Soi-esprit.info

Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner Anthroposophie

Questionnements, essais et contenus portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner.
Beaucoup d'articles sur ce site requièrent un travail d'étude sérieux, portant sur des connaissances épistémologiques et ésotériques, pour être compréhensibles.

Citation
  • « (…) l’humanité actuelle est encore fort loin de comprendre que le monde sensoriel alentour, tel qu’il est vécu entre la naissance et la mort, est une création de la réalité spirituelle (…). »

    Stuttgart, 26 avril 1918GA174b

    Rudolf Steiner
Boussole d'orientation

Comment s'orienter sur le site Soi-esprit.info?

Cliquez sur l'image de la boussole 
(Patience : chargement lent... mais page utile)
Voir aussi “Débutants ou « confirmés » ?

(Temps de lecture: 3 - 6 minutes)

Question d'un auditeur à la suite de l'écoute sur YouTube de la onzième conférences du cycle "Les exigences sociales fondamentales de notre temps". Ces conférences sont également accessibles sur ce site web au format mp3).

Voici la question exprimée dans un commentaire posté par l'auditeur, et ensuite notre réponse :

 

Bonsoir, je viens également d'écouter ce podcast et lire les points de repères... Pourriez-vous expliquer clairement ce combat inconscient entre amour et sagesse ? Car j'ai toujours pensé que l'un est l'autre allaient ensemble, même en étudiant depuis quelques années Rudolf Steiner avec, par exemple, le Mystère des 2 enfants Jésus unissant dans le Christ la sagesse de Zoroastre et l'amour du Bouddha ...

 

Bonjour !

Merci pour votre question qui une fois de plus s'avère très intéressante et pertinente.

Le passage significatif auquel vous faites référence dans cette conférence est le suivant :

« Lorsque notre regard perce le voile des phénomènes, ce que nous voyons n'est pas une vie de sommeil spirituel divin, mais une vie de labeur spirituel divin, de travail des hiérarchies.
Et ce qui frappe tout d'abord, c'est le grand combat que se livre la sagesse et l'amour derrière la scène du monde physique, sensible. Et l'être humain est placé au cœur de ce combat. Pendant longtemps, il n'en avait pas conscience. À l'avenir, il devra en être toujours plus conscient. Car l'être humain doit être ce qui naît quand sagesse et amour, à l'image du pendule, oscillent constamment tantôt du côté de la sagesse, tantôt du côté de l'amour. Car c'est par des oscillations rythmiques et non par le repos de la somnolence qu'existe ce qui est l'Être dans le monde 
».

À vrai dire, au moment où j'ai (re)lu ce texte pour en faire ce podcast, je me suis posé exactement la même question que vous. Qu'est-il entendu par ce combat inconscient entre sagesse et amour ?

Et au moment de vous écrire je ne vois toujours pas suffisamment clairement de quoi il s’agit, malheureusement.

Ce qui peut éventuellement contribuer à nous mettre sur une piste, c'est de nous représenter à nouveau (comme nous y invite Rudolf Steiner dans ce passage) que dans les mondes spirituels, au-delà du seuil, il y a une activité permanente (et « intense » dirais-je) des êtres spirituels des hiérarchies, actes et activités qui sont aussi constitués d'oppositions, de confrontations, de « combats » permanents. Dans leur conscience ordinaire, les êtres humains n'en savent rien.

C'est par ces oppositions et confrontations qu'existe un certain équilibre relatif dans le cosmos. Plus encore : c’est même du fait d’oscillations rythmiques entre activités de puissances contraires qu’existe le monde (et même plus précisément « l’Être du monde » selon ce passage dans cette conférence).

Nous pouvons aussi nous représenter que s'il n'y avait « que » l'action d'êtres des hiérarchies qui sont liées à la sagesse, par exemple, nous aurions un cosmos de sagesse dans lequel l'amour ne pourrait jamais trouver sa place, ne serait-ce que germer dans l’âme humaine. À l'inverse, si n’agissaient que les êtres des hiérarchies imprégnant le cosmos d’amour, nous pourrions peut-être en tant qu’êtres humains déployer de l’amour, mais alors un amour sans sagesse…

Quelle sorte d’amour serait-ce d’ailleurs ? Et que serait une sagesse sans amour ?

Au cours de notre existence ne le sentons-nous pas, lorsque de manière unilatérale nous développons de la sagesse (des connaissances) mais pas assez d’amour, ou encore que nous déployons de l’amour mais sans une suffisante sagesse ? Lorsque nous ressentons un tel déséquilibre, ne tendons-nous pas alors à déployer davantage ce qui nous a fait défaut ? Par exemple davantage d’amour car nous avons éprouvé que nous nous étions trop unilatéralement consacrés à faire croître nos connaissances sans amour, et que nous risquions dès lors de perdre ce qui fait de nous un être humain ?

Par l’accomplissement du Mystère des deux enfants Jésus et du Mystère du Golgotha, ce qui était précisément auparavant séparé sur terre (le courant de la sagesse de Zoroastre d’une part, et le courant de l’amour du Bouddha) a justement été réuni pour la toute première fois !

{ajoutons même que l’âme de l’enfant qui fut comme adombrée par l’amour du Bouddha, c’est-à-dire l’âme de l’enfant Jésus de la lignée de Nathan (laquelle n’avait jamais connu la « chute »), était déjà elle-même porteuse des forces les plus pures de l’amour ; cet enfant rayonnait d’une compassion et d’un amour infini pour tous les êtres autour de lui ; toutefois il n’était le porteur d’aucune sagesse, ne s’étant jamais incarné précédemment sur terre et n’ayant donc pas pu développer les facultés y correspondant. Il en va autrement pour l’enfant Jésus de la lignée de Salomon qui, au contraire, avait conquis au cours de nombreuses incarnations, les plus hauts degrés de sagesse qu’un être humain puisse atteindre}.

Ces deux courants qui étaient auparavant distincts et suivaient des voies en quelque sorte opposées jusqu’au Mystère du Golgotha, où ils furent réunis pour la première fois, à l’époque moderne qui est celle de la liberté individuelle, ce n’est que par l’activité de plus en plus conscience de notre propre Je que nous pouvons les unir, de telle façon à « ce qu’ils aillent ensemble », pour reprendre vos termes qui sont très justes. Cette union n’est pas (ou n’est plus) quelque chose qui nous est donné (inconsciemment). Nous devons dorénavant être nous-mêmes actifs intérieurement (et consciemment) pour y parvenir, c’est-à-dire pour devenir humain, dans un mouvement de l’âme qui va de l’un à l’autre (il s’agit de l’oscillation qu’évoque Rudolf Steiner dans ce passage).

Avec cela, je ne vais pas déjà assez loin avec ces pensées, dans un certain sens. Car il est en effet question dans ce passage d’un véritable COMBAT inconscient entre sagesse et amour. La question demeure ouverte.

Avis aux personnes qui ont déjà médité de manière sérieuse ces passages : pourquoi pas partager les fruits de votre recherche ici ?

(je précise quand même que si ce que vous souhaitez partager n’a rien à avoir avec ce passage précis de cette conférence… il n’y a pas lieu de partager, :-) ).

 

 « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même »
Vérité et Science, Rudolf Steiner