« Si on veut regarder de manière très simple le rôle d'un cryptogame dans l'environnement, les champignons dans notre environnement sont des dégradeurs. Un champignon qui vient se poser sur une feuille, ça vous donne un signal que la feuille n'est pas en bonne santé.
Le champignon vient juste jouer son rôle de relancer la boucle. Ça repart dans l'environnement pour faire un point de départ. Ce n'est pas très sympa quand on est vigneron et qu'on vient de se prendre une année difficile en termes de cryptogames.
Néanmoins, ça revient à une base fondamentale. Est-ce qu'on peut faire une agriculture où on met le végétal dans un état de bonne santé ? Ou est-ce qu'on passe notre vie à se battre contre des cryptogames sans savoir quel est leur boulot ? ».
« (...) la plante est capable de favoriser les micro-organismes qui l'amènent à se nourrir avec ce dont elle a besoin à deux conditions. Il faut que le sol ne soit pas trop compacté. Il faut qu'il y ait des conditions suffisamment aérobies dans le sol pour que ça marche.
- Un sol compact, ça ne marche plus. La deuxième condition est très intéressante.
- Ça ne peut pas fonctionner quand il y a des excès d'azote. Quand il y a excès d'azote, on bloque cette capacité de la plante à gérer la fertilité de son environnement, à gérer son rapport à la fertilité de son environnement immédiat. L'excès d'azote est une des problématiques généralisées dans l'agriculture actuelle.
On a une logique extrêmement répandue de dire qu'il vaut mieux en mettre plus. Si on veut des rendements maximaux, il faut mettre des intrants en termes de fertilisation au niveau maximal. C'est une logique très répandue. (...) »
Dans cette première conférence (datée du 21 novembre 2024), Vincent Masson spécialiste mondialement reconnu des préparations biodynamiques, explique ici les bases de la biodynamie dans le cadre d'un séminaire de deux jours. L'événement a eu lieu en novembre 2024 dans les locaux du « Biodynamie-Service » à Château (France).
La transcription complète en langue française de cette conférence de Vincent Masson se trouve ici sur cette page du site web biodynwiki
NDLR : Tout à la fin de cet exposé, Vincent Masson commence très brièvement à présenter Rudolf Steiner. Cette présentation sera poursuivie après la pause. Nous ne disposons pas de la vidéo qui présente la suite (après la pause) ici. Par contre, il nous semble opportun, au sujet de la présentation qu’il fait de certains domaines d’application pratique de l’anthroposophie, de partager les réserves suivantes (cliquer sur le bouton ci-dessous).
NDLR : une importante clarification au sujet d'initiatives se réclamant de Rudolf Steiner
|
Quid de l’existence d’un fossé, voire d’une opposition, entre certaines institutions se réclamant de l’anthroposophie et les impulsions originelles données par Rudolf Steiner ?
NDLR : Tout en rejoignant totalement l’enthousiasme de telle ou telle personnalité quant aux réalisations tout simplement « herculéennes » de Rudolf Steiner dans toutes sortes de domaines de la vie, je suis néanmoins nettement moins enthousiaste (c’est un euphémisme) au sujet de diverses institutions qui se sont réclamées de son impulsion, voire de son nom, et qui se sont plus ou moins considérablement éloignées de ceux-ci. C’est le cas, par exemple, de maintes écoles dites « Waldorf-Steiner ». Il existe un écart plus ou moins prononcé, voire un fossé, entre ce qui vit dans certaines institutions et l’impulsion originelle. Dans un certain sens, ceci est inévitable, car aucun d’entre nous ne peut se prévaloir de parvenir à réaliser complètement les idéaux et impulsions dont il est porteur. C’est évidemment impossible. Mais le mal dont il est question ici est plus profond : en réalité, ce sont carrément d’autres impulsions et « idéaux » qui sont poursuivis dans certaines de ces institutions et qui ont pris la place de celles de Rudolf Steiner, quand ce n’est pas carrément une hostilité, qui peut être parfois très vive, qui est cultivée par certains enseignants, membres du personnel, membres de la communauté scolaire, etc. à