Question d'un auditeur à la suite de l'écoute sur YouTube des cinq premières conférence du cyle "Âme des peuples". Ce cycle est également accessible sur ce site web au format mp3).
Voici la question dans le commentaire de l'auditeur, et ensuite notre réponse :
Je n'avais pas vu que ce cycle s'interrompait là {sur YouTube, pas dans le livre}, à la 5ème {conférence} alors voici mes questions :
1) qu'appelle t'on chez Steiner exactement race ou peuple ? J'ai cru comprendre que cela allait au delà des races blanches, noires, jaunes puisqu'il a parlé de "race germanique" mais aussi de peuple germanique dont se sont detachés les Hollandais. Les Amerindiens du nord et du sud sont ils une race ou un peuple ? Les peuples actuels d'Amérique ont donc été aussi crées par détachement {comme le peuple hollandais s'est détaché du peuple allemand} ? (Ils étaient à l'origine des europeeens et aussi des esclaves africains)... Ce n'est donc pas la langue qui distingue un peuple d'un autre ?
2) Il y a-t-il un archange différent pour chaque peuple ? Un Archée pour chaque race ?
3) J'ai compris aussi que les races et les peuples sont appelés à disparaitre, je crois après la 7ème civilisation pour une humanité unique qui sombrera dans la guerre de tous contre tous... est ce bien cela ? Merci infiniment pour votre réponse et pour toutes les transcriptions que vous faites.
Vos questions sont intéressantes mais nombreuses, et en plus elles concernent un sujet d’une extrême complexité. Ainsi j’ai bien peur qu’en tentant de partager des éléments de réponses, ceux-ci ne créent encore plus de difficultés de compréhension, voire de découragement chez plusieurs lecteurs. D’où mon hésitation à répondre ainsi que le temps relativement long avant de vous répondre. Je me suis toutefois décidé à me lancer dans une tentative (périlleuse) de retour partiel. Voici ce que je puis exprimer à ce stade actuellement :
Au sujet de votre question n°1 :
Comme vous le savez peut-être : tout d’abord Rudolf Steiner ne donne jamais de définition au sujet de toutes sortes de réalités ou de phénomènes. Il « caractérise », c’est-à-dire qu’il invite à porter son regard sur ces réalités à partir d’une multitudes de points de vue différents, qui peuvent même parfois être partiellement contradictoires les uns aux autres, notamment du fait de la vie elle-même, qui est très complexe et constituée de toutes sortes contradictions.
C’est un des éléments qui rend le travail de compréhension de ses apports beaucoup plus ardu et exigeant. « On ne peut appréhender la vraie réalité au moyen de définitions » dit-il. Par exemple, ce court passage est éclairant : POUR APPRÉHENDER LES RÉALITÉS SUPÉRIEURES, TOUJOURS CARACTÉRISER, JAMAIS DÉFINIR :
En caractérisant plutôt qu’en définissant nous pouvons ainsi espérer éviter de sombrer dans une forme de « pensée » schématique et simpliste.
Mais bien sûr, il n’est pas interdit, de se poser toutes sortes de questions de clarification, comme vous le faites. Au contraire, « avaler » du texte sans se rendre compte qu’il y a un besoin de clarification est plutôt problématique.
Ce qui n’empêche que je crains, en vous partageant des éléments de réponse ci-dessous, de le faire en donnant une espèce de définition schématique. Je ne le crains pas à cause de ce qu’a dit Rudolf Steiner 😊, mais bien car je veux éviter, dans la mesure du possible, de stimuler involontairement une forme de simplisme du fait d’une communication maladroite. Bref, je me jette maintenant à l’eau.
Par rapport à votre première question, je vous inviterais à réécouter, voire peut-être mieux encore, à lire les cinq premières conférences du cycle « Âmes des peuples », car très souvent, c’est au cours d’une seconde lecture que peuvent déjà être clarifiées maints aspects qui demeurent obscurs au cours d’une première lecture ou écoute. En outre, il faut vraiment (re)commencer par la première conférence qui est fondamentale.
