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Site dédié à la Science de l'Esprit de Rudolf Steiner

Questionnements, essais et considérations portant sur divers aspects liés à la science de l'esprit (science initiatique moderne) de Rudolf Steiner

Citation
  • "(...) le mort ne peut faire l'expérience de son entourage spirituel que dans la mesure où il a déjà acquis sur le monde spirituel les pensées qu'un homme peut former sur la terre. Voyez-vous, bien des gens disent de nos jours : qu'avons-nous besoin de nous soucier de la vie après la mort ? Nous pouvons bien attendre d'être morts, et nous verrons bien ce qui se passe. - C'est là une idée tout à fait fausse. On ne voit rien du tout après la mort si l'on ne s'est formé pendant la vie aucune idée du monde spirituel, si on a vécu en matérialiste."
    Christiana (Oslo), 17 mai 1923 - GA226

    Rudolf Steiner
(Temps de lecture: 13 - 26 minutes)

 



Ndlr : Il s’agit de l’article de Christian Lazaridès « Réaction vive à l’ouvrage de Markus Osterrieder, Welt im Umbruch (Nationalitätenfrage, Ordnungspläne und Rudolf Steiners Haltung im Ersten Weltkrieg) [Monde en mutation (Question des nationalités, plans d’ordre mondial, et attitude de Rudolf Steiner lors de la Première guerre mondiale)], Freies Geistesleben, Stuttgart, 2014 » publié notamment sur le présent site.



Courriel de Markus Osterrieder (MO) en réponse 
à la sévère critique de Christian Lazaridès (CL).

(Pour moi (MO), il est intéressant de constater que je fus lourdement attaqué en 2007, lors de ma thèse de doctorat sur la Pologne - Lituanie au 16ème siècle, par un professeur d'histoire de l'Université (très catholique) de Passau, parce que j'y avais longuement discuté la corruption de la pensée politique en Pologne après 1570, sous l'influence des membres de la Société de Jésus.) 

Peut-être faut-il consulter ma page personnelle pour avoir une impression sur quels sujets j'avais déjà travaillé. 

http://www.celtoslavica.de/bibliothek.html 

Et surtout: 

http://www.celtoslavica.de/bibliothek/pdf/Osterrieder_2005_Verschweigen%20des%20Geistes.pdf

Ce livre n'est pas écrit pour un cercle d'Anthroposophes hard-core [noyau-dur, ndt, mais pour un public général qui ne connaît rien de l'anthroposophie et qui a entendu parler de Steiner seulement en tant que «raciste», «nationaliste allemand» et «théoricien de conspiration». Tout cela est très virulent en Allemagne. 

p.11 (de l'ouvrage en question de Markus Osterrieder) 

Le présent travail ne peut pas élaborer à fond toutes les questions qui dépendent du sujet de la Guerre mondiale et qui furent reprises et commentées, mais délivrer, au contraire seulement, une contribution ... Deux problèmes sont censés être ici particulièrement débattus : le problème irrésolu des nationalités en Europe du Centre, qui devait devenir le problème central du commandement allié de la Guerre et avec lequel Rudolf Steiner, depuis sa jeunesse, était familier au sein de la monarchie habsbourgeoise. Et enfin, les représentations d'ordonnancement qui déclenchèrent en partie la guerre ou bien résultèrent seulement durant la Guerre mondiale : comment l'avenir immédiat - pas seulement celui de l'humanité européenne - devrait-il donc être configuré ? 

MO: Dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne), « » est utilisé pour des citations directes, et non pas pour faire de l'ironie. 

MO: Dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne),< > est utilisé pour faire de l'ironie ou se distancier. 

MO: L'emploi du discours indirect pour rendre les pensées des autres (pas seulement celles de Rudolf Steiner) est l'usage normal dans les travaux scientifiques en Allemagne. 

Le discours indirect ne correspond pas au subjonctif français, et n'est pas non plus un conditionnel. En allemand, on n'a pas besoin de construire une phrase avec « il dit que », » et sagt, daß « lorsqu'on emploie le discours indirect. 

