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 « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même »
Vérité et Science, Rudolf Steiner

   

Citation
  • "Une époque viendra où il n'y aura plus de races de couleurs différentes. Les différences raciales s'estomperont. Par contre, les différences entre les individus seront de plus en plus grandes. [...] Ce n’est plus le sang qui reliera les hommes mais ce qui se tissera d’une âme à une autre âme."
    GA99, pg 164 (EAR)

    Rudolf Steiner
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L'évolution psycho-spirituelle de l'humanité 

Dixième conférence du cycle « L’Évangile de Jean »
Hambourg, 30 mai 1908
Rudolf Steiner – GA103
Traduit depuis l'allemand par Daniel Kmiécik

Le livre complet (encore sous une autre traduction),
est édité par TRIADES (cliquer ici GA103). 

NDLR : Nous avons hésité avant de publier la dixième conférence du cycle de conférences portant sur «L’Évangile de Jean», parce que cette conférence fait appel à des notions anthroposophiques très approfondies.

Alors pourquoi publier ce large extrait ici, puisque son contenu sera incompréhensible pour les néophytes ?
Car les personnes qui consultent le site Soi-esprit.info ne sont pas toutes néophytes, en tous les cas pas toutes «néophytes au même degré». Les degrés d’avancement dans la connaissance de la science de l’esprit sont très divers. Nous faisons dès lors le pari que cet extrait de conférence demeurera accessible et s’avérera même particulièrement éclairant et stimulant pour une partie du public déjà en mesure d’en saisir l’essentiel, tandis que les autres lecteurs laisseront ce texte de côté, au moins provisoirement.

 

Autres notes de la rédaction

  • Les titres intercalaires sont de la rédaction. Ils n'existent ni dans l'ouvrage dont cet extrait de conférence est issu, ni dans la traduction du traducteur, et encore moins dans la conférence.
  • Les commentaires et notes du traducteur n'engagent "comme d'habitude" que sa responsabilité. Il en est bien sûr de même pour les notes et commentaires de l'éditeur du site Soi-esprit.info ;-)

 

Quelques rappels relatifs à la conférence précédente


Tout l’ordonnancement de l’évolution post-atlantéenne de notre humanité a fait l’objet de notre intérêt et nous avons essayé de comprendre pourquoi à un moment parfaitement déterminé de cette évolution post-atlantéenne, la fondation du Christianisme dut avoir lieu. En conclusion de la conférence précédente, nous avons mentionné hier que la compréhension des questions importantes de l’Évangile de Jean et de la totalité du Christianisme dépendait que nous envisagions bien précisément cette ordonnance d’évolution dans un esprit ésotérique et christique. C’est seulement de cette façon que nous pourrons acquérir une pleine compréhension de la signification des expressions « Esprit saint », « père et mère de Jésus ». 

Avant toute chose rappelons-nous ce qui nous est devenu clair au cours de la dernière conférence, à savoir que l’humanité post-atlantéenne, donc cette humanité-là, à laquelle nous appartenons nous-mêmes au sens strict, qui s’est développée après le déluge atlantéen, se divise en sept cultures [ou grandes civilisations, ndt]. Intentionnellement, j’éviterai le concept de « sous-races »[1], car le concept de « race » ne coïncide pas à proprement parler et pleinement avec ce dont il s’agit ici. Ce sont des périodes de développement culturel or ce que nous éprouvons encore dans notre humanité actuelle en matière d’ordonnance de races, est véritablement un écho de l’évolution atlantéenne proprement dite. Cette évolution-là de l’humanité, celle qui précéda donc le déluge atlantéen qui s’est déroulé en grande partie sur un continent situé entre l’Europe et l’Amérique actuelles, sur l’Atlantide, et qui se divise aussi en sept époques successives. Pour ces époques-là l’expression « d’évolution de races [ou souches de peuple, ndt] » valait encore. Car ces sept degrés successifs d’humanité sur l’antique Atlantide différaient encore très fortement au plan corporel, intérieurement et extérieurement — en comptant ici comme relevant du corps extérieur la configuration interne du cerveau, du sang et des autres liquides biologiques, alors qu’il ne peut plus être question de cela, par exemple, dès la première humanité de l’époque post-atlantéenne, à savoir qu’il ne peut plus être question que les Hindous antiques fussent si largement différents de nous au point que nous fussions autorisés à avoir recours à la notion de « race » à leur sujet. Mais il nous faut toujours prendre en compte la continuité spirituelle de la théosophie et c’est pourquoi il est souvent nécessaire de se rattacher à l’ancien concept des races [ou des souches de peuple, ndt]. Cependant on éveille alors pourtant trop aisément de fausses représentations au moyen du terme de « race » parce qu’on ne voit pas qu’un tel motif de division pour l’humanité que nous avons aujourd’hui est beaucoup plus intériorisé que le motif d’autrefois qui tenait à une manifestation de « race ». Et même sur ce qui succédera à notre culture, selon les sept subdivisions culturelles, on ne doit plus être autorisés non plus à utiliser la notion de « race », parce que l’humanité se divisera selon de tout autres ordonnancements de base.

De ce point de vue, vous devez accepter cela si nous divisons culturellement l’époque post-atlantéenne, premièrement, dans l’époque hindoue antique, deuxièmement, celle de la Perse antique, troisièmement, celle babylono-assyro-chaldéo-égyptienne, quatrièmement, celle gréco-latine et cinquièmement l’époque dans laquelle nous vivons présentement ; la nôtre sera suivie par une sixième et une septième époques.

