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Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner Anthroposophie

Questionnements, essais et contenus portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner.
Beaucoup d'articles sur ce site requièrent un travail d'étude sérieux, portant sur des connaissances épistémologiques et ésotériques, pour être compréhensibles.

Citation
  • «(...) l’anthroposophie (...) veut appréhender la grande tâche de notre époque, celle de recevoir les rayons d’une nouvelle lumière spirituelle désormais accessible à l’humanité, et de les intégrer dans les moyens de la culture et de la civilisation des hommes.»
    Stuttgart, 23 janvier 1923 - GA257

    Rudolf Steiner
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Stephan Eisenhut

Publié dans la revue Die Drei - 6/2023

Traduction : Daniel Kmiecik
Source : Les traductions de Daniel Kmiecik − www.triarticulation.fr/AtelierTrad



Note de la rédaction :

La plupart des numéros de page des ouvrages de Rudolf Steiner mentionnés dans les notes de bas de page, concernent l'édition allemande de son oeuvre, et non pas les éditions en langue française.

Dans la version traduite en langue française du présent articles, certains mots étaient manquants dans certains passages, ou difficilement compréhensibles ; ceci peut bien sûr toujours se produire. Dans quelques rares cas, nous avons remplacé ces passages ou ces mots par notre propre traduction en français. Par soucis de transparence, ces mots ou passages sont en couleur brune dans l’article ci-dessous. Ce travail d’éventuelle clarification n’a pas été mené pour l’ensemble du texte.



L’âme de la Société anthroposophique

Quelles conditions nécessite une essence mystérique conforme à l’époque ?

 

Le Goethéanum est une école ésotérique, qui existe en tant que réalité spirituelle. La Société anthroposophique, refondée au congrès de Noël de 1923, avait pour but de procurer à cette réalité un sol terrestre. Elle était censée devenir l’âme de cette Société. Cet article tente de tracer l’esquisse d’une image de cet organisme universitaire ésotérique, articulé en trois niveaux ou Klassen. La grande question de l'avenir sera de savoir comment cet organisme spirituel pourra se manifester dans une société terrestre, telle que la Société anthroposophique veut l'être.

Le 29 décembre 1925, la Société anthroposophique, nouvellement refondée au congrès de Noël 1923, a disparu sans être remarquée. Ce jour-là, eut lieu l’Assemblée générale ordinaire d'une association dûment inscrite au registre du commerce suisse, sous le nom de Allgemeine Anthroposophische Gesellschaft (AAG) {Société anthroposophique générale}. Le 15 novembre, son Vorstand {Comité directeur} avait invité les membres de la Weihnachstagung-Gesellschaft {Société du Congrès de Noël} à une assemblée préliminaire, puis à la première Assemblée générale de la AAG, dans le bulletin d'information n°46. Pourtant, comment se fait-il que personne ne fut vraiment conscient qu’il s’agissait-là d’une assemblée de l’association qui avait porté le nom de « Verein des Goetheanum (VdG) {Association du Goetheanum} » jusqu’au 8 févier 1925 ? Laquelle fut ensuite renommée « Allgemeine Anthroposophische Gesellschaft »[1] Cette association, qui avait originellement la tâche d’administrer les actifs ou les biens du Goethéanum, n’était constituée, de fait d’une manière très sensée, que d’un petit nombre de membres ordinaires.[2] Le 29 juin 1924, Rudolf Steiner se fit élire, ainsi que l'ensemble du comité d'initiative de la nouvelle société, fondée à Noël, au comité directeur de la VdG.[3] En fait, le 3 août 1924, une association administrative appelée « Société anthroposophique générale » devait déjà être fondée avec ses propres statuts,[4] cependant des difficultés formelles surgirent qui ne purent être résolues que le 8 février 1925, et ceci d’une manière en quelque sorte acceptable pour Rudolf Steiner. Au lieu de fonder une nouvelle association administrative, comme originellement planifiée, laquelle devait succéder au VdG, on a y recours, pour des raisons pragmatiques, à l'habit juridique existant du VdG, on a changé simplement son nom et on a modifié ses statuts pour les adapter aux nouvelles exigences. Étant donné que le 8 février 1925, le comité directeur de la VdG a été remanié de sorte qu'il ne comprenne plus que des membres du comité d’initiative de la Société du congrès de Noël, il est presque impossible de distinguer les deux associations. Par surcroît — Rudolf Steiner ne pouvant activement participer à de nombreux processus décisionnaires en raison de sa maladie — le Vorstand n’avait encore ni clairement publié[5] cette différence, ni ne lui avait rendu correctement et concrètement justice. Il semblait interpréter les choses comme si les deux sociétés dussent être conduites vers une sorte de fusion, ce qui cependant n’a jamais été accomplie juridiquement.[6] Nonobstant après cette première Assemblée générale, après la mort de Rudolf Steiner, les membres de la Société du Congrès de noël furent traités comme s’ils étaient aussi membres de l’association administrative. Cette réalité-là, dont les statuts du Congrès de Noël étaient censés correspondre à la description, n’était plus existante ainsi.

On a beaucoup débattu là-dessus jusqu’à présent, quant à ce que signifie cette fausse manipulation de l’articulation, à laquelle aspirait Rudolf Steiner, en vue du travail anthroposophique. Ainsi le département des sciences sociales constate tout d’abord, dans une invitation écrite rédigée ce 2 novembre 2023, que « la Société créée avec la plus extrême circonspection à la Noël 1923/24, fut troquée contre une autresans que ceci fût généralement perçu, ni compris. Ainsi la Société anthroposophique ne vit aujourd’hui toujours pas sous la forme qui lui fut adaptée et pensée. » Mais ne se pourrait-il pas que Rudolf Steiner eût consciemment organisée cette forme de manière telle qu’elle se dissolve d’elle-même lorsqu’elle n’est plus appréhendée au but auquel cette forme aspire ? L’effort entrepris de retirer ce qui fut si soigneusement constitué, à la fin de 1923, dans le corps vivant de la Société, ne devrait donner tout aussi peu d’espoir, après 100 ans, que si c’était un défunt dont le cadavre fût si remarquablement momifié et que l’on décidât de revenir dans cette momie. La question cognitive du futur ne sera pas sûrement plus de savoir comment on revient ainsi « dans la forme adéquate et pensée de la Société anthroposophique », mais au contraire de savoir comment nous transposons-nous dans une situation de sorte, qu’à partir de l’esprit de la cause anthroposophique, des formes sociétales correspondantes pussent se refaçonner ?

