Bonjour Florent,
Sur la question des écoles biodynamiques : vous avez raison, il n'y a pas une biodynamie monolithique.
Et c'est précisément là que la question de la 500P devient intéressante plutôt qu'épineuse. Ce n'est pas une économie de passage de pulvérisateur qui a motivé Podolinsky. C'est une démarche de recherche : les résultats obtenus avec la 500P se sont révélés meilleurs, de façon mesurable et reproductible. Steiner avait lui-même surdosé un des préparas.Pfeiffer l'a remarqué et cela a été corrigé dans un appendice ... non-traduit en français ! Podolinsky a repris l'expérimentation avec les outils disponibles à son époque et a consolidé une position différente. Certaines écoles biodynamiques en restent strictement aux indications du cours aux agriculteurs de 1924.C'est un choix qui va contre l'indication de Steiner qui a insisté pour expérimenter et corriger si nécessaire.Podolinsky a poursuivi la recherche là où d'autres se sont arrêtés à la transmission.Podolinsky est comme I. Wegman par ailleurs dans le respect de l'impulsion initiale qui consiste à vérifier par la démarche scientifique moderne.
Sur la "pousse forcée" : je comprends le sentiment que vous décrivez, mais l'observation de Podolinsky à Powelltown porte sur la vie du sol, pas sur une croissance végétale anormale. Ce qui a changé, c'est la structure et l'activité biologique du sol sur dix centimètres. C'est un point important : si un effet de pousse forcée avait été observé, il se serait traduit par une dégradation de la qualité intrinsèque des produits. Ce n'est pas ce que les données de Powelltown montrent.
Sur Demeter : Le label va au-delà d'un protocole de passages. C'est un modèle de ferme qui est certifié dans sa globalité, avec une approche holistique de l'exploitation comme organisme. Le cahier des charges n'est pas une liste de gestes à cocher, c'est une vision de la ferme comme entité vivante intégrée. Cela ne règle pas tout, mais c'est qualitativement différent d'une certification de procédure.
Sur les cristallisations sensibles : vous soulevez là un point particulièrement précieux. Que des biodynamistes voient ces méthodes comme une menace dit beaucoup. Si une méthode qualitative peut révéler qu'une production "en biodynamie" n'est pas meilleure qu'une production conventionnelle, c'est une information qui devrait être bienvenue, pas redoutée. Les détracteurs du conventionnel la voient eux aussi comme une menace mais dans le sens inverse : on peut démontrer la déstructuration complète du lait conventionnel par ex.L'honnêteté vis-à-vis des résultats est au cœur de toute démarche sérieuse de part et d'autres.Ce serait d'ailleurs une question pertinente à poser directement : a-t-on déjà appliqué la cristallisation sensible à des produits issus de la 500P, en comparaison avec la 500 classique ?
Sur la liste de variables que vous dressez : oui, absolument.
Et c'est précisément pourquoi une certification qui certifie un modèle de ferme holistique a plus de sens qu'une certification qui certifie des gestes isolés. Ce n'est pas "remplir un réservoir et cocher une case". C'est reconnaître que chaque variable que vous citez, la vache, la corne, le lieu, la date, la personne, fait partie d'un organisme dont on cherche à comprendre la cohérence globale.
Bien à vous,Alexandre