Nous nous tenons donc à présent dans la cinquième époque de culture post-atlantéenne et nous nous disons que le Christianisme est entré dans l’évolution de l’humanité dans toute sa profondeur et son sens à la quatrième époque. Il a agi aussi loin que l’humanité de la cinquième époque put en être appréhendée aussi et nous prédirons de manière prophétique comment il continuera d’agir, pour autant que cela soit possible à partir de la science de l’esprit. 

Nous avons déjà mentionné hier que la mission du Christianisme a été préparée au cours de la troisième époque de culture post-atlantéenne. La culture égyptienne antique en fait partie et de son giron, la communauté d’influence des sectateurs de l’Ancien Testament, guida l’évolution de la culture hébraïque de manière telle que le Christianisme prit naissance pour ainsi dire, du sein de la troisième période de culture post-atlantéenne, mais il vint pleinement au jour, à la quatrième période, avec le Christ Jésus. Nous pouvons donc dire : L’humanité de l’époque post-atlantéenne a vécu une certaine influence spirituelle dans sa troisième période de culture. Cette influence s’est poursuivie à l’intérieure de la quatrième période culturelle ; celle-ci s’est concentrée dans le Christ Jésus et continue d’agir présentement dans la cinquième période de culture qui est la nôtre et de celle-ci elle agira de nouveau dans la sixième qui lui succédera. Cela étant nous devons comprendre précisément comment ces effets se sont produits.

Rappelons-nous exactement que les diverses parties spirituelles fondamentales constitutives de l’être humain ont connu leur développement au cours de l’évolution de l’humanité. Souvenons de ce qu’il en était à ce propos dans les derniers temps de l’époque atlantéenne. Nous avons exposé en détail que la tête éthérique s’est enfoncée alors dans le corps physique de sorte qu’à ce moment seulement, l’être humain reçut la prédisposition à se dire « Je-suis ». Lorsque le déluge atlantéen survint, le corps physique de l’être humain fut pénétré du pouvoir de ce « Je-suis » ; c’est-à-dire que l’être humain avait progressé assez loin pour préparer l’outil de la conscience-Je ou bien la conscience de soi. Avec cela nous comprenons très précisément que si nous remontons en arrière, jusqu’au milieu de l’époque atlantéenne, aucun être humain d’alors n’eût été en situation de développer une telle conscience de soi, pour se dire à partir de lui-même « Je suis un Je ! » ou pour énoncer le « Je suis ». Cela ne put avoir lieu que du fait que cette partie du corps éthérique, dont nous avons parlé, s’est unie avec la partie physique de la tête. En ce temps-là, jusqu’à l’effondrement et la submersion de l’Atlantide par le déluge, l’être humain édifia complètement la première chose qu’il devait édifier pour pouvoir devenir porteur de cette conscience du soi : il construisit la disposition cérébrale physique et l’autre conformation du corps. Le corps physique vivant devint ainsi mûr jusqu’au déluge atlantéen pour être un porteur du Je (Ichträger).

Nous pouvons donc nous interroger : Quelle fut donc la mission spirituelle de toute l’ère atlantéenne ? La mission spirituelle de l’ère atlantéenne fut d’inoculer, d’empreindre le Je, à l’être humain ; et cette mission alla bien au-delà du déluge atlantéenne que l’on décrit comme le Déluge, jusque dans notre époque post-atlantéenne. 

L’évolution psycho-spirituelle de l’humanité au cours des 7 périodes de civilisation post-atlantéennes


Mais dans notre période de culture post-atlantéenne quelque chose d’autre devait aussi venir, car le Manas ou Soi-esprit doit lentement entrer dans l’être humain. Avec notre époque post-atlantéenne commence l’influence du Manas ou Soi-esprit. Nous savons donc que lorsque nous aurons traversé diverses incarnations (Verkörperungen) dans nos sixième et septième périodes culturelles à venir, nous serons déjà couverts par le Manas ou Soi-esprit jusqu’à un certain degré. Mais cela nécessite une plus longue préparation pour l’être humain, pour principalement devenir un organe approprié à ce Manasou Soi-esprit. Il avait pour cela à devenir auparavant un porteur-Je (Ich-Träger) au véritable sens du terme — même s’il fallut de milliers d’années pour cela —. Il dut non seulement faire de son corps physique vivant un instrument adéquat au Je mais encore aussi éduquer dans ce sens les autres composantes spirituelles de son entité.[2]

Dans la première époque culturelle des temps post-atlantéens l’être humain fit tout d’abord de son corps éthérique un instrument porteur-Je, comme il l’avait fait auparavant de son corps physique vivant. Ce fut la culture de l’antique Inde qui y pourvut. Elle consista pour l’essentiel à acquérir la faculté, non seulement de disposer d’un corps physique pour le Je, mais encore d’un corps éthérique approprié à cette fin. C’est pourquoi dans le tableau [voir en fin de texte, ndt] la première période culturelle est décrite par l’expression « corps éthérique ».

Si nous voulons envisager à présent l’évolution ultérieure de ces périodes culturelles en relation à l’être humain, nous ne devrions pas seulement admettre superficiellement la vie de l’âme comme étant le corps astral, mais encore plus précisément, celui-ci à l’œuvre dans celle-là, et l’articulation résultante, qui s’en dégage telle que vous la trouvez exposée dans mon ouvrage Théosophie[i]. Cela étant vous savez que nous ne distinguons pas simplement sept composantes spirituelles essentielles de l’être humain, en général, mais encore que la partie centrale de l’être humain se subdivise à son tour en corps[3] de sensibilité, âme de sensibilité, âme d’entendement et âme de conscience ; et ensuite nous avons le Soi-esprit, l’Esprit de vie et l’Homme-esprit. On ne distingue ordinairement que sept composantes essentielles ; la quatrième que nous récapitulons sous le terme « Je », nous devons la subdiviser plus loin parce que c’est ainsi qu’elle s’articule dans le développement humain[4].

