Le blog de Rémi Mogenet
Rémi Mogenet, né en 1969 à Paris, est docteur en littérature à l'université de Savoie, et écrivain. Il a fait paraître plusieurs recueils de poésie et récits mêlant souvenirs du monde physique et imaginations du monde spirituel, et plusieurs ouvrages et articles documentaires sur la littérature et l'histoire, principalement de l'ancienne Savoie, mais aussi de l'imaginaire moderne.
Il a dirigé plusieurs années une association d'agriculture biodynamique en Haute-Savoie, ainsi qu'une association de poètes à Genève, et est directeur littéraire de la maison Le Tour Livres. Il tient un blog personnel de chercheur, à consulter éventuellement : https://montblanc.hypotheses.org/.
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Il y a déjà pas mal de temps, Le Monde diplomatique a fait paraître, sous la plume de Jean-Baptiste Malet, un article à charge contre Rudolf Steiner et l’anthroposophie que leurs pourfendeurs continuent d'adorer citer, malgré des articles plus récents, parus dans Le Monde tout court, qui ont démontré que l'essentiel des accusations lancées était fallacieux, et n'était fait que pour trouver de bonnes raisons de s'en prendre à l'anthroposophie. L'idée même, tendancieuse, de multinationale de l’ésotérisme, était issue d'un article du sociologue Stéphane François paru dans Critica Masonica, qui essayait d'évaluer moralement l'anthroposophie, parce qu'elle était, disait l'auteur, à la mode. Même s'il modérait ses critiques, Stéphane François, de toute façon quelqu'un de modéré et de centriste, suggérait des déviances qui n'avaient plus qu'à s'exprimer plus passionnément chez des auteurs moins exposés, tels que Jean-Baptiste Malet, ou même des organes moins faciles d'accès, tels que Franc-Maçonnerie Magazine.
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Un blogueur appelé Grégoire Perra, ancien anthroposophe repenti, m’a cité deux fois sur un de ses blogs, mais avec plusieurs erreurs.
La première fois, le 17 mars 2021, il évoque un article dans lequel j’établis des rapports entre lui et le poète Prudence, qui vivait au Ve siècle et qu’il présente comme un “moine” alors qu’il était administrateur dans l’Empire romain (sous Théodose Ier). Il se plaint de cet article, mais à mon avis il est content de pouvoir le répertorier.
La seconde fois, le 1er mai de la même année, il évoque une discussion que j’ai eue avec des amateurs de langues régionales sur Facebook. Il prétend que je brandis “partout” une lettre d’Emmanuel Macron adressée à l’ancien maire de la commune d’Habère-Poche (Haute-Savoie, France) Marc Bron, dans lequel le président de la république française me félicite d’avoir édité (en collaboration avec Marc Bron, par ailleurs professeur) les poésies en savoyard de mon arrière-grand-oncle Jean-Alfred Mogenet (1862-1939). Peut-être jaloux, Grégoire Perra reproche au chef de l’État de m’avoir fait un tel compliment, sous on ne sait quel prétexte. Je n’ai montré cette lettre qu'une fois, à un moment où mon expertise sur les langues régionales était contestée.
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Une étude du sociologue Jean Foyer, appelée Syncrétisme des savoirs dans la viticulture biodynamique, publiée en 2018 dans la Revue d'anthropologie des connaissances, met en avant le sentiment des agriculteurs qui pratiquent la biodynamie: ils ne comprennent généralement pas la logique de Rudolf Steiner qu'ils appliquent, mais les effets leur en plaisent. Ils constatent que leurs vignes se portent mieux, qu'elles sont plus en forme, plus rutilantes, et eux-mêmes parmi elles se sentent mieux. Donc ils la pratiquent, même si l'ésotérisme des conceptions anthroposophiques leur échappe.
Or, même les détracteurs de la biodynamie, ceux qui la qualifient de pseudoscience, sont contraints de reconnaître ses bons résultats: la qualité des sols en atteste. Jusque ceux qui la constatent, néanmoins, refusent généralement de l'attribuer aux pratiques homéopathiques impliquant l'esprit des éléments, et se contentent de la dire d'origine humaine: les biodynamistes sont de bons agriculteurs, affirment-ils, et quand ils ne le sont pas au départ, la biodynamie les rend tels parce qu'elle les contraint d'être très soigneux avec leurs terres.
Remarquons à ce sujet deux choses.
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Vignes corses en biodynamie
Les vins biodynamiques ont du succès, des études portant sur le goût tendent à prouver leur supériorité sous ce rapport - et quelques sceptiques s'en plaignent, estimant que la biodynamie n'est qu'un discours de fantaisie destiné à tromper les gens. Nous n'en croyons évidemment rien, et pensons que le public est légitimement attiré par elle, que les produits biodynamiques contiennent des qualités spéciales, senties d'instinct par lui. Les études portant sur les vins ont tendu à le prouver parce que c'est l'aliment qu'on achète le plus pour son goût. Or la saveur est une expérience intérieure, qu'on peut essayer de recouper avec des processus chimiques, mais sans aucune certitude, puisque la concomitance entre l'expérience intérieure, humaine, et les phénomènes extérieurs, physiques, est profondément subjective et tremblante. Le problème des matérialistes est qu'ils veulent croire que la première est la conséquence des seconds; mais ils n'en savent rien, ils le postulent seulement, et il est ridicule selon nous de dire que c'est l'afflux de sang provoquant la rougeur qui est la source de la honte, plutôt que le contraire. Donc dans le corps humain, et tout ce qui est de l'ordre de l'expérience psychique consciente, l'effet sur le corps du psychisme est manifeste, et il est simple de dire, comme le faisait Jean-Jacques Rousseau, que ce principe s'applique aussi pour ce dont nous n'avons pas conscience. Pourquoi non? Créer à cet égard une exception est illogique et antiscientifique, cela participe du postulat matérialiste gratuit, du culte, du dogme.