Chistiain Lazaridès (C.L.) dit: « On ne comprend rien à la Maçonnerie si l'on ne prend pas en compte le Jésuitisme occulte dès les commencements mêmes de cette maçonnerie, puis dans une action conjuguée permanente entre loges et jésuitisme depuis la fin du XVlllème siècle et jusqu'à nos jours; ce sont, au bas mot, deux siècles d'une histoire commune de tous les instants.» 

Markus Osterrieder : Alors que dans le chapitre 4, je démarre immédiatement avec la polarité des courants «maçonniques» et «jésuite» : 

p.269 : La maçonnerie hanovrienne fut fondée en 1717, en Angleterre, aussi avec l'objectif de s'opposer à la « conjuration » des Maçons loyaux aux Stuart sur un rappel à l'ordre concernant leurs liaisons jésuites-catholiques au moyen d'un système maçonnique distinctif «éclairé» et moderne». 

p.272

L'interaction croissante, surgissant à l'occasion dialectiquement, voire même en symbiose, entre des ordres « de droite » et « de gauche », fraternités et loges - par exemple, entre Jésuites et Illuminatis, et Maçons Écossais et -Whig- fut perçue dès 1800 par des contemporains et désignée par l'expression : les extrêmes se touchent. 

Note 672, p.273 : 

Dans une note, qui est censée remontée à une conversation entre Ludwig Polzer Hoditz et Rudolf Steiner, mais dont l'origine et la genèse demeurent contestées[1], Steiner doit avoir rendu attentif au fait que Francs-maçons et Jésuites, « dans leurs organisations de tête», s'étaient retrouvés pour fonder une coalition forcée contre Napoléon. Cité d'après Meyer: 

Ludwig Polzer Hoditz; p.670. Les événements d'alors en Russie, ainsi qu'en Pologne sous occupation russe, pourraient livrer une clef réelle du fin mot de cette note (voir parmi pp.497 et suiv. les expositions au sujet d'Adam Czartoryski). 

Note 689, p.280: Rudolf Steiner a attiré l'attention sur l'importance de la Belgique, en tant que lieu d'association des cercles « de droite» et« de gauche», en l'année 1916: « Pensez donc un peu à ce qu'on peut opérer, lorsqu'on dispose d'un tel appareil ! D'une manière particulièrement efficace, par exemple, on a provoqué avec un tel appareil, la mise en mouvement synchrone des Jésuites et Francs-maçons, sans qu'on en sût quelque chose ni du côté des Jésuites, ni du côté des Francs-maçons, dans un certain pays, qui en effet se situe au Nord-Ouest de l'Europe, entre la Hollande et la France. Des effets particulièrement forts en ressortirent dans ces circonstances - non pas ces tout dernier lieu, mais pour longtemps -, lesquels servirent aussi bien l'un des courants que l'autre et qui même pouvaient provoquer toutes sortes de choses.» Berlin, 4 avril 1916, GA 167, p.104. 

Quand on suit ce que j'écris de la Synarchie dans tout le texte (Saint Yves, Papus, Barlet, etc.), il devient évident pour chacun, qui sait penser un peu, que la Synarchie avait un arrière-fond catholique, voire jésuite (et non point maçonnique au sens strict). Quelques extraits : 

p.345 : ... elle aidait Saint-Yves à son ascension sociale, le détacha de son activité jusqu'alors en tant que fonctionnaire auxiliaire du ministère français de l'intérieur et lui procura en 1880, depuis Rome, avec la bénédiction papale, le rang d'anoblissement d'un Marquis 

d' Alveydre. 

