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Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner Anthroposophie

Questionnements, essais et contenus portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner.
Beaucoup d'articles sur ce site requièrent un travail d'étude sérieux, portant sur des connaissances épistémologiques et ésotériques, pour être compréhensibles.

Citation
  •  

    "Il est nécessaire de conserver notre claire capacité de jugement, notre capacité de juger des événements extérieurs, (...) de ne pas nous laisser embrumer par toutes sortes d'occultismes. Nous avons besoin de juger clairement des processus de la vie, ce qui nous préserve de tomber dans le panneau trouble de la charlatanerie occultiste, notamment de ce qui émane de certains centres où sont poursuivis des buts éloignés de toute recherche pure de la vérité, par la pêche en eaux troubles."
    Munich, 18 mars 1916 - GA174a

    Rudolf Steiner
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Tous s'effondre sous les pas du marcheur 

Extrait de l'avant-propos à la nouvelle édition du livre « La Philosophie de la Liberté » (1918)
Rudolf Steiner – GA004
Traduit depuis l'allemand par Germaine Claretie
(Aux Presses universitaires de France - Édition de 1923)

La Philosophie de la Liberté est traduite en français en de multiples éditions, dont principalement :

  • Éditions anthroposophiques romandes et Fishbascher, traduction de Georges Ducommun.
  • Éditions Novalis, traduction de Geneviève Bideau, Édition dite du Centenaire, Montesson, 1993,  (ISBN 2-91011204-7)
  • Éditions Branche Paul de Tarse, traduction de Frédéric C. Kozlik.(1986) édition comparée de(1894/1918) et introduction.
  • Éditions PUF/Éditions Alice Sauerwein, traduction de Germaine Claretie (1923)
  • Éditions TheBookEdition.com, (en autoédition), traduction de Thomas Letouzé (2022).



Les sujets qui ont été traités dans ce livre se ramènent à deux questions primordiales concernant la vie de l’âme humaine.

La première est celle-ci : Est-il possible de se former de l’être humain une conception qui permette de fonder sur lui, comme sur un point d’appui inébranlable, les données diverses de l’expérience et de la science ? En effet, ces données nous donnent l’impression de ne point pouvoir se fonder sur elles-mêmes ; le doute et le jugement critique les relèguent dans le domaine de l’incertitude. Quant à la seconde question, nous la formulerons ainsi : L’homme, en sa qualité d’être volontaire, a-t-il le droit de s’attribuer la liberté, ou bien cette liberté n’est-elle qu’une pure illusion, due à ce que l’homme ignore les liens par lesquels la nécessité enchaîne sa volonté comme elle enchaîne tous les phénomènes naturels ? Cette dernière question n’a pas été posée à la suite d’opérations logiques artificielles. Dans certaines conditions de la vie intérieure, elle se présente tout naturellement à l’esprit humain ; et l’on a le sentiment qu’il manquerait quelque chose au développement complet de l’âme s’il ne lui arrivait point une fois, au cours de sa vie, d’envisager avec le plus grand sérieux le dilemme que nous venons de poser : liberté ou détermination de la volonté humaine.

Il sera montré dans cet ouvrage que les expériences intérieures qui sont liées, pour l’être humain, à la seconde de ces questions, diffèrent selon la réponse qu’il a pu donner à la première. Nous tenterons de prouver qu’il existe une conception de la nature humaine selon laquelle on peut fonder sur cette nature, avec sûreté, tout le reste de nos connaissances ; et nous tenterons ensuite d’indiquer que cette conception-là permet de justifier entièrement l’idée de la liberté du vouloir humain, à condition seulement que l’on trouve l’accès du domaine de l’âme où cette libre volonté peut réellement s’épanouir.

La conception dont nous parlons, qui permet de répondre aux deux questions posées, se transforme dans l’âme qui l’acquiert en véritable force vivante. Elle ne fournit pas une réponse théorique que l’intelligence puisse simplement admettre, et la mémoire conserver. Une réponse de cette sorte ne serait, du point de vue de ce livre, qu’une apparence de réponse. Aussi n’a-t-on point émis ici des conclusions achevées et définitives ; mais on a montré le chemin expérimental d’un domaine intérieur où l’activité de l’âme humaine peut, à chaque fois qu’il en est besoin, trouver elle-même la solution renouvelée et revivifiée de ces problèmes. En effet, il suffit que nous ayons eu l’accès du domaine intérieur où ces deux questions se posent, pour que la véritable connaissance de ce domaine nous procure tous les éléments nécessaires à leur solution, et nous permette ensuite d’explorer l’ampleur et la profondeur des mystères de la vie, dans la mesure où notre désir et notre destinée nous invitent à le faire.

