Extrait du cycle de conférences « Die Erkenntnis der Seele und des Geistes »
10ème conférence - Munich 5 décembre 1907
Rudolf Steiner – GA56
Rudolf Steiner Verlag, 1984
« (...) Durant le processus de civilisation, l’être humain est constamment placé dans des contextes différents. S’il en était autrement il n’y aurait pas d’évolution, pas d’histoire de l’humanité. Ce que l’expérimentation nous a permis d’observer[1], chez les animaux, comme effet produit sur le corps physique se manifeste de façon inverse chez l’être humain. Parce qu’il dispose d’un moi, il est capable d’assimiler intérieurement les impressions culturelles qui l’assaillent du dehors. Il est intérieurement actif, il adapte d’abord son corps astral à ces conditions modifiées et le restructure. Au cours de l’évolution l’être humain atteint des stades plus élevés et reçoit sans cesse de nouvelles impressions. Celles-ci s’expriment d’abord par des sentiments et des sensations. Si l’être humain restait passif et inerte, si aucune activité productive ne pouvait plus se manifester, il s’étiolerait et tomberait malade comme c’est le cas pour l’animal. Mais l’être humain se distingue par sa capacité à s’adapter et à modifier progressivement ses corps éthérique et physique à partir du corps astral. L’être humain doit toutefois être intérieurement à la hauteur de cette transformation, faute de quoi aucun équilibre ne pourrait s’établir entre ce qui vient à lui de l’extérieur et ce qui réagit de l’intérieur. Nous serions alors oppressés par les impressions venant de l’extérieur, comme l’animal en cage est oppressé car il ne développe aucune productivité intérieure. L’être humain possède cette activité intérieure. Il doit toujours pouvoir opposer quelque chose aux lumières spirituelles qui l’entourent, leur permettre en quelque sorte d’être vues.
Tout ce qui engendre une dysharmonie entre les impressions extérieures et la vie intérieure est source de maladie. Dans les grandes villes en particulier, nous pouvons voir ce qui se produit lorsque les impressions extérieures augmentent à l’extrême. Quand nous devons nous presser au milieu du vacarme et des gens pressés qui nous passent à côté sans pouvoir nous positionner intérieurement, sans possibilité d’intervenir, cela a des effets malsains. Quand je dis « se positionner » vis-à-vis de ces choses, il ne s’agit nullement de quelque chose de rationnel mais de la possibilité de réagir au niveau du ressenti, dans notre âme et même dans notre corps.
Pour mieux comprendre cela, considérons un type de maladie spécifique de notre époque et qui jadis n’existait pas : une personne qui n’est pas habituée à intégrer beaucoup de choses, qui s’est appauvrie dans son âme, sera submergée d’impressions au point de se trouver face à un monde extérieur devenu incompréhensible. C’est le cas chez certaines natures féminines : la vie intérieure est trop faible, trop peu structurée pour tout assimiler. Ce phénomène, qui se trouve aussi chez des hommes, aboutit aux maladies hystériques. Les maladies hystériques en sont la conséquence. Toutes ces maladies de ce type ont leur origine dans ce qui vient d’être décrit.
Une autre forme de maladie apparaît quand notre vie nous conduit, face à ce qui nous vient du monde extérieur, à trop vouloir comprendre. Cela se manifeste plutôt chez les hommes souffrant de la maladie de causalité. Ils ont la manie de toujours se demander : pourquoi ? pourquoi ? On commence même à entendre parler de l’homme comme d’un « animal de causalité perpétuelle ». Aujourd’hui, les règles de la politesse ne nous permettent plus de répondre aux questions futiles à la manière d’un certain fondateur de religion. Lorsqu’on lui demandait ce que Dieu faisait avant d’avoir créé le monde il disait : « Il taillait des verges pour ceux qui posent des questions inutiles ». C’est exactement l’état opposé de l’hystérique. Nous avons ici une aspiration trop forte et sans trêve pour la résolution d’énigmes. Ce n’est ici qu’une expression pour un état intérieur. Celui qui ne se fatigue jamais de toujours demander « Pourquoi ? » a une autre constitution que les autres êtres humains. Ses fonctions organiques et spirituelles se déroulent autrement que chez quelqu’un qui ne demande « Pourquoi ? » que pour un motif extérieur. Cela conduit à tous les états hypocondriaques, des troubles les plus légers jusqu’aux délires pathologiques les plus lourds. C’est ainsi que le processus de civilisation agit sur l’être humain. L’être humain doit avant tout garder l’esprit ouvert, pour être capable d’assimiler intérieurement ce qui vient à lui du dehors. Nous comprendrons mieux maintenant pourquoi tant d’êtres humains aspirent à se retirer de cette civilisation, à fuir ce genre de vie. Ils ne peuvent plus tenir tête à ce qui les pénètre, ils cherchent à en réchapper. Ce sont toujours des natures faibles qui ne savent pas opposer une vie intérieure puissante aux impressions extérieures.(...) »
[1] Rudolf Steiner expliqua auparavant comment des maladies physiques, symptômes de décadence, apparaissaient chez l’animal en captivité du fait qu’il ne peut s’adapter par lui-même aux modifications des conditions extérieures.
Rudolf Steiner
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