p.351 : ... exactement à l'inverse de Steiner, Saint Yves attribue à la vie économique l'élément de la liberté et à la vie de l'esprit, celui de la fraternité. D'une manière conséquente, les trois domaines chez Saint-Yves ne sont pas totalement au même niveau de droit, mais il existe bien plus au contraire une sorte de hiérarchisation: «l'enseignement», à l'inclusion de la théorie du droit et de l'économie, incorpore la justice, l'autorité ou le pouvoir total, l'exécutif avec inclusion de l'armée et de la police, la diplomatie et les finances, le « pouvoir extérieur» ou« pouvoir». Précisément parce que la vie spirituelle ne repose plus sur la liberté (comme chez Steiner), mais sur la fraternité, on utilise la formulation d'une croyance générale». C'est pourquoi, dans la représentation de Saint-Yves, le temple synarchique de couronne l'autorité spirituelle- laquelle est représentée, dans le cas idéal, par celle du pape à Rome en tant que souverain pontife (« le Ponti-fex le plus haut»), en tant que Père cosmogonique des frères humains, s'il peut ensuite se défaire donc de sa revendication sur le pouvoir temporel [du monde, ndt] pleinement et définitivement:« Ainsi la Synarchie peut s'accomplir pleinement ex cathedra sous la protection du pontificat le plus élevé, de nouveau accessible à tous les Judéo-Chrétiens sans exclusion de cultes, d'universités ou de peuples. » 876

[voir le courriel de M.O. à l'endroit où il cite la référence en français, ndt] 

Dans tout cela il n'est pas étonnant que les idées de Saint-Yves renferment des éléments de la doctrine sociale de l'Église romaine et avant tout de Joseph de Maistre. Ce n'est pas pour rien que Saint-Yves reçut, à la requête de son épouse polonaise au Vatican, en 1880, un titre romain et fut autorisé dès lors à se nommer Marquis. 

p.382 : À la tête du nouvel ordre social ainsi créé, avec l'aide de la Synarchie, était censé se trouver le Souverain pontife à Rome, auquel Saint-Yves consacra quatre ouvrages traitant de ses missions synarchiques :947 Le biographe de Saint-Yves, Jean Saunier, pria en vain les Archives du Vatican de lui donner des informations, quant à savoir si le titre romain de Marquis, qu'acquit Saint- Yves en 1880, grâce à l'intercession de son épouse Marie- Victoire, avait été accordé par le Saint Siège. Cette information lui fut plusieurs fois poliment refusée, jusqu'à la dernière fois, en 1978, où il reçut cette note explicative: « ... Je vous informe que les documents que vous désirez sont situés dans la période postérieure à 1878 ( élection de Léon XIII) qui est close dans nos archives. Ces documents sont par conséquent inaccessibles. » Saunier : Saint Yves d'Alveydre ou une synarchie sans énigme, p.139. « Ainsi la Synarchie peut s'accomplir pleinement ex cathedra sous la protection du pontificat le plus élevé, de nouveau accessible à tous les Judéo-Chrétiens sans exclusion de cultes, d'universités ou de peuples. Cette organisation supranationale est la possible clef de voûte de l'ensemble de l'État social européen» - Saint-Yves d' Alveydre: Mission de l'Inde, p.161. 

p.383: Il devint évident en cela que Saint-Yves voyait le rapprochement franco-anglo-russe comme une pierre de fondation du règne de Dieu, sous la forme de la Synarchie (le Règne de Dieu, sa loi sociale, la Synarchie). Saint Paul, l'Apôtre de la liberté, y est alors le guide spirituel de l'Angleterre ; Saint Jean, en tant qu'Apôtre de la fraternité, celui de la Russie, et Saint Pierre, Apôtre de l'égalité devant la loi sociale évangélique, celui de la France et du reste des pays latins (à savoir à l'inclusion du Vatican). Tous trois étant en effet « très unis au Ciel» voudraient sans doute que leur fidèles ne s'exécrassent pas mutuellement sur la Terre, et que le Turc, cimeterre au clair, n'eût plus à leur prêcher la paix sociale, à Jérusalem même, près du Tombeau de Jésus. - cité d'après Saunier: Saint Yves d'Alveydre ou une synarchie sans énigme, p.371 et suiv. 