Il n’est guère facile de répondre à cette question. Elle nécessitera de nombreux mouvements de recherche. Pourtant pour obtenir une orientation, il faudrait tout d’abord élaborer une image la plus exacte possible de ce que Rudolf Steiner, en 1923, voulait atteindre par cette nouvelle constitution de la Société anthroposophique.

Mauvais usage de l’ésotérisme

Après la fin de la première Guerre mondiale, il n’était pas possible de faire revivre l’école ésotérique qui avait dû fermer au début de la première Guerre mondiale. Les 9 et 17 février 1920, Rudolf Steiner donna deux cours ésotériques à Dornach. Or, une telle continuation d’un enseignement ésotérique ne lui fut pas possible, parce que divers membres ne s’y étaient pas comportés de manière positive. Au moment où, le 16 novembre 1921, on l’interrogea sur ces cours ésotériques, à l’issue d’une conférence aux enseignants, il déclina avec la justification « qu’il dut y renoncer parce que tout ce qui était ésotérique jusqu'à présent a été « honteusement maltraité. »[7]7

Si ce congrès de Noël est seulement accueilli comme on accueillit si volontiers des congrès antérieurs, alors son contenu s’évaporera et se perdra peu à peu et l’on eût mieux fait alors de ne pas se réunir. Car le spirituel a singulièrement la propriété que s’il ne peut se maintenir fermement, il disparaît et s’évanouit, non pas, comme cela va de soi, dans le Cosmos, mais il disparaît pour l’endroit où il n’est pas cultivé ultérieurement. Il cherche alors justement ensuite d’autres lieux dans le Cosmos.[8]

Le mauvais usage de l’ésotérisme fut un problème principal pour Rudolf Steiner. La connaissance de soi de nombreux membres étaient si faible, que ceux-ci ne remarquaient pas du tout qu’ils importaient constamment leurs sollicitations personnelles dans l’ésotérisme. Rudolf Steiner dut trouver une forme de manière à pouvoir se protéger face à ce mésusage. Il fut renvoyé pour cela aux personnes qui pouvaient, avec lui, déployer l’initiative pour la cause anthroposophique d’une manière correcte.[9] Dans cette initiative, il s’agissait de manière primaire de créer les conditions de vie pour une université ésotérique et de la maintenir. Ce n'est qu'ainsi qu'il eût été possible de consigner ce qui avait été voulu par le congrès de Noël. Il ne s’agissait pas simplement et seulement de faire revivre l’école ésotérique, mais aussi, à présent, de la faire devenir une université réelle. Le Goethéanum en tant qu’université des sciences de l’esprit, ne devait pas seulement servir la culture d’un ésotérisme adéquat, mais montrer en outre comment, à partir de cet ésotérisme, les domaines particuliers de la vie peuvent en être concrètement fécondés.

Les conditions de vie d’une université ésotérique

En articulant l’université en trois cycles ou Klassen, Rudolf Steiner se rattachait aux trois Klassen de l’école ésotérique qui existèrent entre 1905 et 1914. Par l’institution de départements (Sektionen), la science de l’esprit devait être rendue féconde pour les différents domaines de la vie. Le sol, sur lequel l’université devait être fondée, c’étaient les êtres humains eux-mêmes qui se réunissaient pour la Société anthroposophique. De celle-ci pouvait devenir membre celui qui voyait comme justifiée l’existence d’une telle institution, comme celle du Goethéanum à Dornach, en tant qu’université libre des sciences de l’esprit.[10]

L’université ésotérique avait la tâche de vivifier cette Société. Rudolf Steiner la caractérisa sur le congrès de Noël dans son allocution au sujet du paragraphe 5 des statuts comme l’âme de la Société, il est vrai seulement sous la forme d’une possibilité  : « Désormais, mes chers amis, dans ce paragraphe, il s’agit qu’il puisse réellement y avoir, un jour prochain, ici, au Goethéanum de Dornach, l’âme naturelle conforme à la Société anthroposophique. »[11]

Il devait être démontré, que l’on parviendrait à créer les conditions de vie pour cette université. Une condition de vie purement extérieure, c’était que tout ce qui avait à faire aux tâches administratives, devait être articulé en dehors de cette société. Rudolf Steiner insista ainsi au congrès de Noël en disant qu’il avait conçu les statuts « de sorte que cette fois, tout ce qui relevait de l’administration — tout ce qui pouvait donner lieu à virer dans la bureaucratie — serait externalisé en dehors de ces statuts ». [12] Si les forces de la mort deviennent immédiatement opérantes dans cette Société, celle-ci ne peut développer aucune réceptivité pour les forces de la vie. La création d’une association administrative articulée en dehors de la Société du congrès de Noël fut donc une conséquence indispensable que Rudolf Steiner dut transposer dans la pratique avec des personnes qui, de leurs côtés, étaient censées développer une compréhension pour cela.

On peut comparer ce qui relève de l’administration avec les forces [de la sagesse, car pour bien gérer il faut être « Sage (Weise) » ndt] de la Lune, ce qui relève de l’université ésotérique au Soleil [dans son aspect égyptien  : Râ, par ex. ndt] et la Société anthroposophique, elle-même, à la Terre. Ainsi, à l’instar de l’évolution de la Terre, dont Soleil et Lune durent se détacher, Rudolf Steiner devait créer aussi bien pour ce qui relevait de l’administration que pour l’université des formes d’organisation autonome. C’est seulement cela qui permettait de fonder la Société anthroposophique sur un terrain purement humain.

Le tragique fut que même le Vorstand d’initiative ne perçut pas à jour cette nécessité d’articulation et que finalement, par les fausses manipulations de l’association administrative, il en vint à nier la réalité de la Société du congrès de Noël.