Ce qui est à présent développé pendant l’antique culture perse c’est à proprement parler le corps astral ou le corps (vivant) de sensibilité ; c’est le véritable porteur des forces d’activité de l’être humain, c’est pourquoi le passage de l’antique Inde à l’antique Perse consista à exploiter la matière. La mise en mouvement des mains et tout ce qui leur est associé, le passage au travail, c’est ce qui caractérisa cette époque de culture. L’Inde antique était encline, à un degré bien supérieur que celui qu’on se figure, à ne pas se servir de ses mains, mais à s’élever à la contemplation au-dessus de ce qui est matériel, vers les mondes supérieurs. On devait descendre profondément en soi lorsqu’on voulait remonter ses souvenirs en arrière pour retrouver des états d’âmes bien antérieurs. C’est pourquoi l’initiation-yoga hindoue antique consistait en général et, à titre d’exemple, à ce que le corps éthérique connut ce faisant une culture et une formation particulières.

Mais progressons plus loin. La culture de la Perse antique consistait à ce que le Je était immergé dans le corps de sensibilité. La culture des Assyriens, Babyloniens, Chaldéens et Égyptiens de l’antiquité consistait à élever le Je dans l’âme de sensibilité. Qu’est-ce que l’âme de sensibilité ? Ce qui s’oriente de préférence vers l’extérieur, à l’occasion de quoi l’être humain, en percevant, s’active avec les yeux et d’autres organes sensoriels et perçoit dehors dans la nature l’esprit agissant et régnant. C’est pourquoi en ce temps-là, l’œil était orienté vers l’extérieur dans le royaume des choses matérielles étalées dans l’espace, sur les astres et leurs cours. Dans cette culture égypto-chaldéo-assyro-babylonienne il y avait encore peu de chose de ce qu’on peut désigner comme relevant culturellement chez l’être humain de la personnalité intériorisée et de l’entendement. L’être humain actuel ne se représente plus correctement ce qu’il en était à proprement parler de la sagesse égyptienne de cette époque. Ce n’était véritablement pas du tout un penser, une spéculation [intellectelle, ndt] comme cela est advenu ensuite ; au contraire lorsque l’être humain regardait dehors, il recevait dans sa sensibilité la loi qu’il lisait là-dehors au moyen de ses organes sensoriels. C’était une lecture de l’ordonnancement, une « cueillette sensible des lois agissantes » [guillemets du traducteur] et en aucun cas une science des concepts, mais une science contemplative, à la fois sensible et réceptive.

Si nos érudits réfléchissaient un peu — c’est là en effet une phrase très dure — ils saisiraient des doigts, pour le dire ainsi, ce qui vient d’être exprimé, bien entendu avec des doigts spirituels. Car si l’on ne réfléchissait pas alors avec ses propres forces d’entendement véritablement intérieures, cela signifie maintenant, ni plus ni moins qu’on ne peut pas avoir eu à l’époque une véritable science des concepts, une science logique. De celle-ci, il n’y en a pas eu non plus ! L’histoire vous prouve que le véritable fondateur de la logique est Aristote. Si une logique, une science des concepts, avait existé auparavant — ces êtres humains-là eussent déjà été en situation d’en faire un manuel.

Or une logique, ce qui est une réflexion dans le Je lui-même, où l’on associe et sépare des concepts dans le Je, cela n’apparaît qu’à la quatrième période de culture. C’est la raison pour laquelle nous désignons cette quatrième période de culture celle de l’âme d’entendement.

Et nous sommes nous-mêmes dans une époque — l’humanité entra approximativement dans cette époque autour du milieu du Moyen-Âge, en ayant commencé à partir des 10ème, 11ème et 12èmesiècles — nous sommes nous-mêmes dans l’époque de l’entrée du Je dans l’âme de conscience. Cela est donc survenu aussi tardivement. Dans l’âme de conscience, le Je entra donc seulement vers le milieu du Moyen-Âge. Cela se laisserait très facilement historiquement prouver, et l’on pourrait en éclairer tous les recoins, si l’on avait le temps et faire ainsi allusion à mainte chose qui serait alors remise en question. À cette époque là, l’être humain s’inocula un concept bien déterminé, un concept de liberté individuelle, d’aptitude-Je individuelle. Lorsque vous considérez encore les premiers temps du Moyen-Âge, vous trouvez encore foncièrement partout que l’être humain vaut d’une certaine façon par la façon dont il a été placé dans la société. On hérite du père et des siens, position, rang et dignité, en disposant de ces choses impersonnelles car elles ne sont pas consciemment rattachées au Je et on commerce et travaille dans le monde. Ce n’est que plus tard, lorsque le commerce s’étendit avec les inventions qui vinrent des grandes découvertes des temps modernes, que la conscience du Je commence à se répandre et nous pouvons voir se manifester partout dans le monde européen les reflets extérieurs de cette âme de conscience dans un genre tout particulier de chartes et constitutions de villes qui surgissent. De l’histoire de Hambourg, par exemple, on pourrait facilement démontrer comment ces choses se sont historiquement développées. Ce qu’on appelait les « villes franches » au Moyen-Âge, c’est là l’expression extérieure de ce souffle de l’âme consciente du Je au travers de l’humanité. Et si à présent nous laissons le regard vagabonder dans le futur, alors on voit bien qu’en ce moment même nous sommes en train de perfectionner cette conscience de la personnalité dans l’âme de conscience. Toutes les revendications des temps modernes ne sont rien d’autre que le fait concret que les êtres humains font inconsciemment les frais des prétentions de l’âme de conscience.

