disait que pour les goûter, il fallait être à la fois pieux et docte, ce qui se rencontre rarement ! Plus tard, le roi Charles-Félix de Savoie dira qu'on ne trouve qu'en Savoie des gens à la fois religieux et intelligents : ailleurs, ils n'auraient été que l'un ou l'autre ! Mais Rudolf Steiner pensait que l'avenir appartenait précisément à cette sorte de gens.
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On le sait peu, mais Henry Corbin aimait beaucoup Rudolf Steiner. On en a la preuve par sa correspondance privée : dans une lettre à l'écrivain Charles Duits, il le cite, en disant l'un de ses cycles de conférences – qu'il venait de lire – grandiose, et en demandant à Duits s'il l'a lu. Ce qui n'était peut-être pas le cas, car selon le fils de ce dernier, Juste Duits, son père ne citait jamais Steiner. Mais il fréquentait Jacques Lusseyran ; il avait entendu parler de lui. Et surtout, il était fasciné par l'idée de « monde imaginal » de son ami Henry Corbin : un monde créé par l'imagination pour servir de réceptacle à l'Esprit pur, et lui donner forme accessible à l'entendement, par l'Art. C'était pour Corbin l'essence des mythologies, et au fond on retrouve cette idée chez Steiner, mais aussi chez Victor Hugo, et en général dans le Romantisme. Même des théologiens tels que François de Sales l'ont eue – et, plus près de nous, J. R. R. Tolkien. C'est au fond toute une école, négligée à tort par la critique universitaire.
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Dieu sait pourquoi, la philosophie approuvée par les universités publiques passe pour plus laïque qu'une autre, et finalement il est plus séant de respecter Jean-Paul Sartre que Pierre Teilhard de Chardin – même parmi les anthroposophes, en moyenne moins hostiles à la philosophie agnostique défendue par l'État qu'aux philosophes catholiques. C'est curieux, au regard de ce qu'a énoncé Rudolf Steiner, puisqu'il a donné comme premier principe social la liberté absolue dans la sphère culturelle, et contesté d'abord sous ce rapport le poids de l'État, rappelant que même celui de l'Église n'avait pu exister que par le soutien des empereurs et des rois. Or, à présent, ce soutien est peu présent, et c'en est au point où stratégiquement l'Église défend volontiers la liberté individuelle contre l'étatisme – persuadée, non sans raison, que si les individus par exemple étaient entièrement libres de choisir l'éducation de leurs enfants (par le biais notamment d'un chèque-éducation, comme il en existe dans certains États américains), leurs institutions ne s'en porteraient que mieux, beaucoup de gens continuant à lui être attachés. Mais cela peut aussi être vrai surtout des États-Unis, dominés politiquement par le protestantisme. Peut-être qu'en France les Gaulois se pensent protégés de Rome par l'État parisien, déjouant jusqu'aux principes généraux de Steiner. Cela peut aussi venir d'un réflexe nationaliste : on rejette la tradition latine, et on préfère la culture étatique obligatoire gauloise même à une libre possibilité d'adoption de la tradition romaine. On hiérarchiserait, en quelque sorte.
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Relativement au monde spirituel, la sagesse juive a pour qualité d'être remarquablement claire, et à ce titre se recoupe souvent avec ce que Rudolf Steiner, qui avait la même ambition de clarté, a pu énoncer. Les différences de lieu, d'époque et d'habitudes peuvent créer un regard différent, mais, dans le monde spirituel, beaucoup de choses restent les mêmes d'un siècle à l'autre, quoi qu'on dise, et on peut être surpris qu'à bien des égards, même avec le christianisme les pensées de Rudolf Steiner ne se recoupaient pas autant qu'avec le judaïsme. C'est en particulier le cas – donc – pour ce qui n'a pas changé depuis l'aube des temps, au sein de l'humanité et du monde : les rapports entre Dieu et la Nature, les vies successives, les anges. On peut se poser la question de savoir jusqu'à quel point ces recoupements existent. Voyons cela1.