On trouve dans cette première conférence que l’âme d'un peuple ou l'esprit d'un peuple, ce n'est pas une espèce de qualité, un caractère commun à quelques centaines ou quelques millions d'individus rassemblés sur un même territoire. {il faut d’ailleurs faire nettement la différence entre « âme d’un peuple » et « peuple », c’est-à-dire l’ensemble des individus au sein desquels agit l’âme ou l’esprit du peuple}. Voici une caractérisation de ce qu’est l’âme d’un peuple :
« On peut donc parler de l'esprit du peuple suisse comme de l'esprit d'un homme, et l'esprit de l'homme se distingue aussi aisément de ce qu'on voit de lui, par exemple ses dix doigts, que l'esprit du peuple suisse se distingue des millions de gens vivant dans les montagnes de la Suisse. Il y a là une entité, tout comme l'être humain est lui-même une entité. La seule différence, c'est que l'être humain offre à nos facultés de perception une apparence extérieure sensible. L'esprit d'un peuple ne se révèle pas extérieurement, sous une forme qu'on puisse voir ou saisir par des organes de perception, ce qui est le cas pour l'être humain, mais il n'en est pas moins une entité absolument réelle. Nous allons chercher aujourd'hui à nous faire en quelque sorte la représentation d'une entité de ce genre ».
Plus on avance dans la lecture des conférences, plus la représentation s’enrichit et se… complexifie.
L’esprit (ou âme) du peuple est en effet notamment à distinguer de la race.
{Note : Parler de l’existence de races ne signifie d’ailleurs nullement que l’on est en quoi que ce soit raciste. Le racisme consiste par contre à établir des hiérarchies de valeurs entre races, voire à discriminer entre êtres humains sur base de « caractères raciaux », ce qui est encore tout autre chose. Pour tenter d’éradiquer le racisme, qui est en effet très problématique et gravement délétère, la tendance culturelle dominante actuellement consiste à affirme que les races n’existent pas, donc d’être dans le déni de l’existence de toute différence. Mais ceci est un autre débat.}
Selon les conceptions de l’évolution présentées par Rudolf Steiner : à l’origine il n’existait pas de races humaines sur terre. Les races sont ensuite apparues dans des temps très anciens, selon l'endroit où les êtres humains vivaient sur la terre et ensuite, après une longue évolution, ces facteurs géographiques n’ont plus été déterminants. Au cours de périodes d'évolution suivantes, ce sont les forces héréditaires qui ont perpétué les caractères raciaux. Comme vous l’écrivez, ces caractères raciaux disparaîtront en effet à l’avenir, ces caractères commenceront déjà à disparaître dès la 6ème époque post-atlantéenne. Ces idées relatives à la naissance puis à la disparition des races et des caractères raciaux, sont présentées à la fin de la 3ème conférence et surtout dans la 4ème conférence.
Ce qui complique fortement la chose : il arrive souvent que Rudolf Steiner utilise un MÊME mot (en admettant que ses conférences aient été correctement sténographiées et traduites !) mais avec un ou plusieurs sens qui peuvent être sensiblement différents, d’une conférence à l’autre et notamment au cours des années ou décennies. À chaque fois, il faut s’appuyer sur le CONTEXTE pour saisir clairement le concept auquel il veut faire référence dans tel ou tel passage quand il fait usage de tel ou tel mot. Cela rend notre tâche de lecture, d’étude et de compréhension encore plus exigeante !
Par exemple, au cours de la première décennie du XXe siècle, il utilise les termes « race racine », « sous-race racine », etc. qui sont en vigueur dans la société théosophique. Si nous nous rendons en Chine nous allons nous exprimer de telle façon à espérer nous faire comprendre des personnes auxquelles nous nous adressons. Dans ce but, si possible nous parlerons par exemple le mandarin. C’est pareil pour Rudolf Steiner qui emprunte des éléments de langage aux personnes qui lui demandent tel ou tel éclaircissement.
Or, « race racine », « sous race racine », sont des termes qui font essentiellement référence à des PÉRIODES D’ÉVOLUTION de la Terre dans le langage des théosophes, un peu comme si nous disions précambrien, paléozoïque mésozoïque, cénozoïque.
Dans d’autres contextes, il utilise le terme « race » dans un sens plus « contemporain » (il en distingue 5 dans la 4ème conférence : noire, brune, jaune, blanche et rouge).
