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Citation
  • «On n’est pas un scientifique de l’esprit parce qu’on laisse couler sur soi, une fois par semaine, ce qui peut être dit sur les esprits élémentaires, les hiérarchies, etc., et qu’on assiste à tout cela en spectateur froid, ou enthousiaste, qu’importe - j’ignore ce qu’il en est - mais on devient un scientifique de l’esprit quand les choses deviennent vivantes à l’intérieur de soi et qu’on peut les transporter alors dans les petites choses de la vie, quand on peut par exemple, parce qu’on est un scientifique de l’esprit, éprouver de la nausée devant le bourbier de l’art contemporain et ne pas s’en tenir au point de vue auquel les théosophes s’obligent volontiers, qui consiste à faire partout régner l’amour pour les humains et donc à éviter de nommer par son vrai nom ce qui est mauvais et corrompu.»
    Berlin, 13 février 1916 - GA167

    Rudolf Steiner
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Argent et graines de blé

 

EXTRAIT de la deuxième conférence du livre :
« Les exigences sociales fondamentales de notre temps »
Rudolf Steiner - Dornach, 1er décembre 1918
GA186 - Éditions Dervy
Traduction par Marie-France Rouelle, revue par Gudula Gombert

 

NDLR : C'est la rédaction qui a donné son titre à cet extrait de conférence. Le titre en question ne figure pas dans le livre traduit en français ni dans le livre original en allemand.

Quand on dit que les êtres humains doivent s'intéresser individuellement les uns aux autres, cela ne doit pas être compris uniquement dans le sens des principes énoncés au cours des sermons du dimanche après-midi, mais bien plutôt comme quelque chose qui nous renvoie en profondeur à la structure sociale actuelle. Prenez un cas concret. Combien de gens aujourd'hui ont une représentation complètement abstraite, confuse, de la vie, de leur propre vie ! Si par exemple ils se posent la question : comment est-ce que je vis ? — la plupart du temps ils ne se la posent pas, mais admettons qu'ils le fassent —, ils se disent alors : eh bien, je vis de mon argent. Parmi ceux qui donnent cette réponse, il s'en trouve beaucoup qui ont par exemple hérité cet argent de leurs parents et qui croient à présent vivre de cet héritage de leurs pères. Mais, mes chers amis, on ne peut pas vivre d'argent ! L'argent n'est pas quelque chose dont on puisse vivre. C'est là qu'il faut commencer à réfléchir. Et cette question est intimement liée au véritable intérêt que l'on se porte d'être humain à être humain. Quiconque croit vivre de l'argent dont il a hérité ou qu'il a reçu de n'importe quelle autre manière, hormis en travaillant, comme c'est aujourd'hui normalement le cas, quiconque vit avec cet état d'esprit ne possède aucun intérêt pour ses semblables, pour cette raison que personne ne peut vivre d'argent. L'être humain doit manger, et ce qu'il mange doit être obtenu par le travail d'autres hommes. Il lui faut s'habiller, et ses vêtements, d'autres doivent les fournir par leur travail. Pour que je puisse enfiler une veste ou un pantalon, des hommes doivent employer leur force de travail pendant des heures afin de les réaliser. Ils travaillent pour moi. C'est de cela que je vis, pas de mon argent. Mon argent n'a d'autre valeur que de me donner le pouvoir de me servir du travail d'autrui. Et étant donné les rapports sociaux actuels, on ne commence à témoigner de l'intérêt pour ses semblables que lorsqu'on répond à cette question de façon adéquate, lorsqu'on se représente en pensée : Un certain nombre d'hommes doit travailler un certain nombre d'heures afin que je puisse vivre au sein de la structure sociale. Il ne s'agit pas de se flatter en se disant : J'aime le genre humain. On n'aime pas le genre humain lorsqu'on croit vivre de son argent et qu'on n'a pas la moindre idée de la manière dont les hommes travaillent pour nous, pour que l'on ait au moins le minimum vital. Mais cette idée : tel nombre de gens travaillent afin que nous ayons le minimum vital, est inséparable de la suivante : nous devons en revanche rendre à la société, non pas avec de l'argent, mais de nouveau par du travail, ce qui a été produit pour nous. Lorsque nous sentons l'obligation de travailler, sous quelque forme que ce soit, en compensation du travail d'autrui dont nous bénéficions, alors seulement nous avons de l'intérêt pour nos semblables. Donner son argent à autrui signifie seulement pouvoir le tenir en tutelle, en esclavage, pouvoir l'obliger à travailler pour vous. Ne pouvez-vous pas, à partir de votre vécu personnel, répondre vous-même à cette question : Combien d'hommes songent que l'argent n'est qu'une indication sur la force de travail humaine, qu'il n'est qu'un instrument de pouvoir ? Combien d'hommes imaginent qu'ils ne pourraient même pas être là, dans ce monde physique, s'ils n'étaient redevables au travail d'autrui de ce à quoi ils prétendent eux-mêmes pour leur existence ? Se sentir redevable envers la société dans laquelle on vit, c'est le début de cet intérêt qui est nécessaire pour une forme saine de la société. Il faut bien réfléchir à ces choses afin de ne pas s'élever de manière malsaine vers des abstractions spirituelles, mais de passer sainement de la réalité physique à la réalité spirituelle. Le manque d'intérêt pour la structure sociale caractérise justement les siècles passés au cours desquels les hommes ont progressivement contracté l'habitude, dans le domaine des impulsions sociales, de ne s'intéresser qu'à leur chère petite personne. De manière détournée, chacun n'agissait plus ou moins que pour lui-même. Une vie sociale saine n'est possible que si l'intérêt que nous portons à notre précieuse personne est élargi au véritable intérêt social. Et sous ce rapport, la bourgeoisie peut en effet se poser une question : Qu'avons-nous raté ?