p.397: De fait, Juliette Adam pouvait espérer en ces années-là, même du côté du Vatican, sur un soutien bienveillant pour la mise en place de ces objectifs politiques. Le Pape Léon XIII (1810-1903), en fonction à partir de 1878) n'était pas seulement l'instigateur de la première encyclique sociale détaillée de l'Église catholique-romaine, Rerum Novarum (15 mai 1891), dans laquelle il avait proposé de lutter contre l'élargissement du socialisme et du communisme par des institutions d'assistance ouvrière, ce qui lui amena la réputation de « Pape ouvrier ». L'engagement politique de Léon XIII se révéla aussi dans sa profonde conviction de la nécessité du « pouvoir temporel » du Pape, par exemple, sous forme des États d’Église [pontificaux, ndt]. Il prit un grand nombre de mesures, pour renforcer l'influence du Vatican dans les relations internationales. Son dessein particulier faisait valoir en ceci le combat contre l'individualisme, la libéralisation et la sécularisation (condamnation des hérésies de « l'américanisme» dans l'encyclique Testem benevolentiae 1899), la résistance contre les mesures anti-catholiques dans l'empire allemand sous Bismarck, ainsi que la réconciliation avec la Russie. Dans ce but le Vatican agit comme un troisième élément renforcé, à partir du début de l'année 1888, dans les relations bilatérales franco-russes, avec l'objectif principal de restaurer le pouvoir temporel du pape perdu au cours du Risorgimento. Pour cela, le Vatican était même prêt à reconnaître la République française et à laisser tomber le mouvement national polonais dans la Pologne russe. Déjà pendant la canonisation des évangélisateurs des Slaves, Cyrille et Méthode, en l'an 1881, il devint évident que le Pape faisait reposer tout le poids de son activité sur les peuples slaves de l'Est et du Sud et saluerait un rapprochement diplomatique entre la France et la Russie, et tout particulièrement aussi parce qu'il en espérait un freinage sur les forces radicales laïques en France990. Comme le déclara le cardinal secrétaire d'État Mariano Rampolla, qui exerçait l'influence déterminante sur la politique extérieure de l'Église catholique, sous la pression du « combat culturel » dans l'Empire allemand, en juillet 1898, l'Église comptait sur un « épouvantable combat de races», le « combat entre la race slave et celle germanique», à l'occasion de quoi la race« slave» pourrait s'allier à la« race latine», pour, par exemple, contrarier la subordination de l'Autriche catholique sous l'Allemagne gouvernée par le protestantisme. Voir à ce propos La diplomatie du Vatican à l'époque de l'impérialisme, pp.60 et suiv. Au Vatican on espérait même une entrée de la monarchie habsbourgeoise dans l'alliance russo-française. Winter: La Russie et les peuples slaves dans la diplomatie du Vatican, pp.106 et suiv. ; Winter: La Russie et la papauté, Vol. II, pp.426-430. 

p.386: Le voisin de Juliette Adam à Gif-sur-Yvette dans la vallée de Chevreuse, cultivait lui aussi des contacts correspondants. Pëtr I. Raëkovski, chef de la police secrète russe à Paris, était marié à une catholique et s'intéressait non seulement vivement aux relations du Vatican d'avec la France et la Russie, mais encore les désirait aussi, en plus, au moyen du rapprochement entre le Saint Siège et la couronne tsariste. Aux yeux de Raëkovski, le Pape Léon XIII était tout bonnement un génie. Raëkovski fréquentait particulièrement amicalement le jésuite monseigneur Charmettant (Chancelier de l'Université de Beyrouth 1895-1923) et le père Burtain, l'ami personnel du cardinal Rampolla, alors secrétaire du Pape, qui recevait le plus souvent Raëkovski et Burtain dans sa villa de Saint Cloud. En 1901, finalement Raëkovski voyagea à Rome en mission secrète et fut reçu en audience privé par la Pape Léon XIII. Il en résulta le vœux papal de désigner un représentant permanent accrédité à la cour du Tsar. Rollin: L'Apocalypse de notre temps, pp.449 et suiv. 

