Quelques fragments donnés à titre purement indicatif. La conférence est infiniment plus riche !
Dans cette conférence, Rudolf Steiner propose une vaste vision de l’évolution de l’humanité et de la pensée occidentale autour d’un événement central : le Mystère du Golgotha. Ce point focal donne sens à toute l’histoire terrestre. Rudolf Steiner retrace d’abord la préparation de cet événement à travers la culture grecque, depuis Socrate, Platon et Aristote jusqu’à la philosophie médiévale qui tenta de comprendre le christianisme à l’aide des formes de pensée grecques. Il montre que la dialectique grecque n’était que le dernier écho d’une antique culture des Mystères, aujourd’hui disparue, où les êtres humains participaient encore directement à la révélation du divin.
Après le Moyen Âge, vers le XVe siècle, un nouveau cycle s’amorce : la pensée scientifique moderne, inaugurée notamment par Galilée et Giordano Bruno, s’impose et transforme la conscience humaine. Pour Steiner, cette période de quatre siècles et demi jusqu’à nos jours, marque le début d’une nouvelle ère : tandis que la pensée grecque représentait le crépuscule d’une forme de connaissance ancienne du monde spirituel, la science moderne annonce une aube encore à venir. Mais cette connaissance issue de la nature, qui s’appuie aussi sur les mathématiques et la géométrie, et qui est issue de profondeurs inconscientes de l’être humain, demeure incomplète ; elle doit être équilibrée par une sagesse du cœur, rendue possible par l’impulsion du Christ.
Trois niveaux de conscience présents en chaque être humain sont ensuite décrits : la conscience représentative, la conscience de rêve dans la vie du sentiment, et la conscience du sommeil propre à la volonté, lesquelles l’imprègnent chacune d’un type particulier de sagesse. Dans l’être humain moderne, ces trois forces sont toutefois en déséquilibre : la tête est sous l’influence luciférienne (lumière intellectuelle), la volonté sous l’influence ahrimanienne (une sagesse présente notamment dans les mathématiques), et le cœur doit devenir le lieu d’équilibre grâce à l’impulsion du Christ, médiatrice entre ces deux pôles.
Notre époque présente d’autres dangers sur le plan spirituel : ne pas reconnaître Dieu le Père est une maladie ; ne pas reconnaître le Christ est un malheur ; ne pas reconnaître l’Esprit est le fait d'une âme faible d'esprit.