Enfin, parfois il ne s’agit même pas du sens « contemporain ». Vous citez l’expression « race germanique » ci-dessus.
Le passage où se trouve cette expression est le suivant (3ème conférence) :
« Il ne faut pas tout mélanger. Un peuple n'est pas une race, et la notion de peuple n'a rien à voir avec celle de race. Une race peut se diviser en peuples très différents. Les races constituent d'autres communautés que les ethnies. Nous parlons certes à juste titre d'un peuple allemand, hollandais ou norvégien, mais nous parlons d'une race germanique. Qu'est-ce donc qui agit dans la notion de race ? Ce sont les entités que nous appelons Esprits normaux de la forme ou Puissances, et celles que nous connaissons pour être des Esprits retardés de la forme - en fait des Esprits du mouvement qui ont une mission d'Esprits de la forme -, et qui agissent ensemble. Voilà pourquoi les hommes sont divisés en races.
Ce qui fait que, sur la terre entière, les hommes sont tous semblables, ce qui fait de chacun, à quelque race qu'il appartienne, un être humain, un membre du genre humain, nous le devons aux Esprits normaux de la forme. Mais ce qui agit sur toute la terre pour diviser l'humanité en races, cela dépend des Esprits retardés de la forme, car ils se sont sacrifiés afin que la terre ne porte pas une humanité indifférenciée, mais une grande variété d'êtres humains. »Dans ce contexte, parler de « race germanique » est une espèce d’abus de langage, car il n’existe pas de race germanique (pas même chez Rudolf Steiner même s’il a utilisé à de très rares occasion des termes similaires. Par exemple je me souviens qu’il a utilisé une fois le terme « race anglo-saxone », bien qu’il ne s’agisse pas d’une race à proprement parler). Il faut comprendre dans ce CONTEXTE que « race germanique » renvoie au concept de « race blanche » d’une part, laquelle est à différencier des peuples allemand, hollandais ou norvégien, d’autre part.
Tandis que les races sont issues de la collaboration entre esprits normaux de la forme et esprit anormaux (ou retardés) du mouvement (il ne s’agit donc PAS des archées !), qui agissent jusqu’au niveau de la corporéité physique des êtres humains, ce qui est dénommé « peuples », a une origine tout à fait différente et distincte : ils sont le fruit de l’action d’esprits de la hiérarchie dite des archangeloï, ou « esprits du feu ». L’action de ces esprits ne descend pas jusqu’à pouvoir donner une certaine forme à la corporéité physique de l’être humain. Ils agissent par contre de manière très subtile et différenciée sur les tempéraments des êtres humains habitant telle ou telle CONTRÉE, du fait de l’existence d’une aura éthérique propre à chaque contrée qui est (un de) leur domaine d’action.
Note : dans d’autres cycles de conférence, Rudolf Steiner décrit par exemple comment l’âme du peuple français agit de manière plus prononcée au sein du peuple français, que l’âme du peuple russe au sein du peuple russe (bref, au plus nous approfondissons ces notions, au plus apparaissent de vastes et complexes réalités spirituelles).
Nous pouvons dès lors nous représenter la chose suivante : sur le territoire français actuel agit l’âme du peuple français, et ce territoire est actuellement habité par des êtres humains de races et d’ethnies bien moins « homogènes » qu’il y a 150 ans par exemple, lesquels êtres humains forment un seul peuple, du fait de l’activité sur ce territoire de l’âme du peuple français.
Donc si comme mentionné ci-dessus une race peut se diviser en peuples très différents, un même peuple, situé en une contrée donnée, peut être habité par des êtres humains de races et d’ethnies différente (les différences raciales et ethniques vont et iront de plus en plus en s’estompant au cours de l’évolution comme vous le savez et leur importance ira en diminuant). Pensons par exemple aussi au cas du peuple russe.
Les amérindiens (du nord et du sud) formaient une seule race, toutefois subdivisée en ethnies et en peuples distincts.
L'Esprit du peuple, l'archange, agit dans l'âme humaine de façon extraordinairement fine et subtile quand il intervient dans les tempéraments. Mais il existe d'autres esprits qui peuvent contrecarrer, gêner l'action de l'archange, notamment des esprits anormaux de la personnalité (c’est-à-dire des Archaï « retardataires »). Toutes sortes de groupes se constituent alors au sein d'un même peuple.