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Chaque année, une revue scientifique annuelle internationale est réalisée, en anglais, et en juin dernier, à propos de la biodynamie, il était écrit : « Biodynamic agriculture (BD agriculture) was presented as an alternative form of agriculture by the philosopher Rudolf Steiner and is nowadays considered one of the forms of organic agriculture. The objective of the present manuscript is to critically review international scientific literature on biodynamic agriculture as published in highly ranked journals and to assess its performance. This review was based on a structured literature survey of peer-reviewed journals indexed on the Web of Science™ (WoS) Core Collection database carried out from 1985 until 2018. We found 147 publications of studies in journals with an impact factor. Of these, 93 focused on biodynamic agricultural practices, 26 on the sustainability of the biodynamic method, and 28 on the food quality of biodynamic products. The results of the literature review showed that the BD method enhances soil quality and biodiversity. Instead, further efforts are needed to implement knowledge on the socio-economic sustainability and food quality aspects of BD products. One particularly promising topic of research consists in the assessment of microbial activity and the potential that microbiomes have in BD farms to enhance soil fertility and human health following the One Health approach. Moreover, it is critical that such subjects be investigated using a systemic approach. We conclude that BD agriculture could provide benefits for the environment and that further efforts should be made with research and innovation activities to provide additional information to farmers, policy makers, and stakeholders regarding this type of organic agriculture1. »
[NDLR : Une traduction en langue française du résumé et de l'article complet parue dans cette revue scientifique est accessible sur le site de Biodynamie recherche, sur cette page]
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Certains anthroposophes affirment que pour éviter l'idolâtrie dont pourrait faire parmi eux l'objet Rudolf Steiner, il faut éviter de le citer, et de le prendre comme base de l'anthroposophie. Je ne trouve pas cela spécialement rationnel, vu qu'il est réellement la base de ce qu'on appelle l'anthroposophie : l'anthroposophie est avant tout la philosophie de Rudolf Steiner, ou la démarche initiatique qu'il a précisée. De surcroît, pour éviter l'idolâtrie, le mieux est simplement de ne pas y tomber quand on parle de lui – quand on le cite –, c'est à dire d'exercer son esprit critique et de reconnaître et de livrer ses limites, dans la mesure où on peut les voir. Il est bien possible que les anthroposophes qui ne veulent pas qu'on cite Steiner soient dans le cas de ne pas vouloir qu'on le cite contre eux, quand ils essaient d'imposer leurs pensées personnelles qu'ils pensent géniales, mais qui en général sont assez banales et viennent de la philosophie ordinaire. J'en ai eu des exemples, ici ou là. Ils croyaient que leurs idées étaient plus avancées que celles de Steiner, alors qu'en fait elles existaient déjà avant : ils s'imaginaient à tort que les idées progressent beaucoup. Celles à la mode sont là depuis bien longtemps, on ne change pas tant qu'on croit.
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Rudolf Steiner a un jour effectué une conférence entièrement sur Joseph de Maistre – dont quelqu'un trouvera peut-être les références, mais qui m'a été donnée, imprimée, par le regretté Jean-Marc Dérobert après que j'ai eu fait moi-même une conférence sur le philosophe savoyard du XIXe siècle à l'école Steiner de Genève. Je connaissais les affirmations de Michel Joseph selon lesquelles Joseph de Maistre avait corrompu la belle spiritualité russe et suscité le communisme lorsqu'il avait vécu à Saint-Pétersbourg, et il est possible que Steiner soit allé aussi dans ce sens, et qu'on puisse également m'en donner les références. Mais quoi qu'il en soit, dans la conférence que j'ai mentionnée Steiner était plutôt élogieux, à l'égard de l'auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg – et cela jette certainement un défi aux anthroposophes français, plutôt situés dans le camp idéologique opposé à celui du philosophe de la Contre-Révolution. On peut dès lors se demander à quel titre Steiner lui trouvait des qualités, lui qui a si souvent parlé contre les Jésuites.
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J'ai évoqué précédemment le mouvement de science catholique qui a essayé de se développer au XIXe siècle dans la foulée d'un romantisme qui prétendait à la fois revenir aux sources du christianisme, dans l'esprit de Chateaubriand, et embrasser la science moderne qui s'était imposée avec la philosophie des Lumières – et dont les prêtres lucides savaient qu'on ne pouvait pas l'effacer d'un trait. C'est exactement cet esprit d'« encyclopédisme chrétien » dont s'est réclamé le premier romantisme allemand, avec Novalis et Friedrich Schlegel, et auquel ont finalement participé plusieurs prêtres catholiques, tel Carl August von Eschenmeyer (1768-1852). Or, dans le duché de Savoie, revenu au roi de Sardaigne en 1815, une impulsion comparable, à l'échelle du pays, se développe bientôt. L'Académie de Savoie, créée en 1820, prétend ramener la science des Lumières vers les vérités divines, et rétablir une « saine raison » qui s'accorde avec la théologie de saint Thomas d'Aquin. On se prend à étudier la nature pour y observer, en même temps que les propriétés constantes de la matière, les principes chrétiens – et de vraies avancées sont produites, même si certains matérialistes voudraient que cela ne soit pas le cas.