Qu'on réfléchisse donc à la chose suivante : il existe une culture de l'esprit, il existe des œuvres de cette culture. Prenons une chose au hasard et demandons-nous : À combien d'êtres humains ces œuvres d'art sont-elles accessibles ? Ou mieux encore : À combien d'êtres humains ne sont-elles pas du tout accessibles ? Pour combien de gens n'existent-elles pas, ces œuvres  d'art ? Mais calculez aussi combien d'hommes doivent travailler pour qu'elles puissent exister. Une œuvre d'art quelconque se trouve à Rome, par exemple. Un bourgeois quelconque peut aller à Rome. Additionnez simplement la quantité de travail devant être produite par ceux qui sont actifs, etc., etc. — le « etc. » n'a pas de fin —, afin que ce bourgeois puisse aller à Rome contempler quelque chose qui est là pour lui, parce qu'il est bourgeois, mais qui n'est pas là pour tous ces gens qui commencent aujourd'hui à faire valoir leur conception prolétarienne de la vie. C'est bien cet état d'esprit qui s'est développé au sein de la bourgeoisie, cette idée que la jouissance va de soi[i]. Mais on ne devrait jamais considérer la jouissance comme quelque chose qui va de soi. On devrait littéralement regarder comme un péché social le fait de profiter de quelque chose sans en redonner l'équivalent à la communauté, sous la forme dont on est capable, mais sous une forme quelconque. Rien ne devrait rester inexploité pour la communauté. Il n'est pas dans l'ordre de la nature, ni dans celui de l'esprit, de priver la communauté de quoi que ce soit. Le temps et l'espace ne sont que des obstacles artificiels, ils ne sont pas des obstacles réels. Les choses dépendant du lieu où elles se trouvent peuvent être reproduites partout et ainsi être accessibles à tous. Et les choses pouvant être reproduites ne sont pas liées au lieu ; elles peuvent, c'est une loi générale, être transportées n'importe où. Le fait que la Madone de saint Sixte[1] se trouve en permanence à Dresde et ne puisse être vue que par les gens pouvant se rendre dans cette ville est donc bien une idée dérivée de la philosophie bourgeoise, car ce tableau est mobile et peut être emporté dans le monde entier. Et, je ne prends qu'un exemple au hasard, ce dont l'un profite doit pouvoir en profiter aussi à un autre, on peut très bien veiller à cela.

Je prends un exemple au hasard, mais je choisis toujours des exemples qui sont valables pour tout le reste, c'est-à-dire qui éclairent parfaitement les autres choses. Vous voyez, il suffit de donner à son discours un accent comme celui-ci pour toucher à une quantité de choses auxquelles les gens n'avaient pas réfléchi plus que cela, mais qu'ils considéraient comme allant de soi. Même dans notre milieu, où les choses se conçoivent aisément, on ne songe pas toujours qu'on ne doit pas faire que profiter, mais que, pour chaque chose reçue, nous devons un équivalent à la société.