« En Allemagne par exemple (…), on peut observer que l'archange des Allemands s'est heurté pendant des siècles à l'action souvent contraire de certains esprits de la personnalité. Que la nation allemande soit émiettée en beaucoup de petits peuples, cela résulte de la double intervention de l'archange et de ces esprits. Les peuples de ce genre sont peu portés à la centralisation, ils ont plutôt en vue le développement des individus. » (troisième conférence).
Note : Ce passage permet notamment de comprendre qu’il faut aussi faire la différence entre « peuple » et entité juridique-politique. En effet, jusqu’au moment de l’unification de l’Allemagne au cours du dernier tiers du XIXe siècle, la vaste contrée où vivait le « peuple allemand » était constituée d’une multitude d’entités politiques (le royaume de Bavière, la Prusse, etc.), de « nations » ou de « petits États ».
Remarque : dans ce passage Rudolf Steiner parle de « NATION allemande émiettée en beaucoup de petits peuples » : ici encore il faut donner un autre sens au mot « nation » que celui d’État juridique-politique à proprement parler. En effet, dans le contexte de ce passage, il apparaît qu’il fait référence au peuple allemand dans sa globalité lorsqu’il mentionne les termes « nation allemande » (le peuple allemand n’était d’ailleurs pas déjà unifié en un État ou un Empire à cette époque) (mais il y a une réalité spirituelle sous-jacente, celle d’un archange qui agit dans cette globalité) et ce peuple est lui-même fractionné en groupes plus petits, en quelque sorte de « petits peuples », du fait de l’action des esprits de la personnalité retardés.
Si nous nous en tenons à la seule signification habituelle d’un mot, voire à une signification que Rudolf Steiner lui a donné parfois dans la même conférence… nous risquons fort d’être très vite perdus. Nous sommes obligés de chercher à chaque fois le concept précis auquel se réfère ce mot dans une situation donnée. Cela rend les choses vraiment très compliquées et exige de penser en permanence très activement.
Il faut comprendre aussi que lorsqu’un conférencier fait une conférence (et celles de Rudolf Steiner sont parfois longues et abordent quasi toujours de manière tout à fait nouvelle des concepts nouveaux), il est évident qu’il peut y avoir des maladresses dans le choix des mots (encore que peut-être dans la version sténographiée en allemand, avant traduction, certaines « maladresses » ne s’y trouvent pas. Je n’ai pas été vérifier la justesse de la traduction en français !).
Et c’est loin d’être tout : les esprits normaux de la personnalité (= les archées ; à ne pas confondre avec les esprits de la forme et avec les esprits anormaux du mouvement), prennent en charge tour à tour au cours de périodes d’évolution d’une durée de quelques siècles, « la fonction » d’esprits du Temps et peuvent sous leur régence supplanter sur un territoire donné l’esprit du peuple qui y agissait pour réaliser une mission particulière : c’est ainsi que le peuple hollandais s’est détaché du peuple allemand, en effet.
J’ignore d’un point de vue occulte, comment les peuples d’Amérique ont été comme créés à partir des européens et des africains qui y sont arrivés : est-ce d’une manière analogue au « détachement » du peuple hollandais par rapport au peuple allemand sous l’action de l’esprit du Temps ou d’une autre façon encore ? Rudolf Steiner n’en parle pas explicitement.
Toutefois, en lisant ce cycle de conférence (surtout le début de la deuxième conférence), on peut y découvrir que l’action d’un esprit du peuple est à la fois liée aux ethnies qui y résident et à ce qui provient du sol. Dans ce passage Rudolf Steiner évoque des situations où existe une MIGRATION, ce qui est tout différent du cas du peuple hollandais, qui est demeuré dans la même contrée TOUT en se détachant du peuple allemand. Les européens ou africains arrivés en Amérique ont vécu dans de toutes autres et nouvelles contrées, où régnaient des forces telluriques très différentes de celles de l’Europe ou de l’Afrique.
Seule une observation clairvoyante (supra-sensible) permettrait de savoir comment les choses se sont réellement passées d’un point de vue occulte et de répondre à votre question. Toute spéculation intellectuelle, même si elle est très logique, pourrait s’avérer complètement fausse par rapport aux faits supra-sensibles réels.