Mais si nous laissons errer le regard plus loin encore dans le futur, nous apercevons dans l’esprit quelque chose d’autre encore. Étant donné qu’alors l’être humain amorce son ascension vers la prochaine époque au Manas ou au Soi-esprit. Ce sera une époque dans laquelle les êtres humains disposeront d’une sagesse en bloc à un degré largement plus élevé que présentement, dans laquelle ils baigneront littéralement dans une sagesse commune. Quelque chose commencera de sorte que l’on ressentira que ce qu’il y a d’absolument plus original chez l’être humain est dans le même temps ce qui vaut le plus justement au plan universel.[5] Ce que l’on appréhende aujourd’hui au sens actuel comme un bien individuel de l’être humain, n’est pas encore un bien individuel à un degré supérieur. Aujourd’hui ce qui se rattache encore à un haut degré à la personnalité de l’être humain c’est que les êtres humains se disputent, qu’ils ont des opinions et qu’ils prétendent que si l’on n’avait pas le droit d’avoir des opinions différentes, on ne serait pas effectivement un être humain individuel. Précisément parce que les êtres humains veulent êtres autonomes, ils doivent en arriver à avoir effectivement des opinions différentes. Or c’est là un point de vue subordonné à la manière de penser. Les êtres humains seront au mieux en paix et en harmonie, lorsque l’être humain singulier sera au plus individuel. Aussi longtemps que les êtres humains ne sont pas encore complètement couverts par le Soi-spirituel, il existe des opinions qui sont différentes les unes des autres. Or ces opinions ne sont pas encore non plus ressenties vraiment au plus profond de ce qui est authentiquement humain[6].

Il n’existe aujourd’hui en cela que quelques signes authentiquement avant-coureurs, ressentis intérieurement comme vrais dans leur valeur d’universalité. Ce sont les vérités mathématiques et géométriques. Sur la vérité desquelles on ne peut pas passer au vote. Même si un million d’êtres humains se disent que 2 x 2 = 5, vous voyez bien vous-mêmes au plus profond de vous, que cela fait 4, et donc vous le savez aussitôt et vous savez aussi que ces autres-là qui le prétendent doivent être dans l’erreur — directement à l’instar de quelqu’un affirmant que la somme des trois angles d’un triangle ne se montent pas à 180 degrés.

C’est une culture du Manas lorsqu’on ressent toujours plus les sources de la vérité[7] dans ce qui est fortement devenu individuel, personnel, chez l’être humain et lorsque dans le même temps, ce qui est ressenti comme une haute vérité s’accorde d’être humain à être humain à l’instar des vérités mathématiques. Dans celles-ci les êtres humains s’accordent déjà, parce que ce sont les vérités les plus triviales. En rapport aux autres vérités, les êtres humains se disputent, non pas parce qu’il pût y avoir deux opinions correctes mais différentes mais plutôt parce qu’ils n’en sont pas encore arrivés si loin pour reconnaître et réprimer ce qui les sépare en sympathie et antipathie personnelles. Si l’on prenait encore en compte l’opinion personnelle dans les simples vérités mathématiques, alors peut-être que de nombreuses bourgeoises[8] se mettraient d’accord pour affirmer que 2 x 2 = 5 et non pas 4. Or pour celui qui voit profondément dans la nature des choses, il est justement impossible de se quereller sur la nature supérieure des choses, il n’y a que la possibilité de se développer pour arriver soi-même à la hauteur de ces choses. La vérité qui est découverte dans une âme coïncide alors exactement avec la vérité qui est dans l’autre âme ; alors on ne se dispute plus. Et c’est là la garantie de la paix authentique et de la vraie fraternité, car il n’y a qu’une vérité et celle-ci a réellement quelque chose à faire avec le Soleil spirituel. Pensez-donc une bonne foi à la manière dont les plantes croissent convenablement ; chacune grandit en direction du Soleil, et il n’y a qu’un seul Soleil. Ainsi donc dans la sixième époque de culture, lorsque le Soi-spirituel entrera chez les êtres humains, il y aura effectivement un Soleil spirituel vers lequel s’inclineront tous les êtres humains et dans lequel ils seront d’accord. C’est la grande perspective qui s’ouvre devant nous pour la sixième époque. Et dans la septième époque ce sera l’Esprit de vie ou le Bouddhi qui entrera d’une certaine façon dans notre évolution.

Ce sont là de lointains futurs dans lesquels nous ne pouvons que jeter un regard rempli de pressentiments. Mais dès à présent, nous sommes au clair là-dessus : ce sera une époque très importante que cette sixième époque ; car au moyen d’une sagesse communément vécue, elle apportera paix et fraternité. Une paix et une fraternité du fait que le Soi supérieur plongera et siégera, tout d’abord sous sa forme inférieure, comme Soi-spirituel ou Manas, non pas simplement chez quelques êtres humains élus, mais plutôt pour une partie des êtres humains se trouvant dans un développement normal de l’humanité. Une union du Je humain, tel qu’il s’est peu à peu formé à lui-même, aura lieu avec le Je supérieur unifiant. Nous pouvons désigner celle-ci comme une noce spirituelle — et c’est effectivement ainsi qu’on désigna toujours dans l’ésotérisme chrétien, cette union du Je humain avec le Manas ou Soi-spirituel. Mais les choses dans l’univers sont profondément interdépendantes et l’être humain ne peut pas attirer à soi, pour ainsi dire en tendant la main, ce Manasou Soi-esprit ; il devra plutôt atteindre encore un degré d’évolution beaucoup plus haut afin de devenir capable de s’aider lui-même en rapport à ces choses-là.