Ceci fut le point final tragique d’une évolution, pourtant précédée d’un autre problème. Il semble bien que c’est tout juste si quelqu’un avait développé lui-même ne serait-ce qu’un pressentiment des conditions de vie d’une université ésotérique. Sans cesse, Rudolf Steiner avait nettement fait savoir combien il était difficile pour lui de maintenir cette université ésotérique dans la sphère terrestre. Il ne parvint qu’à en établir le premier niveau, soit la première Klasse. Il ne réalisa jamais les deuxième et troisième niveaux annoncés.[13] L’organisme d’ensemble de l’université ésotérique devait se composer de trois niveaux ou Klassen, ce qui fut même adopté au §5 des statuts.

Quatre fois douze

On a peu fait attention, jusqu’à présent, au fait que la fécondité de la première Klasse dépendait aussi que les deuxième et troisième puissent exercer conformément leurs fonctions. Une indication dissimulée à ce propos se trouve dans la dernière allocution de Rudolf Steiner du 28 septembre 1924. Ce jour-là, il insiste  :

[NDRL de Soi-esprit.info  : dans la traduction initiale du paragraphe ci-dessous certains mots sont manquants et le texte en est devenu incompréhensible. Nous communiquons dès lors dans la note de la rédaction tout en fin de cet article, la version en allemand de ce court passage, suivie de notre propre traduction. À lire dès lors ici  : [i]]

Si en quatre fois douze êtres humains, au moins, lors de la prochaine saison [à savoir ici le 29 septembre de la prochaine années, ndt(?)], vivent pleinement les idées michaéliennes, qui, non pas par eux-mêmes, mais par la direction du Goethéanum à Dornach, laquelle se voit reconnue en tant que telle, donc si l’on peut avoir chez ces quatre fois douze guides pour la fête de Michaël, alors nous pourrons tourner les yeux vers la lumière, qui au travers du courant et des actes de Michael, s’étendra sur l’humanité dans le futur.[14]

La relation à la deuxième et troisième Klassen en résulte d’abord si l’on compare cette déclaration avec les notes d’une conversation que Rudolf Steiner mena avec Ludwig Polzer-hoditz. Au moment où celui-ci vint à Dornach, le 11 novembre 1924, Rudolf Steiner le fit appeler aussitôt et le reçut dans sa chambre de malade. Ils parlèrent d’affaires concernant l’école de Michaël d’une manière telle qu’elles laissent reconnaître que Polzer Hoditz fut un collaborateur de la deuxième, probablement même de la troisième section de l’école ésotérique.[15] Très peu de personnes seulement avaient la maturité nécessaire pour collaborer à ces hautes divisions de l’école. Les actes qui s'y déroulaient n'étaient guère divulgués, car ils étaient effectués à huis-clos et leurs membres étaient tenus au plus grand secret pour les protéger. Il est tout à fait possible que ces quelques personnes se soient rencontrées pendant la Première Guerre mondiale, même si l'école ésotérique était alors officiellement mise en sommeil pendant la guerre. La mise en sommeil a surtout concerné la première Klasse, dans laquelle Rudolf Steiner avait accueilli un grand nombre de personnes, dont beaucoup, n'ayant pas encore développé le sérieux qu'exigeait un tel travail ésotérique, et l’ont toujours déçu.

De ces notes de Polzer-Hoditz, il ressort que la deuxième Klasse devait comprendre seulement 36 membres et la troisième 12 membres. Rudolf Steiner parla donc en face de Polzer Hoditz des 48 élèves exactement, lesquels, en apparence, eussent été nécessairement requis pour l’institution de ces deux Klassen. Ceux-ci ne pouvaient nonobstant pas être appelés par la direction du Goethéanum qu’à la condition que les idées michaéliennes fussent devenues pleinement vivantes en elles-mêmes. Si l’on considère ces deux déclarations ensemble, alors il devient évident que jusqu’à la Saint-Michel 1924, ils n’étaient donc pas encore au complet, à 48 — ils eussent dû être des élèves de Rudolf Steiner — chez qui les idées de Michaël fussent pleinement vivantes. Autrement les deux sections, la deuxième et la troisième, eussent été instituées totalement indépendamment l’une de l’autre, elles eussent connu l’ampleur à laquelle Rudolf Steiner en était arrivé avec l’édification de la première Klasse. Dans celle-ci en effet, tout le monde pouvait entrer, pour autant qu’on avait pris connaissance de l’anthroposophie et qu’on était prêt à travailler à son développement moral d’une manière dont on pouvait répondre aussi devant Rudolf Steiner.

 

« S’il-vous-plaît, ne vous effrayez pas devant ces trois Klassen... »

Rudolf Steiner nous a laissé un matériel de pensées d’un riche contenu, comme aussi des traces pratiques d’activités rituelles qui nous permettent de dégager un tableau des fonctions diverses des trois Klassen. Ce tableau peut ne pas être complet, mais cela peut se corriger dans un processus commun, si des personnes s’adonnent à une quête cognitive honnête.

Parfois ce sont de délicates tournures, que Rudolf Steiner donne à quelques endroits qui peuvent tout d’abord déconcerter, mais laissent quelque lumière sur l’arrière-plan. Ainsi on pourrait s’étonner que dans le §5 des statuts de la Société anthroposophique, il est mentionné que l’université est articulée en trois Klassen. Lors du commentaire de ce paragraphe, Rudolf Steiner fit encore la remarque  : « S’il vous-plaît, ne vous effrayez pas à propos de ces trois Klassen, mes chers amis, elles ont existé à l’origine dans la Société anthroposophique jusqu’en 1914, mais sous une autre forme. »[16] Qui donc eût une raison de s’effrayer d’une telle chose apparemment toute extérieure ? Pourtant seulement ceux qui, avant la guerre, étaient actifs dans les trois sections de l’école ésotérique. Ceux-ci avaient en effet fait le vœu de ne jamais révéler les secrets du grand Service aux personnes extérieures.[17] Qu’à présent les trois sections soient publiquement communiquées officiellement dans les statuts, cela pourrait absolument être une cause d’effroi. Pour ceux qui ne connaissaient pas cette division, il ajouta pour les éclairer  : « Les trois Klassen étaient déjà existantes à l’origine, dans la Société anthroposophique, sous une autre forme, jusqu’en 1914. »

Rudolf Steiner commença — immédiatement après avoir pris la fonction de secrétaire général de la section allemande de la Société théosophique, en octobre 1902 — à constituer un cercle autonome d’élèves ésotériques. Officiellement, Rudolf Steiner fut nommé — par Annie Besant, en mai 1904 — Erz-lenker (Arch-warden) — de l’École ésotérique laquelle avait son siège à Londres et il ouvrit avec cela la première section de l’école ésotérique allemande (Esoterische Schule – ES). Pour Rudolf Steiner, ce n’était là qu’un point de rattachement purement extérieur. Pour son école ésotérique, il avait ses propres sources provenant immédiatement du monde spirituel. De manière significative, dans une lettre adressée à Mathilde Scholl — l'une de ses premières élèves ésotériques — le 1er mai 1903, apparaît déjà un motif qui sera ensuite placé au centre du congrès de Noël ; « Ce serait en général très bien si les nouveaux élèves de l'E.S. en Allemagne se rapprochaient d'une manière ou d'une autre. Nous en avons justement besoin en Allemagne. Car l’E.S. doit devenir l'âme de la Société Théosophique »18.