J’ai mis récemment en ligne sous forme de podcast une conférence extraordinairement interpellante (et bouleversante) de Rudolf Steiner, dans laquelle il montre qu’un événement d’une importance considérable a eu lieu à la fin du XIXe siècle, au cours duquel certains esprits, qu’il appelle esprits des ténèbres, ont été rejetés des mondes spirituels dans lesquels ils séjournaient, et repoussés ainsi sur terre ; plus précisément dans les âmes terrestres, dans le subconscient des êtres humains. Depuis que cet événement a eu lieu, on assiste au sein de l’humanité qui se laisse imprégner par l’activité de ces esprits des ténèbres, à une véritable floraison du nationalisme, de la promotion des liens du sang, de la race, etc. d’une manière qui ne peut mener à autre chose qu’aux plus grandes destructions.
« À partir de ce moment, les anciennes impulsions qui reposent sur les liens du sang, de la race, de la tribu, du peuple, passent sous la régence des esprits des ténèbres, ceux qui avaient été autrefois les partisans rebelles de la liberté et qui commencent alors à inspirer les humains de façon à ce qu'ils fondent les institutions sur les liens qui unissent les êtres humains dans le cadre de la race. » (…) « Nous voyons ainsi, au XIXe siècle précisément, la valeur qui est attachée au lien de la race, du peuple, de la tribu, comment cette attitude est présentée comme idéaliste alors qu'en vérité elle est le début d'une décadence. » (…) « Les esprits des ténèbres feront, au cours des trois phases de l'évolution à venir, les mêmes efforts intenses pour maintenir les caractères héréditaires et, en les conservant, cultiver la mentalité qui en est jusqu'à la dégénérescence et à la grande catastrophe (…) ». « Les événements du temps présent ont été prévus par les esprits initiés de toutes les nations. Ils ont été prévus et prédits, et l'on a indiqué comment du sang des humains monte en bouillonnant la mentalité la plus réactionnaire, parce que la croyance règne que cette mentalité réactionnaire est précisément idéale. Il faut pouvoir observer de ces choses en gros et en détail, et il ne faut pas se laisser égarer par les jugements stéréotypés qui se répandent dans le monde. Il faut pouvoir se hausser jusqu'à comprendre les signes du temps. Certes, on peut choisir l'autre voie, on peut vouloir rester figé dans l'idée préconçue de la valeur du sang. C'est qu'alors on s'unira au courant du déclin qui se manifeste déjà. Il faut être en face d'eux vigilant et pouvoir le reposer ce qui conduit vers les hauteurs, car ce qui entraîne vers le bas vient de lui-même. »
Les pires massacres, génocides et guerres du XXe (et maintenant XXIe siècles) trouvent là leur source principale.
Le podcast de la 12ème conférence du cycle « La chute des esprits des ténèbres » est accessible ici sur Youtube : https://youtu.be/VU9023q6Bzk Toutefois pour être en mesure de comprendre de quoi il s’agit, il faut au préalable lire ou écouter la 9ème conférence, qui est ici : https://youtu.be/hkfwdM8gAY8
Vous posez aussi la question : « Ce n'est donc pas la langue qui distingue un peuple d'un autre? »
C’est en effet une fois de plus compliqué. Mieux vaut ici encore relire attentivement la deuxième conférence du cycle « Âme des peuples ». Le langage (et pas seulement la langue) est le fruit de la rencontre entre plusieurs entités : les archanges normaux liés au peuple et des archanges anormaux, qui sont en réalité des esprits de la forme « retardataires ». C’est derniers sont plus puissants que les archanges et ont le pouvoir de façonner le corp humain, notamment d’y donner forme aux organes de la parole au cours de longues périodes d’évolution. Ces esprits de la forme (qui ont renoncé à leur développement normal) sont restés proches de la terre.