De tout ce que j'ai mentionné à partir d'exemples isolés qui pourraient être non pas multipliés par cent, mais par mille, jaillit une question : Comment les choses peuvent-elles changer si l'argent n'est en réalité qu'un instrument de pouvoir ? La réponse se trouve déjà dans le principe social fondamental[2] dont j'ai parlé ici la semaine dernière. Car le propre de cette sorte de science sociale qui est puisée dans le monde spirituel est d'être aussi sûre que les mathématiques. Dans ce domaine, on ne peut pas jeter un regard dans la vie pratique en disant : Bon, vérifions d'abord si ces choses sont exactes. Non, les choses qu'à partir de la science spirituelle je vous ai présentées comme une science sociale sont à peu près comme le théorème de Pythagore[3]. Aucune expérience ne pourra contredire que le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés. Il vous faudra appliquer ce principe partout. C'est la même chose avec le principe que je vous ai présenté comme étant celui de la science sociale et de la vie sociale. Tout ce que l'être humain acquiert par son travail dans le contexte social se transforme en calamité. Et le salut n'interviendra dans ce contexte que lorsque l'homme ne gagnera plus péniblement sa vie par son travail, mais que la société lui offrira d'autres sources de subsistance. Ceci contredit en apparence ce que je viens de dire, mais seulement en apparence. Car ce qui justement donnera un prix au travail, c'est qu'il ne sera plus rétribué. Séparer travail et procuration des moyens d'existence, voilà quel doit être notre but, voilà ce à quoi nous devons travailler[ii], de manière raisonnable bien entendu, et non pas à la manière bolcheviste. Je l'ai expliqué récemment. Lorsque le travail n'est plus rémunéré, l'argent perd toute sa valeur en tant qu'instrument de pouvoir dans le travail. Il n'y a donc pas d'autre remède à l'usage abusif de l'argent que de créer une structure sociale où plus personne ne sera payé pour son travail, où l'obtention des moyens d'existence proviendra d'un tout autre côté. Il sera alors impossible de contraindre quiconque par l'argent dans le travail. La plupart des interrogations surgissent aujourd'hui dans la confusion, et seule la science de l'esprit peut leur rendre la clarté. À l'avenir, l'argent ne doit plus être un équivalent de la force de travail humaine, mais uniquement de la marchandise morte. À l'avenir, on n'obtiendra que de la marchandise morte, pour de l'argent, mais pas de la force de travail humaine[iii] ! Cela est d'une importance énorme, mes chers amis. Et maintenant, songez que c'est justement de la conception prolétarienne que naît, sous les aspects les plus divers, cette idée que la force de travail est avant tout une marchandise dans l'industrialisme moderne. C'est en effet un des principes du marxisme, un de ceux qui lui ont fait le plus de prosélytes parmi les prolétaires. Nous avons là une revendication qui, de façon confuse, embrouillée, naît du côté opposé à celui dont doit venir sa satisfaction. C'est ce qu'il y a de singulier dans les exigences sociales actuelles. Dans la mesure où elles apparaissent de manière instinctive, elles procèdent d'instincts parfaitement justes et sains, mais comme elles naissent d'une structure sociale chaotique, elles surgissent dans la confusion et mènent donc également à des confusions. Il en est ainsi dans de nombreux domaines. C'est pourquoi il est indispensable de vraiment comprendre une conception sociale telle que nous la propose la science de l’esprit, car elle seule peut apporter le véritable salut.

Vous vous demanderez à présent : Oui, mais cela suscitera-t-il un changement ? Prenons par exemple une personne vivant de son héritage. Elle continuera à acheter de la marchandise contre cet argent, et celle-ci renferme déjà la force de travail d'autrui. Donc, cela ne change rien, me direz-vous. Vous avez raison. Si vous pensez de façon abstraite, cela ne change rien. Mais si votre regard pénétrait les effets de ce qui se produit lorsque l'obtention des moyens d'existence est séparée du travail, vous jugeriez différemment. Car, dans la réalité, il ne suffit pas de tirer simplement des conséquences abstraites, les choses ont aussi leurs effets réels. Lorsqu'à l'avenir l'obtention des moyens d'existence sera véritablement séparée de la prestation de travail, alors en effet il n'y aura plus d'héritages. Cela entraîne une telle modification de la structure que l'on n'aura pas d'argent pour autre chose que se procurer des marchandises. Car, lorsqu'une chose est réellement pensée, elle a toutes sortes d'effet. Et cette séparation a entre autres un effet très singulier. Lorsqu'on parle de réalités, on ne peut dire par exemple : Cela, je ne le comprends pas. Vous pourriez aussi bien dire : Je ne vois pas pourquoi la morphine est soporifique. Cela ne résulte pas non plus d'un simple rapport de concepts, cela ne vous apparaît que lorsque vous suivez les effets.

