Question d'un auditeur à la suite de l'écoute sur YouTube de la septième conférences du cycle "Pâques - Mystère de l'humanité - Présence de Michaël". Ces conférences sont également accessibles sur ce site web au format mp3).
Voici la question exprimée dans un commentaire posté par l'auditeur, et ensuite notre réponse :
De l'enseignement de Rudolph Steiner, je retiens les affirmations complexes et surprenantes dont peu de lecteurs et d'auditeurs ont compris l'importance. Elles concernent la lumière et l'électricité.
« L'électricité atteint les nerfs de l'homme moderne et elle a chassé des nerfs toute orientation vers la spiritualité ».
« La pensée des hommes est devenue complètement obnubilée par l'électricité, et ceci depuis peu de temps (conférence du 28 janvier 1923). La toute honnête lumière, qui flue à travers l'espace cosmique, a été petit à petit calomniée, comme étant une chose analogue à l'électricité ; elle est en même temps un élément moral dans la nature ».
« En faisant de l'atome un électron, on en fait un être immoral. Et le contraire absolu de l'électricité, c'est la lumière. C'est mélanger le Bien et le Mal que de considérer la lumière comme de l'électricité. En électrifiant les atomes, on en fait, en réalité, les porteurs du Mal. Des atomes électriques sont mauvais, de petits démons ». (...)
« L'électricité doit être reconnue dans sa force, qui consiste à conduire de la nature à la sous-nature. L'être humain ne doit pas être entraîné dans cette descente ».
André Malraux, quant à lui, rappelle que le XVIIIème siècle a pressenti l'électricité avec le paratonnerre. Je me pose la question naïve suivante : faut-il en déduire que l'humanité doit renoncer à toute forme d'électricité et... retourner à l'éclairage par la bougie ?
Merci pour votre commentaire.
Malheureusement, je ne dispose pas de cette conférence publiée dans GA220 : « Chute et renaissance spirituelles ». Je n'ai fait que parcourir en diagonale trois à quatre paragraphes d'une traduction en anglais.
Ce que je peux toutefois déjà affirmer avec assurance à ce stade :
(1) Si Rudolf Steiner communique des connaissances relatives à des réalités suprasensibles il n'exprime en principe jamais de "prescrit moral". C'est à chacun et chacune de se donner à soi-même ses propres concepts d'actions à accomplir. Donc il n'y a pas de "tu dois", ni au niveau individuel ni à l'échelle de l'humanité.
(2) Au sujet de l'électricité, Rudolf Steiner savait pertinemment que l'humanité ferait un usage toujours plus important de l'électricité et que ceci était par ailleurs tout à fait inévitable. Lui-même fit installer des éclairages électriques pour la scène du Goetheanum. Par contre, il insistait sur la nécessité, pour l'humanité, de COMPENSER les conséquences, entre autres, de l'usage grandissant de l'électricité, de l'électro-magnétisme, etc. c'est-à-dire des forces de la sous-nature, par un chemin de développement spirituel par lequel les êtres humains manifestent de nouvelles forces et capacités connaissance supérieures, à savoir des facultés de connaissance du suprasensible, sans quoi ils ne pourraient connaître qu'une évolution déclinante et décadente. Ici encore il ne s'agit pas d'une prescription morale, mais bien plutôt de la description d'une loi spirituelle. Libre à chaque être humain de la prendre au sérieux ou non.
(3) Le très peu que j'ai pu lire en diagonale de cette conférence est extrêmement intéressant : Rudolf Steiner semble montrer qu'un élément nouveau est apparu dans la culture à partir du XIXe siècle et ce en très peu de temps, à savoir progressivement de plus en plus ramener tous les phénomènes naturels à de « l'électricité » ou quelque chose d'analogue.
"People's thoughts have been completely caught up in electricity for a very short time. Today we speak of atoms as something where electricity is stored around a kind of small sun, around a center; we speak of electrons."
Même les atomes n'étaient pas conçus auparavant comme cela. Il faudrait que je lise attentivement toute la conférence pour interpréter correctement les mots que vous citez : « En électrifiant les atomes (...) ». S'agit-il du fait que la représentation qu'en ont les êtres humains est devenue celle d'un noyau entouré d'électron que veut signifier ici Rudolf Steiner avec cette expression, ou entend-il que les êtres humains électrifient concrètement la matière (comme c'est le cas par exemple depuis lors avec les transistors, condensateurs, etc. ou encore avec les pastilles de silicium utilisées dans les circuits intégrés) ? Je n'en sais rien. Il faudra que je lise cette conférence. Des questions analogues sont à clarifier dans cette conférence au sujet du caractère immoral des forces de la sous-nature (électricité, électromagnétisme, etc.).