 

Momification et Rose-Croix[18]

L’âme de la société vit dans le travail ensemble. L’école ésotérique est censée provoquer précisément un renforcement de ce travail ensemble de ses élèves. Dès le début, l’E.S. est un projet au sens d’un phénomène archétype d’une collaboration sociale sur le domaine spirituel.[19] Au moyen de l’accomplissement d’actions cultuelles et rituelles, les capacités d’un travail ensemble sont énormément renforcées. C’est à partir de cette raison que Steiner, en 1905, pendant un cours ésotérique, décida, d’agrandir l’école ésotérique d’une deuxième et troisième sections.[20] Quelques temps plus tard, seulement, il se rattacha extérieurement à la franche maçonnerie Misraïm de John Yarker, qui était administrée par le franchement douteux Theodor Reuß. Pour Steiner, la raison principale dût être que ce courant se rattachait aux rituels égyptiens provenant du prêtre-sage Ormus, lesquels rituels avaient été renouvelés au premier siècle après Jésus-Christ, par l'évangéliste Marc et son disciple.[21]

Aussi bien derrière l’école ésotérique fondée par Helena P. Blavatsky, qu’aussi derrière le service Misraïm originel, se trouvaient des inspirateurs Rose-Croix chrétiens. Blavatsky fut inspirée, au moment de la fondation de son E.S., « par de grands initiés de l’Occident qui sont aussi les initiateurs de la sagesse des Rose-Croix. », écrivit Rudolf Steiner à Édouard Schuré en 1907. Mais les initiateurs eussent dû reconnaître qu'on ne parvenait guère de manière satisfaisante à « faire couler de cette manière le courant de la sagesse spirituelle dans l'humanité ».[22] C’est pourquoi ils résolurent jusqu’à nouvel ordre de ne pas poursuivre cette forme d’inspiration. Pour Steiner il s’agissait pour cette école que le penser scientifique matérialiste soit métamorphosé par l’ésotérisme du Rose-Croix, de sorte qu’il en naisse, comme synthèse, une théosophique moderne féconde (ou selon le cas à proprement parler une anthroposophie)[23]

La tâche de l’essence égyptienne des Mystères préchrétiens, c’était de préparer les êtres humains de manière telle qu’à leur incarnation suivante, ils devinssent capables de penser des idées purement terrestres. La momification des corps allongea le laps de temps durant lequel, après la mort, l’âme restait reliée à la forme de son cadavre, après qu’elle a quitté son corps physique vivant. Cette opération rend l’âme plus capable de se tourner vers le monde physique lors de son incarnation ultérieure.[24] Elle put ainsi apprendre à cerner et former les concepts d’une claire compréhension intellectuelle. Le citoyen de l’empire romain se ressentait à l’instar d’une personnalité qui se posait juridiquement comme telle, et pouvait même aller, le cas échéant, jusqu’à porter plainte pour violation de ses droits par les autorités de l’État. D'un autre côté, c'est justement ce penser intellectuel compréhensif, purement terrestre qui coupait de plus en plus l'homme du spirituel, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus développer principalement aucune compréhension de l’esprit. Au point culminant de l’évolution de l’âme d’entendement et de cœur, l’être humain était devenu un sobre citoyen terrestre. Dans les temps modernes, la momification du penser a produit le penser scientifique matérialiste.[25]

Une seconde forme de la momification a de ce fait provoqué qu’aussi bien dans les messes chrétiennes que dans les loges maçonniques, des actions rituelles ont été accomplies qui n’ont plus été pénétrées d’une connaissance individuelle. Rudolf Steiner décrit comment dans les fraternités occultes, ceux qui y cultivent le rituel insistent beaucoup sur le fait que ceux-ci remontent à des temps très anciens. Mais lorsque de tels rites sont momifiés, on absorbe réellement d’eux ce qu’ils peuvent réellement produire  : à savoir, de porter l’être humain à une relation réelle avec les entités du monde spirituel-élémentaire, « et qui indiquent l'avenir. »[26] Si l’on parvient à cela, de sorte que les êtres humains qui y prennent part, peuvent reconnaître aussi les entités spirituelles qui se rapprochent d’eux — lors d’un accomplissement correct du rituel — cela représente ensuite pour ces entités une sorte de nourriture, ou selon le cas, un processus de croissance. On travaille ainsi à l'avenir de la Terre.[27]

Par l’impulsion Rose-Croix de l’école ésotérique on faisait donc opposition aux deux momifications de l’époque présente. Dans la première Klasse, par la vivification du penser sous l’introduction du travail mantrique et rythmique ; dans la deuxième et troisième Klassen par l’accomplissement désintéressé du rituel symbolique et cultuel. Cela s'est poursuivi dans la structure des trois classes de l'université ésotérique. Le penser terrestre sobre, qui fut prédisposé à la momification de l’époque égyptienne, c’est tout un chacun qui doit aujourd’hui apprendre à le revivifier à partir de sa vertu propre. Il peut être soutenu dans son travail par l’exercice rythmé des mantras, comme cela fut donné au 19ème cours de la Klasse. Si l’on suit les notes de Polzer-Hoditz, le travail dans la première Klasse devait être développé de sorte que l’élève en esprit — d’une manière analogue aux strophes hebdomadaires du calendrier de l’âme — soit dirigé par le rythme du cours de l’année et sollicité à prendre part, par son activité au courant de la destinée humaine. Cela va de pair avec la formation de forces morales supérieures.[28] Ce n’est qu’à partir du moment où il parvient à mettre son soi supérieur totalement au service de la « cause anthroposophique ;, qu’il peut être appelé à entrer dans le temple — la deuxième et troisième sections de l’E.S. ne représentent rien d’autre que ce temple — pour accomplir ou prendre part aux rituels.