Il y a dans l'ordre social d'aujourd'hui quelque chose d'extrêmement contre nature ; c'est le fait que l'argent se multiplie quand on ne fait que le posséder. On le dépose dans une banque et on reçoit des intérêts. C'est ce qui peut exister de plus contre nature. C'est véritablement un parfait non-sens. On ne fait absolument rien, on dépose à la banque l'argent qu'on n'a peut-être pas acquis par son travail, mais grâce à un héritage, et des intérêts vous sont versés. Cela est un réel non-sens. Mais lorsque l'obtention des moyens d'existence sera séparée du travail[iv], il sera nécessaire d'utiliser l'argent dans la mesure où il est là, où il est produit en équivalence des marchandises disponibles. Il devra circuler. Car l'effet réel sera que l'argent ne se multipliera pas, mais au contraire diminuera. Actuellement, quelqu'un qui possède un certain capital l'aura quasiment doublé d'ici environ quatorze années, si l'on prend le taux d'intérêt normal, et il n'aura rien fait qu'attendre. Si vous considérez le changement de la structure sociale devant se produire sous l'influence du principe dont je vous ai parlé, la quantité d'argent n'augmentera pas, mais diminuera au bout d'un certain nombre d'années ; le billet de banque que j'aurai acquis au départ[v] n'aura plus aucune valeur. Il sera dévalué et ne vaudra plus rien. Le mouvement intervenant dans la structure sociale deviendra un mouvement naturel, quand les circonstances feront que le seul argent, qui n'est rien d'autre qu'un certificat attestant que l'on a un certain pouvoir sur les forces de travail des hommes, perdra sa valeur au bout d'un certain temps, s'il n'est pas mis en circulation. Il ne se multipliera donc pas, mais diminuera progressivement et ne vaudra absolument plus rien au bout de quatorze ans ou peut-être davantage. Si vous êtes millionnaire aujourd'hui, dans quatorze ans vous ne serez pas deux fois millionnaire, mais un pauvre diable si dans l'intervalle vous n'avez fait aucune acquisition nouvelle. Lorsqu'on dit ces choses aujourd'hui, cela fait aux gens le même effet que lorsque certaines petites bêtes leur causent des démangeaisons, si je peux me permettre l'expression. Je le sais, et je n'aurais pas fait cette comparaison si je n'avais pas perçu des mouvements curieux dans l'auditoire. Mais c'est bien parce qu'on réagit ainsi aujourd'hui que le bolchevisme existe. Cherchez les véritables causes, c'est là que vous les trouverez. Et vous ne chasserez pas de l'univers ce qui apparaît là, autrement qu'en acceptant de vraiment regarder la vérité en face. Que celle-ci soit désagréable ne change rien à l'affaire. Et un des points essentiels de l'éducation de l'humanité actuellement et dans un futur proche consistera à ne plus croire que les vérités peuvent bouger selon les jugements subjectifs, les sympathies et antipathies subjectives. La science de l'esprit, si elle est appréhendée par la saine raison humaine, peut cependant déjà y veiller. Car la chose se laisse aussi observer d'un point de vue spirituel. On n'arrive à rien en lançant cette nébuleuse expression que j'ai déjà entendue de la bouche même d'anthroposophes tenant de l'argent à la main : Voilà Ahriman !

L'argent équivaut aujourd'hui à de la marchandise et à de la force de travail[vi]. Il est une indication sur quelque chose qui se produit. Si l'on passe de la pure abstraction à la réalité, si l'on songe, lorsqu'on paie quelqu'un avec dix billets de 100 marks, qu'avec ces dix billets on fait passer de la main à la main l'équivalent du travail d'un certain nombre de personnes, que ces billets renferment le pouvoir d'obliger tel nombre de gens à travailler, alors on est déjà en plein cœur de la vie, avec toutes ses ramifications et toutes ses impulsions. Alors, on ne s'arrêtera plus à la pure abstraction, à l'abstraction machinale que représente un paiement en argent. On se demandera au contraire : Qu'est-ce que cela veut dire quand je fais passer d'une main à une autre dix billets de 100 marks, lesquels supposent que tant d'êtres humains ayant une tête, un cœur et une raison sont contraints de travailler ? Que signifie cet acte ?

