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En principe, les chrétiens ne présentaient que Moïse et les patriarches comme ayant eu un lien intime avec le vrai dieu. Mais on sait que cela a souvent débordé : des sages anciens étaient réhabilités, et même François de Sales affirmait que des païens vertueux connaissant mal Dieu pouvaient être sauvés par lui, susciter sa grâce, par l'admiration de leurs vertus. On estimait possible d'avoir pressenti le Christ même parmi les Gentils, et on scrutait en ce sens les vers de Virgile et les oracles des sibylles. En un sens, Steiner a confirmé ce point de vue avec Bouddha. Et avant lui, ceux qui ont christianisé sa légende.

Déodat Roché, le spécialiste anthroposophe du catharisme, prétendait que le texte occitan présentant le Bouddha était cathare. Il n'a rien de si extraordinaire, s'il est assez beau, et n'est pas différent en essence de sa version latine par Jacques de Voragine. En tout cas, la filiation historique a été établie, et cette vie de Bouddha est passée par le grec et l'arabe : cela a été prouvé. La Syrie en particulier semble avoir servi de point de passage. Il est bien possible que l'Espagne musulmane en ait été un autre, et que cela explique l'importance de ce texte en terre occitane. Déodat Roché en concluait l'influence bouddhiste en Occitanie. C'est possible. Mais peut-être exagéré. D'ailleurs Steiner faisait remarquer que « Wotan » et « Bouddha » entretenaient des rapports phonétiques. Et la religion des anciens Celtes est aussi assez proche du bouddhisme. Mais cela atteste certainement d'une influence de l'Orient dans le Languedoc médiéval.