 

Le temple solaire[ii]

Ludwig Polder-Hoditz décrit, dans les notes d’entretiens mentionnées, que la troisième Klasse devait recevoir un caractère purement cultuel. On devrait célébrer simultanément sur trois autels. Cette troisième Klasse devait se tourner directement vers l’Esprit de la Terre, l’Entité du Christ. Ici devait être accompli un culte désintéressé pour l’humanité. Car au travers de l’accomplissement des actions rythmiques, on peut atteindre une harmonie des sentiments possible dans l’ensemble du travail universitaire et dans les branches de la Société anthroposophique. La troisième Klasse a donc une fonction de temple, dans laquelle quelque chose doit être accompli qui peut agir en harmonisant de haut en bas.

Une image des qualités, qu’il est nécessaire d’avoir pour accomplir de tels actes cultuels, nous est donnée par un passage du dixième tableau du Drame-Mystère Le gardien du seuil. Après un long cheminement rempli de tribulations, les élèves spirituels ont atteint la maturité qui permet de les appeler au temple solaire. Ils devaient y prendre la relève de ceux qui avaient officié jusqu’alors aux trois autels. On devait désormais leur confier une œuvre nouvelle. Il faut donc toujours n’avoir qu’un petit nombre d’êtres humains, en situation d’accomplir ce culte. Les paroles d’introduction de l’enseignant spirituel Benedictus sont très éclairantes dans notre contexte  :

Mes disciples ont éclos leurs âmes,
La lumière de l’esprit s’est révélée
De façon adéquate à leur destinée.
Chacun pour les autres, doit rendre fécond
ce qu’il s’est conquis ainsi de haute lutte.
Ceci ne peut arriver que si leurs vertus,
Ordonnées selon la mesure et le nombre,
Au lieu sacré veulent s’unir à la haute Unité,
Laquelle à la vraie vie seulement peut éveiller
L’individualisé qui, en l’être, doit demeurer.
Les voici au seuil du temple sacré.
Où leurs âmes doivent se concilier
Selon les règles spécifiées et consoner
Dans le livre des destins universels,
— Afin qu’une harmonie des esprits puisse opérer,
Ce qu’impuissantes, elles ont à faire pour elles.[29]

 

Il est évident qu’émane de ce travail au temple une action qui harmonise. Mais il y faut aussi une part de réceptivité. C’est-à-dire que des êtres humains doivent y prendre part, qui se sont efforcés à la connaissance des entités spirituelles qui s’approchent lors de l’accomplissement de tels rituels. [De l’autre-côté du seuil, ndt]. Ce n’est qu’après que le travail du temple est accompli, car le connaître est une activité aussi importante que l’accomplissement du rituel. Des notes prises par Polzer-Hoditz, naît en moi {Stephan Eisenhut} une image de ce qu’était la tâche des 36 membres de la deuxième Klasse. Il leur revenait ensuite une fonction d’intermédiaire. Il est pensable que chacun des douze élèves spirituels devait se tourner d’une manière particulière vers l’un des trois autels. Dans la mesure où ils intégraient dans leur âme les questions vitales-existentielles qui étaient formulées dans les branches et en première Klasse, grâce à leur intérêt toujours plus grand pour ce qui vit dans les autres êtres humains, ils pouvaient trouver une réponse correspondante dans ce qui se manifestait spirituellement lors de l'accomplissement des rituels. Le groupe qui officiait à l’autel de la sagesse, vers l’Est, avait la tâche de féconder le travail scientifique que poursuivait le rituel à l’autel de la beauté, vers le Sud, et pouvait transposer ces expériences vécues en formes artistiques, et ceux qui ré-éprouvait cela dans l’événementiel, à l’autel de la force[30], pouvaient de leur côté en recevoir des incitations particulières pour la mise en forme des institutions conformément à la vie dans les domaines économiques et politiques. Car la deuxième Klasse doit aussi être constituée, selon les notes d’entretien de Polzer-Hoditz, de membres actifs porteurs d’initiatives, que ce soit des dirigeants de départements ou de membres du Vorstand ou secrétaires généraux d’autres pays. La condition préalable c’était, d’après ces notes, qu’ils eussent acquis les expériences correspondantes sur le domaine spirituel dans la première Klasse. D’une importance décisive s’avérait ici aussi la formation de facultés morales. Une très belle image de ce dont il s’agit se trouve dans les paroles de Johannes Thomasius, qui est appelé à la scène du temple que l’on vient juste de décrire. Il est alors très conscient qu’il existe une contradiction entre son Soi supérieur et son soi inférieur. Mais il sait aussi que pendant ce service au temple, il ne peut agir qu’à partir uniquement de son Soi supérieur  :

La qualité d’élève de l’esprit m’a concédé
Un Soi, qui peut s’avérer ensuite puissant
Et déployer pleinement une création propre,
Si son porteur doit se savoir encore fort éloigné
Des buts les plus sublimes de l’âme.
Dans une telle situation, le devoir s'impose à lui,
de s'adjoindre au service du devenir de la Terre
le second homme qui s'éveille en lui.
Ainsi doit-il laisser toujours briller à son œil spirituel
Telle une règle de vie parmi les plus austères,
Que rien ne pénètre de son Soi en perturbant
Ce travail-là, dont il ne s’acquitte guère,
Lequel est à produire par son second Soi.[31]

 