En fin de compte, seule une considération spirituelle de la chose répond à une telle question. Prenons un cas extrême. Supposons que quelqu'un, sans se donner lui-même aucun mal pour l'humanité, ait de l'argent. Ce cas existe sans aucun doute, et je veux m'y arrêter. Donc quelqu'un a de l'argent sans se donner aucun mal pour l'humanité. Pour cet argent, il achète quelque chose. Il est même en mesure de se construire une vie tout à fait agréable parce qu'il possède cet argent, lequel renvoie à une certaine force de travail humaine. Bien. Certes, cet individu n'est pas pour autant mauvais, il peut être quelqu'un de très bon et même de très zélé. Car souvent on n'a pas le discernement de la structure sociale. On ne s'intéresse pas à ses semblables, c'est-à-dire à la véritable structure sociale. On pense déjà aimer les gens en s'achetant quoi que ce soit pour l'argent dont on a hérité, ou bien même en l'offrant. Mais lorsqu'on l'offre, on ne fait rien d'autre que faire travailler un certain nombre de gens pour celui auquel on offre l'argent. Parce qu'il renvoie au travail, l'argent n'est qu'un instrument de pouvoir.

Mais, chers amis, c'est ainsi que les choses ont évolué et cela est le reflet d'un autre phénomène que j'ai évoqué dans la conférence précédente. J'ai attiré votre attention sur le fait que Iahvé a dominé le monde un certain temps en évinçant les six autres Élohim, ses compagnons, et qu'à présent il ne peut plus se délivrer des esprits qu'il a ainsi appelés. Pour cette raison, seul ce que l'être humain vit à l'état embryonnaire est devenu dominant dans la conscience humaine. C'est pourquoi les six autres forces dont l'homme ne fait pas l'expérience lorsqu'il est embryon sont devenues inopérantes et sont tombées sous l'ascendant d'êtres spirituels inférieurs. Et dans les années quarante, comme je vous le disais, Iahvé ne parvint plus à s'en délivrer. C'est alors que fit irruption la science purement athée de la nature, parce que, avec la sagesse de Iahvé acquise pendant la période embryonnaire, seule la providence de la nature extérieure peut être comprise et que même cette compréhension disparut. Le reflet de cela est la circulation de l'argent sans la circulation de la marchandise, le fait que l'argent passe simplement d'un individu à un autre sans que la marchandise circule[vii]. Et l'être humain a beau s'appliquer tant et tant dans n'importe quel domaine : dans ce que l'argent produit apparemment comme argent vit la force ahrimanienne. Vous ne pouvez pas faire d'héritage sans qu'une certaine quantité de force ahrimanienne soit transmise avec cet argent. Il n'y a pas d'autre possibilité de posséder de l'argent de manière salutaire au sein de la structure sociale que de le posséder de manière christique, c'est-à-dire de le gagner avec ce qu'on développe entre la naissance et la mort. Donc la manière dont on touche de l'argent ne doit pas être le reflet de ce qui est de l'ordre de Iahvé, comme par exemple le fait de naître, de passer de l'état d'embryon à la vie extérieure. Le reflet de cela est que nous héritions d'argent. Les qualités que nous transmet notre sang nous sont données par la nature. L'argent dont nous héritons et que nous ne gagnons pas en serait le reflet. C'est parce que la conscience chrétienne n'a pas encore pris sa place, parce qu'en réalité la structure sociale est toujours déterminée par l'ancienne sagesse de Iahvé ou par son fantôme, la conception latine de l'État, c'est à cause de cela que toutes ces choses se sont produites qui, par un côté, ont entraîné le désastre actuel.