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Olaf Stapledon (1886-1950) était un professeur de philosophie et un écrivain anglais remarquable, un des pionniers du genre qu'on appelle la science-fiction, mais qui l'a dépassée constamment par sa profondeur et son amplitude : nourri de théologie (notamment de saint Augustin) aussi bien que de philosophie profane, il a lié les imaginations interplanétaires ou futuristes à des considérations sur la divinité elle-même, en particulier dans son chef-d'œuvre, Star Maker (1937).
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Il est relativement connu que Rudolf Steiner ne goûtait pas fort le philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), qu'il trouvait bavard à l'excès. Nous avons déjà évoqué de quelle façon, toutefois, les pensées pédagogiques de Steiner pouvaient avoir été nourries de celles de Rousseau par l'intermédiaire de Jean-Paul (1763-1825), romantique allemand qui s'était beaucoup occupé de pédagogie et qui, par admiration pour Jean-Jacques, avait pris son surnom, son patronyme étant en réalité Richter. Car Steiner le cite directement. Mais il est également probable que celui-ci ait lu de façon privilégiée en allemand, pas vraiment en français.
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Dans un article récent de ce site, des citations de Christian Lazaridès rappelaient les reproches effectués par Rudolf Steiner à l'encontre de la Compagnie de Jésus, et ce qui me paraît fondamental est le suivant: pour Steiner, elle maintenait la spiritualité dans l'abstraction théologique et institutionnelle, et luttait pour qu'aucun lien ne soit établi entre les vérités spirituelles et les sciences naturelles. C'est intéressant, parce que cela renvoie à la conviction de Steiner que le dogme fondamental de la Trinité, tel qu'il a été élaboré par la théologie chrétienne antique, se vérifiait dans le monde spirituel, si l'on y plongeait un regard rigoureux, éclairé par la raison; et qu'il en allait de même des points principaux du dogme ancien. Mais on le sait, il estimait que des mystères davantage liés aux phénomènes naturels pouvaient être de même dévoilés, et que la vie de la nature pouvait aller jusqu'à refléter les vérités théoriques du christianisme, qui étaient aussi des vérités cosmiques, des principes agissant dans l'univers.
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Dans son traité sur les Contes de fées, J. R. R. Tolkien (1892-1973) évoquait la Machine à explorer le temps de H. G. Wells (1866-1946) comme contenant des éléments féeriques, ce qui, pour lui, signifiait une manifestation imaginative, mise en récit, de vérités spirituelles; mais, dans le même temps, il dénonçait le moyen par lequel le personnsage de Wells pénétrait dans le monde symbolique, ou féerique, des Eloas et des Morlocks manifestant ces principes spirituels: la machine. À ses yeux, cela n'avait pas de logique, parce qu'il regardait la machine comme spirituellement vide, faisant écho, consciemment ou non, à ce que Rudolf Steiner en avait dit. Elle ne pouvait donc pas mener à un monde plus vrai, parce que plus intensément spirituel comme est celui du conte de fées.
Il n'en demeure pas moins que la science-fiction a souvent utilisé l'idée des machines merveilleuses pour en réalité faire entrer ses lecteurs dans le mythe. Il peut s'agir d'une simple stimulation intérieure: l'imagination, d'abord, physique, portant d'abord sur ce que peuvent réaliser des machines encore à construire, se prolonge ensuite dans l'intériorité humaine, et les deux plans se mêlent indistinctement. C'est sans doute pourquoi il a été souvent dit que la littérature populaire, largement fondée sur l'imagination, contenait des vérités spirituelles dont ne voulait pas la littérature bourgeoise, foncièrement rationaliste.
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On accuse volontiers Rudolf Steiner de racisme, et si politiquement cela ne correspond à rien, puisqu'il a constamment dit que les corps politiques devaient s'appuyer sur le libre choix des individus dans l'esprit d'un contrat social parfaitement égalitaire, il a pu avoir des mots durs pour certaines cultures qu'il estimait insuffisamment rationnelles. À vrai dire, il critiquait aussi les cultures trop portées à la conceptualisation, notamment la française, et cela pouvait être excessif, mais il recherchait essentiellement le juste équilibre entre la raison et l'intuition, et si on peut relativiser son point de vue lié à sa culture propre, il est quand même difficile de rejeter en principe son idée générale. René Descartes même a bien déclaré que le poète pouvait par inspiration trouver des vérités, et Victor Hugo n'a cessé de tenter de le montrer; or, Steiner, dans la foulée de Goethe, le pensait aussi, s'il allait jusqu'à dire que le rationalisme cartésien et l'inspiration poétique pouvaient s'équilibrer parfaitement, et se mêler et s'articuler, ce qui semble déplaire souverainement à ceux qui voudraient les maintenir dans des cases séparées.