Afin que cela puisse avoir lieu surtout, à savoir que l’être humain puisse s’unir au Soi supérieur dans l’époque post-atlantéenne, un secours doit être apporté à l’évolution de l’humanité. Lorsqu’une chose quelconque doit être atteinte, elle doit être préparée. Si un adolescent de 15 ans est censé devenir quelqu’un, on doit effectivement travailler en vue de cela dès sa seizième, dix-septième années. Partout une évolution doit préparer ses impulsions. Ce qui doit survenir avec l’humanité dans cette sixième époque de culture devait être préparé lentement de longue date. L’autorité et la vertu devaient venir de l’extérieur pour ce qui doit ensuite se produire à la sixième époque.

Or la première préparation fut encore totalement agissante de l’extérieur, à partir du spirituel qui n’était pas encore descendu dans le monde physique. Cela nous est annoncé par la grande mission du peuple hébraïque. Au moment où Moïse, l’Initié aux Mystères égyptiens, reçut cette mission de la direction du monde spirituel que nous pourrions caractériser par ces mots : « (…) Dis-leur comme étant mon Nom, si tu dois leur dire mes lois, je suis le « Je-suis » (Ex 3, 14) »[9]. Par ces mots il fut missionné : « Prépare-les en les renvoyant au Dieu sans forme et invisible. Tandis que le Dieu-Père agit encore dans le sang — donne à entendre à ceux qui peuvent le comprendre que le « Je-suis » est préparé qui doit ensuite descendre jusque sur le plan physique ! » — Cela fut préparé censément à l’intérieur de la troisième époque de culture post-atlantéenne.[10] Et du peuple hébraïque nous voyons jaillir la mission de transmettre le Dieu de l’humanité qui doit ensuite descendre plus profondément et apparaître dans la chair. Auparavant Il a été annoncé, subséquemment Il est apparu dans la chair pour l’œil physique. Ainsi ce qui fut préparé par Moïse en est venu à une apparition [sous entendu dans la chair, dans le contexte ici ndt] au vrai sens du terme.

Trois périodes dans l’évolution du Christianisme


Envisageons ici vraiment une bonne fois ce moment : l’annonce spirituelle par Moïse et la conclusion de cette annonciation, l’apparition du Messie annoncé dans le Christ. À partir de cette époque, que nous pourrions caractériser aussi comme une première période dans l’histoire du Christianisme, la première impulsion réelle est posée dans l’évolution de l’humanité en vue de l’unité et de la fraternité qui doivent venir dans la sixième époque de culture atlantéenne. C’est là aussi comme une vertu qui est immergée et agit ensuite afin que le fruit en vienne à en résulter peu à peu. Ainsi cette vertu agit-elle à l’intérieur jusqu’à notre époque même, jusqu’au moment que nous devions décrire comme tel où l’humanité, avec ses forces intellectuelles et spirituelles, est complètement descendue dans la matière. On pourrait se poser la question : Pourquoi donc le Christianisme dut-il précisément venir au monde en tant que ce précurseur immédiat de l’époque la plus matérialiste qui soit ?

Réfléchissez-y donc à deux fois, si l’humanité était entrée dans l’époque la plus matérialiste sans le Christianisme, cela eût été impossible ensuite pour elle de retrouver une impulsion pour en remonter. Représentez-vous bien cette impulsion absente, — celle qui fut implantée dans l’humanité par le Christ — dès lors la totalité de l’humanité dût sombrer dans la décadence et s’associer à jamais à la matière ; elle serait alors, comme on le dit en occultisme « saisie par la pesanteur de la matière » et déjetée hors de son évolution. Ainsi devons-nous nous représenter que l’humanité, à l’époque post-atlantéenne, descend brusquement dans la matière. Vint alors dans l’humanité l’autre impulsion, avant que le degré matériel le plus bas ne fut atteint, qui donna en retour la secousse faisant remonter dans la direction opposée. Telle fut l’impulsion du Christ.[11] Si l’impulsion du Christ avait agi plus tôt, l’humanité n’en serait généralement pas arrivée au développement matériel. Si elle était intervenue dans l’antique époque culturelle hindoue, il est certain que l’humanité eût été imprégnée de l’élément spirituel du Christianisme, mais l’humanité ne serait jamais descendue si profondément de sorte qu’elle n’eût pas pu produire tout ce qui nous appelons aujourd’hui la culture physique extérieure.

Il peut paraître étrange que l’on affirme que sans le Christianisme il n’y eût pas eu de chemin de fer, de bateaux à vapeur et autres, mais pour celui qui reconnaît ce contexte, il en est bien ainsi. Jamais ce moyen de civilisation ne serait né de cette antique époque culturelle hindoue. Il y a une connexion secrète entre le Christianisme et tout ce qui est aujourd’hui ce qu’on appelle la fierté de l’humanité. Le fait que le Christianisme attendit le moment juste a rendu possible la culture extérieure ; et du fait qu’il est entré au moment juste, il a permis aussi à ceux qui se lient au principe-Christ, de pouvoir se relever de la matière.

Mais du fait que le Christianisme a été accueilli comme quelque chose d’incompris, il a été matérialisé trop loin. Or il est mal compris pour autant qu’il s’est appréhendé lui-même comme tel. Et c’est donc une forme matérialiste, carabinée et dénaturée, d’une certaine manière, qu’a adoptée le Christianisme au cours du temps, jusqu’à nous, que nous venons tout juste d’envisager et que nous pouvons caractériser comme la deuxième période de l’histoire du Christianisme. Au lieu par exemple de comprendre l’idée spirituelle supérieure de la Cène, celle-ci fut matérialisée et présentée comme une grossière transformation de la matière. Et nous pourrions citer des centaines d’exemples de ce genre, démontrant que le Christianisme n’a pas été compris en tant que phénomène spirituel. Nous en sommes à peu près au point, aujourd’hui où ces deux périodes sont écoulées et l’humanité doit nécessairement se rattacher à un Christianisme spirituel, à ce que doit être réellement le Christianisme pour partir en quête du vrai contenu spirituel qu’il renferme. Et cela se produira par l’approfondissement anthroposophique du Christianisme. En utilisant l’anthroposophie dans la compréhension du Christianisme, nous suivrons la nécessité historique de préparer la troisième période christique[12], dont la vie à venir afflue à notre rencontre dans le Manas depuis la sixième époque[13]de culture post-atlantéenne. Ce sera pour ainsi dire le troisième chapitre. 