J'ai dit que le fait que l'argent engendre de l'argent ne doit pas être considéré de façon si abstraite, mais qu'il faut au contraire le voir dans sa réalité. Chaque fois que l'argent produit de l'argent, cela ne se passe qu'ici, sur le plan physique, tandis que ce qu'est l'être humain est toujours relié au monde spirituel. Que faites-vous donc lorsque, ne travaillant pas vous-même mais ayant de l'argent, vous le dépensez et que les autres doivent travailler pour cela ? Eh bien, l'autre doit mettre sur le marché ce qui est sa partie céleste[viii], et vous, vous ne lui donnez que du terrestre, vous ne le payez qu'avec une monnaie terrestre, avec quelque chose de purement ahrimanien. Voyez-vous, c'est l'aspect spirituel de la chose. Or, là où Ahriman intervient ne peut naître que le déclin. Voilà encore une vérité désagréable. Et il ne sert à rien de se dire qu'on est dans l'ensemble un gars bien — un homme correct, une femme correcte —, qu'on ne fait rien de mal en payant telle ou telle chose avec ses rentes. Car en réalité vous donnez Ahriman pour Dieu. Dans la structure sociale actuelle, on y est certainement contraint bien des fois. Mais on ne doit pas jouer la politique de l'autruche et se voiler la face ; il faut regarder la vérité droit dans les yeux. Car c'est de cela que dépend justement ce que doit nous apporter l'avenir. Bien des choses ayant accablé l'humanité de façon si désastreuse ont pu se produire parce que les gens ont fermé non seulement les yeux physiques, mais aussi ceux de l'âme, devant la vérité, qu'ils se sont construit des concepts abstraits de justice et d'injustice et n'ont pas voulu prêter attention à ce qui est réel, concret. C'est de cela que nous continuerons à parler demain en élevant le sujet vers les hauteurs spirituelles.

Rudolf Steiner

[Texte en gras ou en souligné  : SL]

 

Notes

[1] La Madone de Saint-Sixte, tableau du peintre italien Raffaello Sanzio ou Santi, dit Raphaël (1483-1520).

[2] Voir la conférence du 24 novembre 1918 dans « Entwicklungsgeschichtliche Unterlagen zur Bildung eines sozialen Urteils », Éléments de l'évolution historique pour se former un jugement social - (8 conférences Dornach 1918 - GA 185a).

[3] Pythagore, environ 582-497 avant Jésus-Christ, philosophe et mathématicien grec.

 

Notes de la rédaction

[i] Cette réflexion de Rudolf Steiner permet de saisir à quel point des pans entiers de l’humanité sont aujourd’hui (2026) « embourgeoisés ».

[ii] Certains anthroposophes s’appuient sur de telles formulations exprimées par Rudolf Steiner pour concevoir dès lors qu’il faille envisager la mise en œuvre du revenu de base universel, à savoir accorder à tout être humain et inconditionnellement un revenu lui permettant de vivre décemment. Il lui reviendra ensuite de produire (ou non) telle prestation, telle produit, etc. à partir de son entière liberté. Ce serait précisément très mal comprendre la pensée de Rudolf Steiner qui vient, quelques phrases auparavant, de mettre l’accent sur le fait que « On devrait littéralement regarder comme un péché social le fait de profiter de quelque chose sans en redonner l'équivalent à la communauté ». C’est donc que Rudolf Steiner veut signifier tout autre chose qu’un revenu de base universel et inconditionnel dans ce passage. De quoi s’agit-il alors ?

Pour approfondir le sujet :

[iii] Nous avons rencontré des personnes qui posent alors la question suivante : « mais que veut-il donc alors bien dire par là ? ». Voici un élément de réponse exprimé en relation avec cette question tout à fait pertinente, et d’un certain point de vue (qui ne prétend pas ici être complet) :

Plutôt qu’échanger de l’argent contre la force de travail (ce qui est le cas avec un contrat classique d’ouvrier ou d’employé, y compris dans le cas du travail dit « à la pièce »), il s’agit en réalité de se partager, entre collaborateurs au sein d’une entreprise (et ce y compris avec la direction, qu’elle soit collégiale ou individuelle), les bénéfices résultant de la vente des marchandises, selon certaines quote-parts prédéfinies de manière extérieure à l’entreprise, c’est-à-dire dans la Loi (par l’État, qui toutefois ne gère en rien les entreprises). Les rémunérations des travailleurs sont actuellement inscrites parmi les charges dans le compte de résultat des entreprises (ce qui revient d’ailleurs à assimiler les collaborateurs eux-mêmes à des « charges » alors qu’en réalité ils portent l’entreprise avec la direction).