« Nous voyons ainsi des entités de nature différentes échanger leurs activités dans le corps éthérique de l'être humain et dans celui de l'esprit du peuple. Les archanges normalement évolués et les esprits de la forme demeurés au niveau des archanges, ayant renoncé à leur propre développement afin d'inculquer aux êtres humains pendant leur séjour terrestre, la langue de leur peuple. Voyons donc justement le résultat de cette collaboration en ce qui, dans le peuple, est l'élément sentiment, das Gemüt, et le tempérament du peuple en union avec sa langue. Nous avons ainsi évoqué une action concertée dans les domaines où agissent les esprits des peuples. »
Toujours dans la même conférence, Rudolf Steiner ajoute encore une d’autres catégories d’entités qui interagissent les unes avec les autres pour constituer en fin de compte le « peuple ». Au total, il y a quatre catégories d’entités sont les suivantes : l'archange, c'est-à-dire l'esprit normal du peuple, l'archange anormalement développé (il s’agit d’esprits de la forme retardataires), l'esprit anormal du temps (il s’agit d’une autre catégorie d’esprits de la forme retardataires) s'y ajoute enfin ce que l'esprit authentique du temps (il s’agit d’un archée) communique intérieurement au peuple (je ne précise pas ici les caractéristiques de ces deux dernières catégories d’êtres, ce serait vraiment trop long).
« C'est là-dessus que repose la véritable connaissance d'un peuple. Il faut déceler intérieurement ces forces et apprécier la part de chacun des facteurs dans la constitution de ce peuple. C'est pourquoi il est si difficile de définir le mot « peuple » si l'on ignore le jeu des forces occultes dans l'évolution de l'humanité. Consultez les ouvrages de quelques pays que ce soit où l'on s'était forcé de le faire et vous verrez combien il existe de ces définitions du concept de peuple et combien ils diffèrent les unes des autres. Elles sont forcément divergentes, car l'un sent plutôt ce qui vient de l'archange normal, un autre plutôt de ce qui vient de l'archange anormal, et le troisième, ce qui est dû aux grandes individualités du peuple. Et ce qu'il sent, c'est sur quoi il construit sa définition. La science de l'esprit fait clairement comprendre que ces définitions ne sont pas nécessairement fausses, mais qu'elles procèdent de la mâyâ, de l'illusion. Ce qui est écrit révèle que son auteur voit la seule mâyâ et ignore l'action de forces différentes. C'est pourquoi le concept sera tout autre si, par la science de l'esprit, on considère par exemple le peuple suisse vivant sur un territoire donné mais parlant trois langues ou bien un peuple à une seule langue. »
Selon le peuple, c’est une ou l’autre de ces catégories d’entités dont l’action peut prédominer, déterminant ainsi aussi l’histoire des peuples.
Votre question n°2 : « il y a-t-il un archange différent pour chaque peuple ? Un Archée pour chaque race ? »
Oui il y a des archanges différents pour chaque peuple (ainsi aussi que d’autres catégories d’entités qui agissent aussi de manière plus ou moins prédominante au sein du peuple, voir supra). Par contre, les archées n’ont rien à avoir avec les races ainsi que mentionné ci-dessus. Ce sont les esprits du mouvement retardés, agissant de ce fait comme des esprits anormaux de la forme, qui sont à l’origine des races.
Encore une fois : c’est vraiment TRÈS complexe. Rudolf Steiner dans la 2ème conférence : « Je vous ai prévenu qu'il faudrait évoquer des situations qui demandent toute votre compréhension spirituelle, étant donné que la langue qui rendrait tout cela vraisemblable et compréhensible n'existe pas encore. Le langage courant doit donc le dire en image, mais cela correspond à une réalité essentielle de l'évolution. »
La réponse à la 3ème question se trouve ci-dessus… avec des nuances nouvelles si on porte aussi son regard sur la « chute des esprits des ténèbres », laquelle mène une partie de l’humanité a demeurer attachée à des choses qui ne peuvent plus être facteur de progrès actuellement, mais facteur de décadence : l’attachement (soi-disant) idéaliste aux liens du sang, à la race, à l’ethnie, au peuple, etc.
À lire aussi : https://www.soi-esprit.info/articles/582-steiner-contre-le-racisme
À découvrir : DOSSIER : Rudolf Steiner en lutte contre le racisme, le nationalisme, l'antisémitisme (https://www.soi-esprit.info/actualites-titre/breves/585-rudolf-steiner-en-lutte-contre-le-racisme-le-nationalisme-lantisemitisme )

