l’encontre de Rudolf Steiner et de l’anthroposophie. C’est bien sûr totalement leur droit d’être en désaccord avec lui (quoi que le plus souvent il ne s'agit même pas d'un réel désaccord, puisqu'ils ne le connaissent même pas, ni son oeuvre. Il s'agit le plus souvent de grossiers préjugés fondés sur l'ignorance). Mais alors, pourquoi exercent-ils une profession ou une activité dans ces lieux ? Pourquoi travailler ou collaborer avec des institutions qui se réclament de l’impulsion de Rudolf Steiner si on est fondamentalement opposé à son esprit ? C’est alors une forme de mensonge, tant vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis du public et de la communauté, lesquels sont trompés, floués. Cette forme de décadence, de dégénérescence par rapport aux impulsions originelles, qui est donc un éloignement plus ou moins important par rapport à la science de l’esprit et de Rudolf Steiner, voire un rejet de ceux-ci, au sein d’organisations et institutions se réclamant pourtant de son nom, étaient déjà présentes et surtout parfaitement prévisibles du vivant même de Rudolf Steiner. Il en présente la cause principale dans son cycle de conférences « Éveil au contact du Je d’autrui » (GA257) donné en 1923 à un moment de crise extrêmement profonde du mouvement anthroposophique. Cette cause est la suivante : le mouvement et la société anthroposophiques sont en ruines intérieurement, par manque de culture effective de l’anthroposophie elle-même (un manque de travail sur les fondements de l’anthroposophie, pourrait-on dire). La création et le développement de multiples domaines d’activité spécialisés issus originellement de la science de l’esprit, sans que parallèlement ne soit cultivée la science de l’esprit elle-même, doit inévitablement mener à la ruine de ce mouvement[1] (et aux idées si novatrices[2] qu’il impulse). C’est ce que j’ai pu observer d’innombrables fois au cours de plus de trois décennies. Hélas, trop souvent, des personnes se réclamant de l’anthroposophie, même très bien intentionnées, atteignent de tels niveaux d’inconscience et d’incompétence, qu’elles parviennent dans bien des cas à placer à la tête d’institutions nées originellement du travail acharné de personnes qui s’efforçaient de concrétiser l’impulsion de l’anthroposophie dans tel ou tel domaine d’activité (ce qui en soit est toujours extrêmement difficile) des « opposants » de Rudolf Steiner et de l’anthroposophie, ou sinon, dans le meilleur des cas, des personnalités qui ne manifestent aucun intérêt pour celle-ci, ou alors vraiment très peu. Ce fut le cas par le passé chez certains dirigeants de Weleda par exemple (fabricant de produits pharmaceutiques inspirés par l’anthroposophie), ainsi qu’au sein de certaines institutions financières (Triodos ou la NEF – Voir à titre d’exemple ici, l’interview du Président du directoire de la NEF jusqu’en mai 2025 : “La transparence peut aussi être une fragilité”). Je ne connais aucune institution ou organisation dans le monde, relativement jeune, où sont placées à leur tête des personnalités qui n’en partagent pas (au moins à un certain degré) la vision et l’esprit. C’est ahurissant, mais fréquent dans un certain milieu dit anthroposophique, qui semble dans de pareils cas, il faut bien le reconnaître, avoir perdu tout sens le plus élémentaire de la réalité. Ce qui est ironique, c’est que bien souvent ces institutions ou organisations dirigées par des personnalités qui ont perdu, depuis bien longtemps déjà, le lien avec l’anthroposophie, si tant est qu’elles ne l’ont jamais eu, sont ensuite attaquées de manière particulièrement virulente et haineuse pour leurs liens supposés avec l’anthroposophie (par ceux-là même qui n’en connaissent que les fantasmes qu’ils se créent eux-mêmes !) Il faut dire que les adversaires sont les victimes malheureuses d’un conditionnement pavlovien : dès qu’elles voient les mots « anthroposophie » ou « Rudolf Steiner », elles voient rouge et ne sont guère en mesure de maîtriser la haine ou d’autres pulsions instinctives qui s’éveillent brusquement en elles.