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Une des raisons pour lesquelles le rythme des campagnes de dénigrement contre la biodynamie semble lié à la respiration de l'administration étatique est peut-être qu'elle n'émane pas, historiquement, de ce que Victor Hugo appelait précisément la « science d'État » – la connaissance autorisée officiellement. En ce sens, elle permet à l'agriculteur de s'émanciper de cet État, ce qui est vu d'un très mauvais œil par les représentants de celui-ci. En apparence – et en toute conscience – il en est ainsi parce que le but des fonctionnaires est de nourrir la population, et donc de fonctionnariser l'agriculture pour le bien du peuple. En réalité, il en est ainsi parce qu'il en a toujours été ainsi, parce que, en France, les agriculteurs étaient soumis aux princes auxquels, selon Grégoire de Tours, ils avaient demandé une protection en échange de leur soumission, ou de leur asservissement : l'historien du VIe siècle raconte que les Gaulois ordinaires acceptaient un statut d'esclaves en échange de la protection des Francs contre les autres barbares. L'Empire romain était tombé, seuls le peuple de Clovis inspirait à peu près confiance. Mais en échange, donc, les Francs ont exigé d'être nourris, et ont aussi exigé que soient nourris les prêtres et les commerçants, dont ils étaient proches, dont ils avaient besoin. Ainsi est née, finalement, la surveillance de l'agriculture par les fonctionnaires, car les Francs ne la faisaient pas eux-mêmes : ils la confiaient à des Gaulois romanisés. Des clercs.
Si l'instauration de la République a pu changer les lois, elle n'a pas changé les habitudes.
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Sur un texte que j'ai écrit, le vidéaste Sylvain Leser a réalisé une vidéo dans laquelle la lecture est remarquablement claire et audible, sans être gênée par aucun autre son que celui de sa voix, et a concocté une série d'images pour l'illustrer. On aura plaisir à retrouver des figures achétypales de la Flandre telles que Thyl Ulenspiegel -Till l'Espiègle, en français, même si Charles de Coster, le grand auteur épique francophone flamand, l'appelait de son nom germanique. Pour l'écouter, on peut cliquer sur ce lien. Ci-dessous, je place le texte même, complété, pour ceux qui préfèrent lire plutôt qu'écouter, notamment pour le temps que souvent on y gagne.
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Il y a déjà quelques mois, j'ai fait paraître un livre appelé La Sœur de Merlin et autres songes de Bretagne, dans lequel évidemment Rudolf Steiner est cité. Cela s'explique par la démarche, magnifiquement résumée par Cattherine Poncey dans les Nouvelles anthroposophiques suisses du mois de juin, dans l'articulet reproduit ci-dessous:

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Jean-Henri Fabre (1823-1915) était un écrivain distingué, félibre et poète, et surtout entomologiste très précis, qui appréciait peu les théories, mais adorait étudier, scruter et observer les insectes, et leur faire faire des expériences pour caractériser leurs habitudes, leurs aptitudes, leurs mœurs, leur psychisme. C'est ce qui a fait avoir à Rudolf Steiner des mots plutôt négatifs, à son sujet : selon lui, Fabre restait le nez et la pensée collés sur les faits matériels. Mais la réalité apparaît comme plus subtile, à la lecture attentive de ses écrits.
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La famille Costa de Beauregard a été dans la Savoie des rois de Sardaigne illustre. Il en est né des héros, des historiens, des écrivains, notamment Charles-Albert Costa de Beauregard (1835-1909), qui a réalisé de véritables chefs-d'œuvre dévoilant les dessous du royaume de Sardaigne et de la vie de son homonyme Charles-Albert de Savoie, qui a régné de 1831 à 1849, et qui fut incontestablement un des derniers rois romantiques. Après le rattachement de la Savoie à la France, en 1860, Charles-Albert Costa de Beauregard devint à son tour un héros dans la guerre de 1870 contre la Prusse, avant de se voir contester l'entrée à l'Académie française par des locaux énervés par l'esprit d'indépendance des Savoyards et des rois de Sardaigne. Telle est la France, ouverte sur le monde si des impôts en viennent. Mais les Costa de Beauregard ont apporté à cette nation un physicien également illustre, Olivier Costa de Beauregard (1911-2007), connu pour avoir tenté de concilier science et foi, et défendu l’idée mystique de la double causalité1: le temps ne suivait pas pour lui une ligne droite, du passé à l'avenir, mais accueillait, du futur, des causes mystérieuses, et ce rapport au temps dont on s'affranchit dans l'espace immense n'est pas sans rappeler certains enseignements de Rudolf Steiner rappelant que dans le monde spirituel le temps n'avait pas la même logique que dans le monde physique ou éthérique. Comme le disait le cinéaste David Lynch à travers les personnages mystiques de Twin Peaks: « Is it past, or is it future? » Nous ne savons pas.