Le premier chapitre est le temps précédent l’annonciation (Vorverkündigung) du Christianisme jusqu’à l’apparition du Christ Jésus et un peu au-delà. Le deuxième chapitre, c’est l’immersion la plus profonde de l’esprit humain dans la matière et la matérialisation même du Christianisme. Et le troisième chapitre va être l’appréhension spirituelle du Christianisme au moyen de l’approfondissement anthroposophique de celui-ci.

 

La vision de Jean - Les trois jours de l’initiation et l’action de l’impulsion-Christ a sein de l’humanité


Il tient à tout le développement matérialiste qu’un tel document comme l’Évangile de Jean n’ait pas été compris jusqu’à notre époque. Une culture matérialiste telle qu’elle s’est peu à peu développée, ne pouvait pas pleinement comprendre l’Évangile de Jean. La culture spirituelle que doit inaugurer le mouvement anthroposophique comprendra ce document dans sa conformation vraiment spirituelle et préparera ainsi ce qui doit conduire au-delà dans la sixième époque.

Pour celui qui acquiert une initiation chrétienne ou rosicrucienne — du reste aussi pour celui qui acquiert principalement une initiation — un phénomène tout particulier apparaît. En effet, pour lui les choses qui avancent acquièrent alors une signification double : l’une, qui se déroule extérieurement dans le monde physique, l’autre, par laquelle les choses qui se déroulent dans le monde physique, sont des avertissements de grands et vastes événements spirituels. Et vous me comprendrez si je tente à présent de dépeindre quelque peu l’impression qu’eut le rédacteur de l’Évangile de Jean lors d’une circonstance déterminée.

Il y eut un événement particulier dans le cours de la vie du Christ Jésus et celui-ci se produisit sur le plan physique. Celui qui décrit les choses dans l’esprit de l’Évangile de Jean les décrits cependant en initié. C’est pourquoi l’événement figure pour lui dans le même temps, à l’instar des perceptions et expériences traversées pendant l’acte d’initiation.

Trois époques antiques et demi qui, dans les temps anciens, comme nous l’avions déjà mentionné, étaient représentées par les trois jours et demi durant lesquels l’initié était plongé dans un sommeil léthargique. En chacun de ces jours celui qui était en train d’être initié vivait quelque chose d’autre en rapport avec les mondes spirituels. Le premier jour, il avait des expériences déterminées, qui se présentaient à lui comme des événements du monde spirituel ; le deuxième jour, il en vivait d’autres et le troisième jour, d’autres encore. Cela étant pour celui dont il est question ici [donc Johannes, ndt], il a été révélé ce qui se révèle toujours pour la capacité clairvoyante, à savoir, le futur de l’humanité.[14]Si vous connaissez les impulsions du futur, vous pouvez les inoculer au temps présent et guider de ce fait à la rencontre de la présence du futur.

Figurez-vous le voyant de cette époque-là. Il éprouvait la signification spirituelle du premier des chapitres décrits, depuis l’instant où l’appel retentit : « Dis à ton peuple : Je suis le « Je-suis » », jusqu’à la descente du Messie. Comme deuxième chapitre, il éprouvait la descente du Christ dans la matière. Et comme troisième chapitre, il vivait comment peu à peu l’humanité est préparée à recevoir l’esprit ou le Soi-spirituel, Manas, dans le sixième laps de temps (Zeitraum). Et il éprouvait cela dans une pré-vision astrale. Bref, il éprouvait les épousailles entre l’humanité et l’esprit. C’est là un vécu d’expérience important, mais qui ne peut apporter à l’humanité qu’une empreinte extérieure du fait que le Christ est entré dans le temps, dans l’histoire. Auparavant l’humanité n’a jamais vécu dans une telle fraternité qui est amenée par l’esprit qui s’est levé dans l’intériorité, là où une paix règne entre les êtres humains. Auparavant il n’y avait que l’amour qui était matériellement préparé par la consanguinité. Cet amour grandit peu à peu en amour spirituel et cet amour spirituel descend ici-bas. Comme conclusion au troisième chapitre de l’initiation nous affirmons par conséquent : l’humanité célèbre ses noces avec le Soi-esprit ou Manas. Cela peut seulement arriver, si le temps est venu pour cela, si le temps a mûri pour la pleine réalisation de l’impulsion du Christ. Aussi longtemps que le temps n’est pas venu, aussi longtemps vaut encore la condition qui se fonde sur la consanguinité, aussi longtemps donc, l’amour n’est donc pas spirituel.[15]

Partout où dans les anciens documents on parle de nombre, il est question du mystère des nombres. Et lorsque nous lisons : « Au troisième jour, il y eut une noce à Cana, en Galilée » (2, 1), chaque initié sait alors qu’on veut dire là quelque chose de particulier avec ce « troisième jour ». Le rédacteur de l’Évangile de Jean attire l’attention sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une expérience réelle, mais dans le même temps encore, d’une grande et puissante prophétie. Cette noce exprime la grande noce de l’humanité qui dans l’initiation se révèle au troisième jour. Au premier jour, se révèle ce qui se déroule dans la première époque lors du passage de la troisième à la quatrième époque de culture, au deuxième jour, ce qui se déroule lors du passage de la quatrième à la cinquième époque de culture et au troisième jour ce qui se produira lorsque l’humanité passera de la cinquième à la sixième époque de culture. Ce sont les trois jours de l’initiation. Et l’impulsion du Christ doit attendre jusqu’au troisième moment. Auparavant le moment n’existe pas où elle peut agir.