L’organisme de l’université

Par le congrès de Noël, Rudolf Steiner aspirait à faire apparaître un organisme universitaire existant spirituellement — il le désignait aussi comme « Goethéanum spirituel ; — dans une libre association d’êtres humains. Considérée purement au plan extérieur, la tentative fut un échec. Il n’y avait pas encore suffisamment de personnes alors qui eussent la faculté d’établir fermement ce Goethéanum spirituel. Le résultat fut qu’aussi bien la Société du congrès de Noël que l'organisme universitaire, survécurent sous une forme institutionnalisée dans une association administrative. Cela peut être compris à l’instar d’un Drame-Mystère qui s’accomplit dans la vie réelle  : pendant un temps bref, le temple fut ouvert, même si on ne put traverser tous ses espaces. Étant donné que la faculté de « saisir une initiative pour la cause anthroposophiques » de manière juste ne fut pas encore suffisamment développée, les disciples spirituels furent renvoyés du temple, à l’instar du stupide Perceval. Il n’en resta plus que des images terrestres. Mais c'est ainsi que nous avons la possibilité de nous élever de ces images à leurs archétypes vivants. Grâce à ce travail de création d'images, qui ne peut s'accomplir que par une activité intérieure, nous sommes en mesure de nous défendre contre les forces momifiantes du passé et de développer un nouveau mode du penser. De cette manière, nous pouvons faire une expérience plus intérieure de ce que sont les conditions réelles d'une nouvelle réalité des Mystères. Si l'on parvient à les obtenir, on verra si ceux, qui sont destinés par le karma à établir de tels Mystères, se trouveront.

L’organisme universitaire, qui devait doter d’une âme une véritable Société anthroposophique peut toujours être ressenti et pensé de plus en plus profondément comme une réalité spirituelle, si on le suit dans la forme temporelle sous laquelle il s'est peu à peu manifesté entre 1902 et 1925. En cela, il se révèle là une nette référence aux époques de culture. À notre époque, c’est particulièrement ce qui a été prédisposé durant les 5000 ans de l’époque égyptienne qui ré-apparaît transformé. Une telle tâche devrait être possiblement résolue par l’enseignement que permet la première Klasse. Si nous entrons dans la Société anthroposophique, en tant que « romain », nous sommes alors — vu du point de vue de l’attitude spirituelle — tout d’abord romains encore. Et notre romanité non-métamorphosée aspire alors à une forme institutionnalisée d’organisme universitaire. Or sous cette forme, celui-ci ne peut guère vivre. Il ne peut qu’y mourir à petit feu. Nous pouvons surmonter notre romanité — Par exemple, dans le travail de branche, en libre association avec d’autres êtres humains, lesquels sont dès lors à rechercher, car ce sont ceux pour qui la science spirituelle leur tient pareillement à cœur. À cette occasion, nous nous heurterons alors toujours douloureusement aux choses non-surmontées, et même encore en nous-mêmes comme chez autrui. Nous sommes renvoyés, par conséquent, à nous-mêmes pour qu’un tel organisme universitaire puisse redevenir de nouveau actif. En tant qu’individu isolé, on peut travailler du côté de l’image c’est-à-dire de bas en haut. Cependant en faisant cela, nous contribuons à faire naître un milieu, dans lequel un organisme social redevient opérant. Mais nous devons aussi acquérir par le travail des images de ce qui fut déposé, tel un germe, dans les cultures de la Perse antique et de l’Inde antique ; car la deuxième et troisième Klassen ont précisément à développer ce genre de germes qui durent l’être de sorte que ces germes culturels pourront se développer et refleurir d’une manière nouvelle dans le futur.

Stephan Eisenhut
Die Drei 6/2023.

(Traduction Daniel Kmiecik)

 


Nous pouvons schématiquement tracer les interactions entre organisme universitaire (FreieHochschule für geisteswissenschaft), Société anthroposophique (Anthroposophische Gesellschaft) et les Institutions administratives (Verwaltungsinstitutionen), telles que présentées ci-contre. Il va de soi que ce n’est qu’un croquis, mais il peut donner une orientation dans laquelle il y a quelque sens. Nous devrions porter une atmosphère de l’âme dans cette direction, telle qu’elle est instaurée dans l’office dominical, lorsque l’officiant dit à l’enfant  : « L’esprit de Dieu sera avec toi, si tu le cherches » et que l’enfant répond : « Je veux le chercher »[32]

Légendes centrales, de haut en bas  :

Flèche gauche vers le bas  : « Impulsion du vouloir »
« Université libre pour la science de l'esprit »
« Société anthroposophique »

Flèche de droite vers le haut  : « Transformation du penser actif »
« Simple niveau humain  : Travail de/«sur» la branche »
« Niveau institutionnel  : organisation administrative »

 

Stephan Eisenhut, est né en 1964 à Coblence, études en économie politique à Fribourg en Brisgau, thème de recherche sur Les fondements de science spirituelle en science sociale chez Rudolf Steiner, formation d’instituteur à Mannheim, 1997-2000, enseignant à l’école Rudolf Steiner Mittelrhein, de 2001 à 2018, gérant de la société de publications Mercurial (GmbH) et depuis 2015 rédacteur de cette revue — Dans le cadre de l’Institut D.N. Dunlop, il développe en ce moment une série de vidéos sur l’idée de la Dreigliederung de l’organisme social  : www.dunlop-institut.de/dreigliederung/, dans laquelle il présente aussi les événements éclairés dans cet article également en les rendant graphiquement intelligibles. Courriel  : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Notes

 

Note de la rédaction : Pour rappel, les numéros de page des ouvrages de Rudolf Steiner mentionnés dans les notes de bas de page, concernent l'édition allemande de son oeuvre, et non pas les éditions en langue française.

 

[1] Voir le protocole de la 4èmeAssemblée générale extraordinaire du VdG du 8 février 1925 dans le livre  : Rudolf Steiner  : Die Konstitution der Allgemeinen Anthroposophischen Gesellschaft und der Freien Hochschule für Geisteswissenschaft {La constitution de la Société Anthroposophique Universelle et de l'École de Science de l'Esprit}(GA 260a), Dornach 1987, pp.555 et suiv ; notamment la demande jointe au registre du commerce, dans laquelle le protocole a été corrigé. Si ce dernier mentionnait encore que la société AAG devait succéder à la VdG, la notification a été rédigée de manière correcte en indiquant que le nom VdG devait être changé en AAG.

[2] Les statuts comprennent également la catégorie des membres extraordinaires et des membres cotisants. La suppression inconsidérée de la catégorie des membres extraordinaires, a donné le droit de vote aux membres cotisants.

[3] Voir le protocole de la 3ème Assemblée générale extraordinaire  du VdG à Dornach le 29 juin 1924 dans GA 260a, p.506.