Selon cette idée nouvelle, les rémunérations des travailleurs ne sont plus du tout inscrites dans les charges (de ce fait le bénéfice de l’entreprise est d’autant plus élevé puisque les charges ont diminué), mais elles résultent d’un partage du résultat (bénéfice) selon les quote-parts susmentionnées. Dès lors, « patrons » (direction) et travailleurs ne sont plus dans des rapports d’intérêts divergents, chacun tenant de tirer au maximum à lui la couverture, c’est-à-dire à augmenter sa part de rémunération sur base de l’activité de l’entreprise.

Au contraire, au lieu d’un rapport de force qui découle typiquement de la situation existant antérieurement, les intérêts de la direction et ceux des collaborateurs sont dorénavant convergents ! Au plus l’entreprise produit de bénéfices, au plus les uns et les autres voient leur rémunération augmenter. Les collaborateurs ne peuvent que se réjouir que soit mise en place une direction la plus compétente possible pour organiser le travail au sein de l’entreprise ; c’est directement leur intérêt aussi.
Certes dans la plupart des entreprises les résultats ne sont connus qu’à la fin de l’exercice. En outre, ils ne sont concrètement générés que pendant une partie de l’année (par exemple au moment de la vente saisonnière de certaines productions industrielles), tandis que pendant d’autres périodes, l’entreprise ne produit pas de bénéfice mensuel. Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de régler chaque mois des avances sur le futur bénéfice estimé.
Nous sommes bien conscients qu’avec ces indications nous n’avons fait que toucher du doigt à la question de la mise en œuvre concrète de ce concept avancé par Rudolf Steiner. Il y aurait encore énormément de choses à dire (notamment préciser quelle est la place des actionnaires ainsi que celle d’autres bénéficiaires (plus « légitimes » que les actionnaires d'ailleurs) des bénéfices des entreprises. Nous ne pouvons pas aborder tous ces sujets ici. Par contre nous renvoyons à ces vidéos qui permettront de clarifier bien davantage encore cette problématique fondamentale :

[iv] C’est-à-dire lorsque l’obtention des moyens d’existence dépendra uniquement du partage de la vente des marchandises entre tous les travailleurs (notamment) et qu’il ne sera plus possible d’obtenir des moyens d’existence sans rien faire en contrepartie (avec bien sûr une exception pour les enfants, les personnes âges, les personnes malades, etc.).

[v] Par exemple si le billet a été obtenu en mars 2026, résultant du partage de la vente de marchandises au sein d’une entreprise, il ne peut pas indéfiniment conserver sa valeur tandis que les marchandises correspondantes qui ont été produites et ensuite vendues ont, quant à elle complètement perdu leur valeur après un certain temps. Ne pas prendre en compte cette réalité cause d’énorme dommages économiques et sociaux.

Rudolf Steiner développe ce concept de manière plus approfondie dans son cours d’économie donné en 1922 (GA340 – Cours d’économie et séminaire). L’économiste franco-suisse Michel Laloux a imaginé un mode concret de mise en application de cette idée dans son livre « Dépolluer l’économie – Tome 1 – Révolution dans la monnaie » qui existe aussi en version anglaise (https://www.civiliens.info/livres ). Certaines idées contenues dans ce dernier livre ont été mises en forme sous forme de vidéos notamment ici :

[vi] « L'argent équivaut aujourd'hui à de la marchandise et à de la force de travail ». Cette expression est un peu bizarre dans ce contexte. En effet, dans les paragraphes précédents on peut lire « À l'avenir, l'argent ne doit plus être un équivalent de la force de travail humaine, mais uniquement de la marchandise morte ». Lorsque Rudolf Steiner dit que l’argent équivaut à de la marchandise ET à de la force de travail, cela signifie-t-il que c’est un constat qui concerne la réalité d’aujourd’hui, mais ne devra plus concerner celle de l’avenir ? Ou veut-il dire autre chose encore ? Par exemple, comme le montrent les paragraphes suivants, qu’il veut mettre l’accent sur le pouvoir de faire travailler d’autres êtres humains que représente une certaine somme d’argent, lesquels travailleurs seront contraints de produire de la marchandise ? Dans le contexte de ce passage, nous penchons pour la seconde signification. Dans cette hypothèse il ne faudrait pas en déduire qu’il veut dire que l’argent devrait quand même être l’équivalent de la force de travail, mais seulement le fait que l’argent lorsqu’il est utilisé, impose quelque chose, à savoir la production de marchandises par la force de travail humain.