Dans l’Évangile de Jean on fait allusion à cette relation particulière de « moi et de toi », de « nous deux ».[16] Ceci est, pour le préciser, à l’endroit où se trouve l’absurde : « Femme, qu’ai-je à faire avec toi ? »[ii] Au moment où la mère de Jésus convie le Christ à faire le signe, il déclare : « Mon temps n’est pas encore venu » (2, 4), pour agir sur les épousailles, c’est-à-dire pour guider les êtres humains ensemble. Le temps viendra d’abord. À présent ce qui est fondé sur les liens du sang agit encore et continuera encore d’agir ; d’où le renvoi aux relations entre mère et fils lors du mariage.

Lorsque nous considérons ainsi ce document, il en ressort pour nous tout ce qui est réellement extérieur sur un fond spirituel important. Nous y contemplons intuitivement les profondeurs abyssales de la vie de l’esprit, lorsque nous perçons à jour ce dont un initié tel que le rédacteur de l’Évangile de Jean, a fait don à l’humanité et ce qu’il put seulement lui offrir, à savoir que le Christ a inoculé son impulsion au développement de l’humanité.

Ainsi avons-nous vu que ces choses doivent être éclairées, non pas par une allégorie ou une symbolique creuses mais plutôt à partir d’une réalité astrale[17] que vit l’initié. Il ne peut s’agir là non plus d’une exposition symbolique, mais du récit réel au contraire qu’a vécu l’initié. Si ceci n’est pas donné comme tel, alors ceux qui se trouvent là, dehors, disent à bon droit que la science ce l’esprit n’expose rien de plus que des exégèses ! Si maintenant nous appliquons à cet endroit une telle exégèse de science de l’esprit, mais à présent comme nous l’avons comprise, alors nous apprenons comment au travers des trois jours universels — de la troisième à la quatrième, de la quatrième à la cinquième et de la cinquième à la sixième époque culturelle — l’impulsion-Christ agit dans l’humanité. Et nous envisageons ce développement dans l’esprit de l’Évangile de Jean de sorte que nous affirmons : l’impulsion du Christ fut si grande qu’elle n’a été comprise que par une part la plus infime de l’humanité et qu’elle ne sera totalement comprise que dans une époque plus tardive.

Rudolf Steiner

 (Traduction Daniel Kmiecik)

evole epoque civilisation francais

 

 

Notes

Notes du traducteur

[1] Issu de la Théosophie d’Helena Blavatski, ce terme prête en outre hautement à confusion et mésinterprétation dans le temps présent, fut la confusion régnante des esprits et leur absence de culture en général. ndt

[2] Dans la conférence précédente Rudolf Steiner a expliqué ce travail inconscient mené alors par les Hiérarchies spirituelles au profit du Je humain, sur les composantes spirituelles de l’être humain. ndt

[3] Il est sous-entendu ici que ce corps est vivant, car Rudolf Steiner utilise le terme Leib qui désigne le « corps vivant » ; le terme Körper désignant plus le corps spatial de manière neutre. Voir Théosophie pour plus de plus amples détails, car le fait d’associer corps de sensibilité et âme de sensibilité est une possibilité temporaire, à savoir que dans notre période de culture, cela peut effectivement et concrètement se faire. Mais il n’en sera pas toujours ainsi. ndt

[4] En effet le Je est aussi une « étincelle divine » du Logos qui nous a été donnée par Celui-ci ; à ce titre c’est la « puînée » de nos composantes spirituelles individuelles. Elle a donc une très vaste dimension spirituelle et historique non consciente qui a déjà été « travaillée » — et ceci largement en arrière-plan de la conscience humaine actuelle — sur les autres composantes essentielles, mais ce travail est appelé à devenir conscient et à être relayé par l’être humain lui-même par l’opération sur laquelle l’Apôtre Paul attire l’attention en disant : « Non pas, je, Mais le Christ en Je ! » (et ici tout est bien entendu dans la maJuscule), ndt

[5] On effleure et on aborde dans ce qui suit ici ce qui n’a pas encore été ressenti du tout, même là où cela devrait, à savoir dans le milieu anthroposophique dornachois et plus encore dans la société humaine, quoique de grandes personnalités ont déjà fait preuve de ce « quelque chose » de valeur universelle, dans le mouvement anthroposophique (Je pense ici à Lucio Russo qui vient de nous quitter pour « naître au ciel »). Or la clef de compréhension de ce Mystère du futur se trouve dans l’étude de Wolfgang Klingler : Une Forme de liberté : La conception de l’être humain chez Rudolf Steiner, publiée en allemand chez Urachhaus, dont la traduction française est disponible sans plus auprès du traducteur. 