[4] Voir  l’ébauche des statuts de la AAG pour le tribunal de commerce de la Secrétaire de l'association Dr. Ita Wegman avec des notes complémentaires écrites de la main de Rudolf Steiner (en italique) dans GA 260a, p.548 et dans l’annexe séparée du GA 260a, p.30.

[5] Comparer avec la communication du comité directeur du 22 mars 1925, probablement rédigée par Günther Wachsmuth, sur les décisions de l'Association du Goethéanum du 8 février 1925, dans GA 260a, p. 567 et suivantes. On y omet de préciser qu'il s'agit de la 4ème Assemblée générale extraordinaire du VdG. De plus, on cite à longueur de pages une explication de Rudolf Steiner, donnée le 29 juin 1924 lors de la 3ème Assemblée générale extraordinaire du VdG. À l'époque, celui-ci pensait encore que quelques semaines plus tard, une association administrative appelée AAG pourrait être fondée et que le VdG y serait intégré. Mais comme tous ces détails n'ont pas été communiqués à temps, le lecteur de la Nachrichtenblatt a dû croire qu'il s'agissait là de décisions prises par la société constituée lors de la réunion du congrès de Noël 1923.

[6] Qu’au plan juridique une telle fusion des deux formes de Société n’eut jamais intervenu, cela fut présenté de manière convaincante par Benediktus Hardorp dans  : Die Korrespondenz zur Konstitutionsfrage der Allgemeinen Anthroposophischen Gesellschaft {La correspondance au sujet de la question des statuts De la Société anthroposophique universelle} n°1, Mai 1998, pp.28 et suiv.

[7] Hella Wiesberger  : Von den neuen Ansätzen nach dem ersten Weltkriege bis zur Neubegründung der Esoterischen Schule als « Freien Hochschule für Geisteswissenschaft [Des nouvelles approches après la Première Guerre mondiale jusqu'à la refondation de l'École ésotérique en tant qu'« Université libre des sciences spirituelles ».] », dans  : Rudolf Steiner  : Zur Geschichte und aus den Inhalten der Erkenntnis Abteilung der Esoterischen Schule von 1904 bis 1914 [Sur l'histoire et à partir des contenus de la section cognitive de l'École ésotérique de 1904 à 1914] (GA 265), Dornach (1987), p.440.

[8] GA 260a, p.92. [En effet la règle spirituelle qui prévaut ici dans ce cas, c’est  : « L’esprit souffle où il veut !... » (Jn 3,8). Ndt]

[9] À l’endroit cité précédemment, p.31.

[10] Voir Stephan Eisenhut  : Der Bildvorgang der Weihnachtstagung und unseren heutige Möglichkeiten, daran anzuknpfen, in  : Mitteillungen aus der anthroposophischen Arbeit in Deutschland — sonderheft zur Konstitutionsfrage der Allgemeine Anthroposophischen Gesellschaft [Le processus de formation de l'image au congrès de Noël et nos possibilités actuelles d'y faire écho, dans  : Communications issues du travail anthroposophique en Allemagne - cahier spécial sur la question de la constitution de la Société Anthroposophique Universelle], Nr. 4, oktober 2002, pp.21 et suiv.

[11] Rudolf Steiner  : Die Weihnachtstagung zur Begründung der Allgemeinnen Anthroposophsche Gesellschaft /1924 [Le congrès de Noël pour la fondation de la Société anthroposophique universelle 1923/1924], GA 260, Dornach 1994, p.140. [chez EAR, je n’ai pas retrouvé ce passage. Ndt]

[12] À l’endroit cité précédemment, p.41

[13] Voir Rudolf Steiner  : Esoterische In Unterweisungen für die erste Klasse der freien Hochschule für Geisteswissenschaft am Goetheanum [Enseignements ésotériques pour la première classe de l'école supérieure libre de sciences humaines au Goethéanum]1924 vol. II (GA 270/2), Dornach 2008, p.174.

[14] Rudolf Steiner  : Esoterische Betrachtungen karmischer Zusammenhänge [Considérations ésotériques sur les relations karmiques] (GA 238), Dornach  1991, p.173. [Chez EAR  : Le Karma - Considérations ésotériques - Tome IV  : au milieu de la page 199, ndt]

[15] Ces notes d’entretiens sont publiés dans  : Thomas Meyer  : Ludwig Polzer-Hoditz — Ein Europäer, Bäle 2008, p.665. Steiner avait donc autorisé Polzer-Hoditz à accomplir certains rituels de la Mystica Aeterna, ce qui le désignait comme membre de la section symbolique-cultuelle de l'École ésotérique.

[16] GA 260, p.50 [Chez EAR, p.34 dans le haut de la page. Ndt]

[17] Voir GA 265, p.149.

[18] Ekkehard Meffert  : Mathilde Scholl und die Geburt der Anthroposphischen Gesellschaft 1912/13, Dornach 1991, p.78

[19] La formulation de « phénomène archétype », Steiner la choisit pour décrire l’interaction de Goethe et Schiller, le 16 août 1920, lors d’un débat vespéral de l’alliance helvétique pour la Dreigliederung. Voir  : Rudolf Steiner  : Soziale Ideen — Soziale Wirklichkeit — Soziale Praxis (GA 337b), Dornach 1999, p.59.

[20] À l’endroit cité précédemment, p.167.

[21] GA 265, pp.46 et suiv., pp.73,  p.95 & p.147.

[22] Rudolf Steiner  : Zur Geschichte und aus den Inhalten der ersten Abteilung der esoterischen Schule 1904-1914 [Sur l'histoire et les contenus de la première section de l'école ésotérique 1904-1914] (GA 264), Dornach 1994, pp.348 et suiv.

[23] Ibid. Voir l’esquisse, qui y a été imprimée que Rudolf Steiner avait tracé à l’intention d’Édouard Schuré.