Il semble donc que l’on a défini, en cet ouvrage, une connaissance qui, par sa nature propre, et par l’étroite parenté la reliant à toute la vie de l’âme humaine, porte en elle-même sa légitimation et sa valeur.

C’est ainsi que je concevais le contenu de ce livre alors que je l’écrivis, il y a vingt-cinq ans. Et je ne puis aujourd’hui que répéter, en ce qui le concerne, les mêmes phrases. Au temps où je l’écrivis, je me fis une règle de ne rien dire qui ne fût en rapport étroit avec les deux questions fondamentales dont il traite. S’il est quelqu’un pour s’étonner de ce qu’on ne trouve encore, en ce livre, aucune allusion au domaine d’expérience spirituelle dont j’ai parlé dans mes ouvrages suivants, je le prierai de considérer que je ne voulais pas encore, en ce temps-là, décrire les résultats de l’expérience spirituelle, mais seulement établir les fondements sur lesquels cette expérience peut s’édifier. Cette « Philosophie de la Liberté » ne renferme aucun résultat spécial ni de l’expérience spirituelle, ni de l’expérience naturelle ; mais ce qu’elle renfermeest, à mon avis, la première condition de la certitude que l’on tient à établir en ces deux ordres de science. Les exposés de ce livre peuvent parfaitement être admis par ceux qui, pour des raisons dont ils sont les seuls juges, ne veulent rien accepter du résultat de mes investigations spirituelles. Mais pour ceux qui se sentent attirés, au contraire, par ces investigations spirituelles, la tentative faite en cet ouvrage pourra également paraître d’une grande importance ; on a essayé d’y démontrer qu’un examen libre et sincère, s’appliquant uniquement aux deux questions que nous avons signalées ici comme étant la base de touteconnaissance, fournit la certitude que la vie de l’homme plonge dans un véritable monde spirituel. Ce livre tente de légitimer la connaissance du domaine spirituel avant que l’on ait l’accès de ce domaine. Et cette légitimation a été faite de telle manière qu’on n’ait à aucun moment, en lisant ce livre, le besoin de justifier ce qui s’y trouve en y raccordant les expériences dont j’ai donné communication plus tard ; pour admettre ce qui est dit ici, il suffit que l’on puisse, ou que l’on veuille bien entrer dans la méthode même selon laquelle ces considérations ont été conçues. (…)

 Rudolf Steiner

[Caractères gras : SL]

 

 

Note de la rédaction
Un extrait isolé issu d'une conférence, d'un article ou d'un livre de Rudolf Steiner ne peut que donner un aperçu très incomplet des apports de la science de l'esprit d'orientation anthroposophique sur une question donnée.

De nombreux liens et points de vue requièrent encore des éclairages, soit par l'étude de toute la conférence, voire par celle de tout un cycle de conférence (ou livre) et souvent même par l'étude de plusieurs ouvrages pour se faire une image suffisamment complète !
En outre, il est important pour des débutants de commencer par le début, notamment par les ouvrages de base, pour éviter les risques de confusion dans les représentations.

Le présent extrait n'est dès lors communiqué qu'à titre indicatif et constitue une invitation à approfondir le sujet.
Le titre de cet extrait a été ajouté par la rédaction du site  www.soi-esprit.info   

 À NOTER: bien des conférences de Rudolf Steiner qui ont été retranscrites par des auditeurs (certes bienveillants), comportent des erreurs de transcription et des approximations, surtout au début de la première décennie du XXème siècle. Dans quasi tous les cas, les conférences n'ont pas été relues par Rudolf Steiner. Il s'agit dès lors de redoubler de prudence et d'efforts pour saisir avec sagacité les concepts mentionnés dans celles-ci. Les écrits de Rudolf Steiner sont dès lors des documents plus fiables que les retranscriptions de ses conférences. Toutefois, dans les écrits, des problèmes de traduction peuvent aussi se poser.
Merci de prendre connaissance
d'une IMPORTANTE mise au point ici.

 

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