Notes[1] Rappelons que les personnes qui ne prennent pas la peine d’étudier sérieusement les bases de la science de l’esprit d’orientation anthroposophique à sa source (c’est-à-dire sans se contenter d’écouter ou de lire ce qu’en disent des personnes éloignées de celle-ci (je pense ici non seulement à toutes sortes d’adversaires, de journalistes, de membres de cliques politiques ou associatives diverses, à la MIVILUDES, à l’UNADFI, etc. mais aussi à toutes sortes de soi-disant « adeptes » de l’anthroposophie), ne sont pas habilitées à se prononcer sur cette anthroposophie dont elles ignorent quasiment tout ou qu’elles ne comprennent tout simplement pas. S’exprimer au sujet d’un auteur qu’on n’a pas soi-même pris la peine d’étudier sérieusement (et dans le cas de Rudolf Steiner c’est toujours vaste et complexe) est toujours une manifestation de malhonnêteté intellectuelle. Il n’y a pas lieu de débattre avec des personnes qui adoptent de tels comportements immoraux, pour qui mentir tend à devenir une habitude. [2] Les idées de Rudolf Steiner sont à ce point novatrices dans toutes sortes de domaines (agriculture, pédagogie, pharmacopée, médecine, économie, question sociale, architecture, etc.) qu’il va de soi que les plus grands obstacles existent quant à leur concrétisation effective. Forcément, il est incontournable de devoir faire de très nombreux compromis avec l’environnement culturel, social et sociétal et donc de devoir renoncer à certaines innovations, sous peine de ne pas exister, tout simplement. De ce point de vue, on ne peut nullement jeter la pierre à des institutions ou à des responsables d’institutions, qui dans les faits sont contraints de s’éloigner plus ou moins des impulsions primordiales. Nous y avons déjà fait allusion plus haut. Il n’existe par contre aucun espoir de pouvoir progresser dans la direction d’impulsions originelles, si même les responsables d’institutions ne les connaissent pas, et ne cherchent même pas à la connaître. |
La vidéo de cette conférence est montée et réalisée par François Hagdorn qui, une fois de plus, accomplit un travail remarquable. François est, entre autres, le créateur du site web https://biodyn.wiki et de la chaine Youtube du même nom https://www.youtube.com/@biodynwiki (plusieurs centaines de vidéos à ce jour). Sur biodyn.wiki, bien que la plupart des vidéos et articles sont en allemand, on y trouve aussi quelques pages et vidéos en langue française.
Autres vidéos de Vincent Masson :
- Un exposé passionnant : Compréhension et pratique du travail avec les préparations biodynamiques au cours des 100 premières années de la biodynamie, et aujourd’hui - Exposés de Vincent Masson - Vidéo
Pour aller plus loin encore via soi-esprit.info :
- Chargement lent (patientez), mais informations essentielles : Dernières publications scientifiques sur biodynamie recherche (des dizaines de publications)
- Mouvement de l'Agriculture Biodynamique - Des dizaines de VIDÉOS
- Synthèse des recherches scientifiques sur l’agriculture biodynamique
- Panoramas des connaissances scientifiques sur l’agriculture biodynamique
- La biodynamie peut-elle contribuer à réduire certaines conséquences délétères des sécheresses ? Tout porterait à penser que oui !
- Impact des pratiques agricoles conventionnelles, biologiques et biodynamiques sur la vie microbienne des sols - Vidéo
- Méta-analyse : impact positif de la biodynamie sur les qualités du sol
Vincent Masson
Succédant à son père, Pierre Masson, le Français Vincent Masson s'est forgé une excellente réputation en tant que fabricant et chercheur de préparations biodynamiques. Vincent a créé avec son père le service de préparations BioDynamie Services, qui s'est fait un nom dans le monde entier en termes de qualité. Outre la production, Vincent investit continuellement dans la recherche et donne des conférences internationales.
Vincent attache une grande importance au fait que les préparations « fonctionnent », c'est-à-dire que ses clients constatent des changements mesurables et visibles, c'est-à-dire une amélioration, immédiatement après la première utilisation, c'est-à-dire après la première ou la deuxième année. Ces changements concernent typiquement l'aspect des racines, mais aussi la friabilité et la capacité d'absorption d'eau du sol.
C'est pourquoi Vincent se concentre sur des processus méthodiques et précis lors de la fabrication des préparations. Pendant des décennies, son père Pierre et lui ont acquis de l'expérience dans le processus de fabrication par des essais et des tests systématiques, et Vincent sait exactement à quoi il faut faire attention pour que, par exemple, le processus de décomposition souhaité se produise dans la préparation de bouse de corne. Le résultat final, lorsque la préparation est réussie, est une substance à l'odeur de terre, qui doit être humide, mais jamais trop sèche ou, au contraire, mouillée.
