[vii] À titre indicatif, le volume notionnel total et mondial des produits dérivés en circulation (la mesure la plus couramment utilisée pour évaluer la taille théorique de ce marché spéculatif) s'élevait à environ 610.000 à 632.000 milliards de dollars en 2022 (https://www.isda.org/a/L6xgE/Key-Trends-in-the-Size-and-Composition-of-OTC-Derivatives-Markets-in-the-First-Half-of-2022.pdf ), tandis que en 2022, le commerce mondial de biens et de services a atteint un niveau d'environ 32000 milliards de dollars américains. Cette valeur est composée d'environ 25000 milliards de dollars pour le commerce de marchandises (biens) et de 7000 milliards de dollars pour le commerce des services, soutenus par une forte reprise post-pandémie (https://www.wto.org/french/res_f/booksp_f/wtsr_2023_ch3_f.pdf ).
Attention, la valeur du commerce mondial n'inclut pas la totalité du Produit Intérieur Brut (PIB) de chaque pays, tandis que le volume notionnel total mondial des produits dérivés en circulation (encours) représente la valeur totale des actifs sous-jacents couverts par ces contrats, se chiffrant en centaines de milliers de milliards de dollars (trillions). Cette dernière mesure reflète l'exposition totale au risque plutôt que l'argent réel échangé ! Donc on ne peut pas vraiment comparer ces deux valeurs (ce serait comme comparer des pommes et des poires). Néanmoins, le volume notionnel total mondial est une mesure de l'hypertrophie financière, souvent bien supérieure au PIB mondial, et considérablement supérieure au commerce des biens et servies entre pays, ce qui souligne le poids des dérivés dans la formation des prix des actifs sous-jacents. Il montre que la circulation d’argent sans qu’il y ait circulation de marchandises est extrêmement élevées (et donc en quelque sorte dans ce contexte à quel point l’économie est ahrimanisée). Il faudrait creuser davantage pour obtenir des chiffres encore plus parlants.

[viii] C’est-à-dire sa force de travail (qu’il soit manuel ou spirituel importe peu)

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info   

En outre, nous invitons avec insistance toutes les personnes qui consultent les extraits de livres ou de conférences sous forme d'écrits ou de podcasts plus ou moins régulièrement sur le présent site, d’acquérir les livres d'où ils proviennent : en les achetant, vous rendez possible le travail de publication actuel et à venir, c'est-à-dire que vous contribuez à la pérennisation des maisons d’édition de livres anthroposophiques ainsi que des canaux de commercialisation spécialisés, ce qui est un enjeu toujours plus important actuellement (2025) {note : le présent site est tout à fait indépendant par rapport à ces organismes}.
Les publications sur soi-esprit.info visent en effet principalement à contribuer à faire découvrir la science de l’esprit de Rudolf Steiner, ainsi que de nouvelles facettes de celle-ci. Pour approfondir cette science, il est indispensable d’étudier les ouvrages en question. Ceci présuppose tout d’abord qu’ils existent (!) ainsi que les maisons d’édition qui les produisent. Forcément, leur existence n'est possible qu’en réglant le prix requis en contrepartie de cette production. C’est une question de réciprocité.

 À NOTER: bien des conférences de Rudolf Steiner qui ont été retranscrites par des auditeurs (certes bienveillants), comportent des erreurs de transcription et des approximations, surtout au début de la première décennie du XXème siècle. Dans quasi tous les cas, les conférences n'ont pas été relues par Rudolf Steiner. Il s'agit dès lors de redoubler de prudence et d'efforts pour saisir avec sagacité les concepts mentionnés dans celles-ci. Les écrits de Rudolf Steiner sont dès lors des documents plus fiables que les retranscriptions de ses conférences. Toutefois, dans les écrits, des problèmes de traduction peuvent aussi se poser allant dans quelques cas, jusqu'à des inversions de sens !
Merci de prendre connaissance
d'une IMPORTANTE mise au point ici.

 

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(C'est-à-dire des extraits de conférences ou de livres de Rudolf Steiner)

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La liste de tous les articles de la catégorie Pensées anthroposophiques peut être visionnée ici Tous les articles de la catégorie "Pensées anthroposophiques" Il s'agit exclusivement de textes (extraits d'écrits ou de conférences) de Rudolf Steiner.

 

 



 

 « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même »
Vérité et Science, Rudolf Steiner