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Beaucoup de gens en France critiquent la biodynamie en la reliant à la culture allemande, qui serait trop archaïque parce que faisant appel aux forces élémentaires dont a beaucoup parlé Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) – qui a aussi exploré la chose, à sa manière, dans ses traités scientifiques. Le fondateur de la biodynamie, Rudolf Steiner (1868-1925), bien sûr, se réclamait de lui, et a développé ses vues sois divers rappports.
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Le « pape du Surréalisme » qu'était André Breton n'a jamais cité l'anthroposophie ni Rudolf Steiner. On raconte qu'il était intéressé par une rencontre avec le philosophe ésotérique René Guénon, qui n'aimait pas Steiner et qui s'appuyait sur une « Tradition » remontant à une « Révélation primordiale » et qu'il affirmait connaître parfaitement – condamnant les investigations spirituelles s'appuyant sur l'imagination individuelle, même soutenue par l'inspiration et l'intuition. C'en était au point de n'avoir jamais pu décrire ou raconter comment, de quelle manière cette « Révélation primordiale » avait eu lieu : le mystère restait total. Guénon, de fait, ne parlait que d'un « intellect intuitif », ne passant pas par l'imagination et la dimension artistique, et on ne voit pas ce qu'avec André Breton ils auraient pu se dire, puisque celui-ci prônait à l'inverse l'Imagination et rejetait toute idée conçue au préalable, qu'elle appartînt au dogme catholique ou à une quelconque « Tradition ».
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Les Travailleurs de la mer est peut-être le roman de Victor Hugo où le grand écrivain a le plus développé en prose des vues animistes sur la nature – dévoilant sur le sujet ses pensées réelles, souvent voilées par ailleurs dans sa poésie, ésotérique mais en vers et ainsi évitant le reproche d'avoir été explicite à la façon d'un philosophe. Dans L'Archipel de la Manche, un morceau qu'il y a ajouté, il affirme même que la science est « myope » et que les phénomènes climatiques et naturels ont bien pour source les constellations, comme l'indique l'ésotérisme ordinaire: « Notre dépendance cosmique, constatée aujourd'hui, mais que la science myope cherche à circonscrire, se manifestera de plus en plus. Tel phénomène terrestre, encore obscur à cette heure, est un dérivé zodiacal », affirme-t-il (Œuvres complètes. 7, Paris, Olendorff, 1891, p. 334)! Ne dirait-on pas qu'il annonce le rejet par le scientisme de la pensée de Rudolf Steiner? Dans le roman même, notre grand romantique décrit une tempête en affirmant très sérieusement, quoique dans son style enflammé, qu'une tempête est une « colère de la nature ». La nature est une personne, pour lui : le corps d'une déesse, ou d'un dieu.
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Sur le site Internet de la Société anthroposophique française, élégamment formalisé par notre ami Louis Defèche, on peut lire un article d'Alain Tessier répondant aux critiques violentes adressées publiquement à l'anthroposophie, notamment en France: il pose la question de savoir comment défendre Rudolf Steiner et sa philosophie, laquelle était située, par lui-même, entre la thésosophie et l'anthropologie (voir Défendre l'anthroposophie et Rudolf Steiner, in Société Anthroposophique en France).
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La biodynamie a un grand avenir en France. Elle nécessite en effet une certaine instruction, et les autorités locales ont toujours été exigeantes quant aux capacités intellectuelles des agriculteurs.
On pourrait penser que le but en était la soumission aux méthodes matérialistes fondées sur la quantité, alors que la biodynamie se centre sur la qualité, et en sonde les mystères. Mais peu importe: toute faculté de compréhension, même de la logique matérialiste, est bienvenue, en ce qu'elle développe l'intelligence. La biodynamie ne renvoie pas à des pensées préétablies à apprendre par cœur et à appliquer servilement, mais invite à méditer à réfléchir, à éclairer de raison l'intuition.
- Rudolf Steiner, Jean-Baptiste Malet et le Monde diplomatique
- Pensée des Lumières et philosophie de l’homme dans sa dimension spontanément spirituelle : ou la critique agnostique française de l’idéalisme et du romantisme allemands
- Biodynamie et goûts personnels d'après un article scientifique de Jean Foyer
- Biodynamie et économie: une solution viable