Une des plus grandes lâchetés vis-à-vis de l’œuvre de Rudolf Steiner commises de la part des responsables de la Société « anthroposophique », c’est de ne pas avoir vu cela, suite à une absence totale de confiance dans « l’humain en général », l’allgemein menschlich. Or il s’agit là vraiment d’un péché contre l’esprit, d’un péché dont on ne peut pas se relever autrement que par l’intercession du Christ. ndt

[6] Ici aussi, on entrevoit bien que ce qui est vraiment humain ne nous est pas conféré ni par l’homunculus technologique (Ahriman), ni par le « surhomme » de Nietzsche (Lucifer) mais uniquement par la personnalité du Christ-Jésus, (Représentant de l’humanité dans sa dimension universelle). ndt

[7] Le plus grand mal qu’ont fait les technocrates de la gestion politique, c’est justement d’avoir insisté sur le fait que chacun ayant sa vérité, il n’y a donc pas de sources de la vérité. ndt

[8] Hausfrauen allusion légèrement « sexiste » — au regard de l’esprit féministe actuel, perspicace et vif —  ici de la part de Rudolf Steiner que j’ai tenté de ne pas « balancer » pour autant en choisissant parmi les nombreux sens non pas « ménagère » comme dans la traduction éditée par TRIADES, mais « bourgeoise ». ndt

[9] Les paroles de Rudolf Steiner, textuellement traduites en français ici, sont originellement en allemand: « Sage ihnen als meinen Namen, wenn du ihnen meine Gesetze sagst, ich bin der « Ich-bin » (2. Mose 3, 14) ». 

À titre d’information seulement : 1. Luther traduit ce passage comme suit : « Gott sprach zu Mose : Ich werde sein, der Ich sein werde. Und sprach : Also sollst du zu den Kindern Israel sagen :Ich werde sein hat mich zu euch gesandt » (Remarquez s’il vous plaît que ce qui est ici souligné en gras se traduit par : « Je serai Celui qui sera », car ici le « Je-suis » est bel et bien au futur ! On peut en effet bien comprendre cela de la part de l’honnête homme que fut Luther voici 500 ans !). Par ce soulignement en gras, la Bible de Berlin 1924 [dûment revue et agréée (genehmigter Text) par la Deutschen evangelischen Konferenz] renvoie donc à (Apo 1, 4-8). Or la chose est très intéressante à signaler à mon humble avis. 2. Dans la Bible actuelle, aux éditions La Pléiade, le même passage est traduit en français de la manière suivante : « Élohim dit à Moïse : « Je suis qui je suis ! » Puis il dit : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Je Suis m’a envoyé vers vous ! ». ndt

[10] Voir aussi en complément à ce sujet la comparaison des courants hellène, hébraïque et bouddhique donnée par Rudolf Steiner dans le cycle (postérieur de 3 ans) des conférences de Karlsruhe De Jésus au Christ (G 131) 5ème conférence privée du 9 octobre 1911 [traduction française précise et commentée sur demande sans plus auprès du traducteur]. ndt

[11] Pour bien comprendre cette affirmation et pour la prendre vraiment au sérieux il faut aller relire le passage de Mein Lebensgang [insuffisamment traduit en français par « autobiographie »] des chapitres 22 à 26 (tome 2) et de revenir ensuite à ce passage. On comprend alors très bien la raison de ce passage. ndt

[12] Selon moi, elle est plus christique que chrétienne étant donné la division et la faillite des Églises chrétiennes dans leur ensemble.

[13] Concernant l’afflux des impulsions du futur, où les courants provenant du futur dans l’évolution, voir les travaux de Christian Hueck : Évolution dans le double courant du temps (Dornach 2012), non traduit. ndt

[14] Voir ici les commentaires de Rudolf Steiner dans le cycle de conférences sur la Révélation de Jean (GA 104 ) [Traduction précise synthétisant le travail de Simone Hannedouche (jamais publié) et ma propre contribution — le tout relu par Michel Mattez — est disponible sans plus auprès du traducteur sur simple demande]. ndt

[15] D’où aussi ici, la très grande déception des gens qui, s’engageant dans des groupes d’études ou des branches anthroposophiques en pensant rencontrer ce fameux amour spirituel, n’y rencontrent de fait que ce qu’ils veulent bien amener et cela les déçoit profondément (sauf bien sûr, si à l’occasion ils rencontrent l’amour tout simple et tout bête et alors ils recommencent juste un tour de la « grande-roue magique » qui les emmène et les ramène à chaque tour sur Terre, mais rien de plus, car n’est-ce pas, son Royaume à Lui, n’est pas de ce monde). ndt

[16] von « mir und dir » und « von uns beiden » ; à l’intention de commentateurs éventuels qui, en français, ont vite fait d’introduire de force la préposition « entre » (« zwischen » en allemand), alors que Steiner ne l’utilise pas du tout, il préfère « von » correspondant à « de » en français origine ou complément d’agent gouvernant le datif. ndt

[17] « astralische Wirklichkeit » est ici à prendre au sens propre, à savoir la réalité des astres qui parlent du Christ cosmique, le Logos, s’incarnant, ayant pris chair, auprès des êtres humains. ndt

 

Notes de la rédaction :

[i] Notes de la rédaction : Il s’agit du livre suivant de Rudolf Steiner : Théosophie - Introduction à la connaissance suprasensible du monde et à la destination suprasensible de l'homme (GA009)

[ii] Dans la cinquième conférence de ce cycle (GA103 – Hambourg, le 23 mai 1908), Rudolf Steiner mentionne la signification exacte de ce passage habituellement traduit par «Femme, qu’ai-je à faire avec toi ?» 

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info   

 À NOTER: bien des conférences de Rudolf Steiner qui ont été retranscrites par des auditeurs (certes bienveillants), comportent des erreurs de transcription et des approximations, surtout au début de la première décennie du XXème siècle. Dans quasi tous les cas, les conférences n'ont pas été relues par Rudolf Steiner. Il s'agit dès lors de redoubler de prudence et d'efforts pour saisir avec sagacité les concepts mentionnés dans celles-ci. Les écrits de Rudolf Steiner sont dès lors des documents plus fiables que les retranscriptions de ses conférences. Toutefois, dans les écrits, des problèmes de traduction peuvent aussi se poser.
Merci de prendre connaissance
d'une IMPORTANTE mise au point ici.

 

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