 [Les termes « rosicrucien » ou « rosicrucianisme » n’existent dans aucuns dictionnaires allemand-français situés au plan de leur publication entre 1874 et 2002 ; or on s’en gargarise depuis les années 70-80 en France, durant lesquelles mon chemin personnel m’a conduit à l’anthroposophie, j’utiliserai donc toujours le terme « Rose-Croix » pour distinguer ce mouvement spirituel discret et sérieux, directement lié au Christ, de toutes sortes sectes « rosicruciennes » margoulines parues depuis ces années-là. Ndt]

[24] Voir du même auteur  : Ägyptische Mythen im Verhältnis zu den wirkenden Geisteskräften der Gegenwart [Les mythes égyptiens en relation avec les forces spirituelles actuelles] (GA 106), Dornach 1920

[25] Du même auteur  : Die Grundimpuls des weltgeschichtlichen Werdens der Menschheit [Die Grundimpulse des weltgeschichtlichen Werdens der Menschheit] (GA 216), Dornach 1988, p.119.

[26] À l’endroit cité précédemment, p.97.

[27] Voir aussi à l’endroit cité précédemment, en particulier les pages 98 et suiv. Un autre aspect est développé aux p.81 et suiv. Au moyen d’un rituel correctement mené à bien, il est de nouveau possible d’obtenir des communications d’êtres humains non encore nés à la Terre  : « Mais du fait qu’au travers des cérémonies, des esprits élémentaires terrestres ont été stabilisés, de ce fait des communications peuvent de nouveau être faites, par des êtres humains qui ne sont pas encore nés, aux esprits élémentaires terrestres. Et s'il y a encore, en plus  un talent, un génie, pour écouter les esprits élémentaires de la Terre sur ce que les hommes non-nés leur communiquent, alors les hommes concernés, qui peuvent écouter quelque chose de ce genre, expriment justement ce que les hommes non-nés disent aux esprits de la nature, aux esprits de la terre. »

[28] Voir la note 14.

[29] Rudolf Steiner  : Quatre Drames-Mystères, (GA 14), Dornach 19898, p.382. [dans l’édition bilingue de Triades 1967, aux pp.370-371.

[30] Au sujet du troisième autel, voir GA 265, p.120, p.134 et en particulier les notes de participants au cours d’instructions du 10 mai 1914, à la page 316. On y décrit ce qui suit  : « De l’Est affluent les forces de compréhension intellectuelles vers la Terre. De ce point cardinal, la Terre est baignée de forces saintes de compréhension sui proviennent de l’Est. Ces forces sont redonnées par exemple de l’autel (de l4st)  : c’est là qu’est le pôle céphalique de la Terre. Lorsque nous nous tournons vers le Sud ; de là affluent les forces du cœur, celles de l’amour et du don qui rayonnent vers la Terre. De l’ouest se déverse la volonté sainte dans la Terre, qui traverse et afflue dans la composante métabolique-membres d’où les actes proviennent. »

[31] GA 14, p.385.

[32] Ce rituel fut introduit en 1920 pour le cours libre de religion, au sujet duquel on interrogea Steiner,au sujet de savoir si, pour les élèves de ce cours, on pouvait instaurer une cérémonie religieuse le dimanche.La réponse fut que  ceci dût être déjà sous la forme d’un culte. Ainsi naquit, avant même le nouvel an 1920, le premier rituel dit « Sonntagshandlung [service ou rituel du dimanche].

 

Notes de la rédaction de Soi-esprit.info

[i] NDLR  : Voici la version allemande de ce passage dans l’article originel de Stefan Eisenhut, qui est elle-même une citation de Rudolf Steiner  :

Wenn in vier mal zwölf Menschen wenigstens innerhalb der nächsten Zeit der Michael-Gedanke voll lebendig wird, in vier mal zwölf Menschen, die aber nicht durch sich selbst, sondern durch die Leitung des Goetheanum in Dornach als solche erkannt werden können. Wenn in solchen vier mal zwölf Menschen Führer erstehen für Michael- Festesstimmung, dann können wir hinschauen auf das Licht, das durch Michael-Strömung und Michael-Taten über der Menschheit in der Zukunft sich ausbreiten wird.”

Ce qui peut donner lieu par exemple à la traduction suivante  :

« Si dans quatre fois douze êtres humains, au moins dans un avenir proche, les pensées Michaéliques deviennent pleinement vivantes, dans quatre fois douze êtres humains qui ne peuvent toutefois pas être reconnus comme tels par eux-mêmes, mais par la direction du Goetheanum à Dornach. Si, dans ces quatre fois douze êtres humains, des guides émergent pour une atmosphère de fête de Michael, nous pourrons alors regarder vers la lumière qui se répandra à l'avenir sur l'humanité par le courant et les actes de Michael ».

[ii]  Nous vivons en un temps où la capacité de penser devient tellement faible, que semblent de plus en plus l'emporter sur cette faculté humaine la plus fondamentale, des mécanismes que l'on trouve dans le monde animal. Nous pensons ici notamment au conditionnement pavlovien (pour rappel, la découverte de ce type de conditionnement chez l'animal est initialement basée sur des observations menées sur des chiens. Dans un contexte d'expériences de laboratoire, ces chiens se mettaient à saliver avant même d'avoir commencé à manger la viande qu'on leur apporte, du seul fait d'entendre à nouveau certains stimuli sonores qui leur avaient été donnés d'entendre lors de repas précédents (sifflet, cloche, etc.). Bref, il suffisait que ces chiens entendent un sifflet pour se mettre à saliver même si on ne leur apportait pas de la viande).
Il faut dès lors s'attendre avec certitude à ce que certaines personnes soient devenues aujourd'hui tellement bêtes, dans le sens premier du terme, que lorsqu'elles liront les termes "Temple solaire" mentionné dans cet article, elles les associeront automatiquement avec le tristement célèbre "Ordre du Temple Solaire", une secte dévoyée et dangereuse (comme il en existe des milliers d'autres). Il était hélas nécessaire d'apporter cette précision en ces temps d'animalisation de plus en plus avancée de l'espèce humaine. Au cas où, après avoir pris connaissance de la présente note, certains lecteurs (par exemple et typiquement certaines personnalités dont la profession est d'être journaliste ou homme politique, mais il ne s'agit que d'exemples) persistaient et signaient en amalgamant, par automatisme, le "Temple solaire" dont il est question dans le présent article avec l'Ordre du Temple Solaire ou une des nombreuses sectes malfaisantes qui sévissent de par le monde, nous ne pouvons que les inviter à une réorientation de carrière. Il conviendrait, en effet dans un tel cas, à notre sens, de postuler dans un cirque animalier ou, mieux encore, pour un poste d'animal de laboratoire.

 

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