p.178, note 421 : Du côté catholique on essaya d'inverser l'orientation de cette aspiration. En octobre 1855, les Jésuites de la province française reçurent la mission du Pape de travailler, au moyen de la fondation d'une institution dénommée L'Œuvre des Saints Cyrille et Méthode, à l'union des peuples slaves orthodoxes avec Rome. Le Jésuite russe Ivan Martynov défendait la vision: « Nous [ ... ] sommes convaincus, que sans le rite slave, il est impossible dans notre époque d'attraper les Slaves.» Lettre du 19 septembre 1856; cité d'après Eduard Winter: La Russie et les peuples slaves dans la diplomatie du Vatican 1878-1903. Berlin-Est 1950, p.21 ; Edward Winter: La Russie et la papauté, Berlin-Est 1961, Vol. II, pp.296 et suiv. Quelques années auparavant le prêtre catholique Frantisek Susil, fondateur de la fraternité morave Bratrstvo sv. Cyrilla a Methoda, écrivit à Martynov vers Paris : « Tout catholique et en particulier tout catholique slave, voit avec grand plaisir et de grands espoirs le cercle qui est en train de prendre naissance à Paris, dont l'objectif est d'unir la Russie avec Rome et de procurer ainsi une entrée à l'unité ecclésiale, qui fut amenée par nos saints Apôtres Cyrille et Méthode. » Lettre du 19 septembre 1856 ; citée d'après Winter, La Russie et la Papauté, vol. II, pp.361 et suiv. 

p.375: Après que le catholique Duc de Norfolk, Sir Henry Fitzalan-Howard (1847-1917, en 1887, en tant que ministre plénipotentiaire, négocia avec le Pape Léon XIII et l'eut informé928 à l'occasion aussi, sur la manière de voir du cercle restreint autour d'Edouard VII et de Lord Salisbury quant à l'opposition britannique et allemande, le journaliste anglais et occultiste William Thomas Stead rédigea, en octobre et novembre 1889, dans la Pail Mali Gazette les« Lettres du Vatican», qui parut ensuite en livre sous le titre Le Pape et la nouvelle ère. 

p.506: Cela était encore le cas, lorsqu'en 1802, en tant qu'ambassadeur de la Sardaigne et du Piémont, il arriva à Saint-Pétersbourg, où il séjourna jusqu'en 1816 et marqua d'une manière décisive la vie intellectuelle de la ville. Les idées de De Maistre, emballées dans la mystique de la stricte observance du temple, contribuèrent essentiellement à la naissance de la Sainte Alliance de septembre 1815, pour laquelle s'était enthousiasmé le Tsar Alexandre 1er1295 Dans son ouvrage Quatre chapitres sur la Russie (1811) de Maistre faisait, entre autre, étalage du servage dans l'empire tsariste et recommandait au Tsar pour le bien du pays une union de l'Orthodoxie autochtone au Catholicisme occidental. 1296 Il profita à l'occasion du fait qu'à cette époque l'ordre Jésuite dans les provinces occidentales (à l'époque polono-lituaniennes) y avait fortement gagné du terrain. Car après que la Societas Jesu, fut officiellement dissoute le 21 juillet 1773 par le Pape Clément XIV, la tsarine Catherine II la Grande, la prit sous sa protection. Le nombre des frères en Russie crût de 280 en 1805 à 358 membres en 1820 (l'année de leur expulsion de l'empire tsariste. Depuis l'exemption Catholicaefidei du 7 mars 1801, il possédait un statut légal en Russie. Pavel 1er leur avait accordé la création d'un pensionnat scolaire et d'étudiants dans la capitale.1297 De Maistre entretenait un contact étroit avec les Jésuites, que fréquentaient des nobles comme les comtesses V. N. Golovina et A.P. Golicyna ou le comte A.K. Razumovski. 

p.507 : Pendant la guerre mondiale, Rudolf Steiner rendit attentif, dans une conférence publique à Berlin en 1915, au philosophe Vladimir Soloviev, parce que celui-ci avait perçu à jour, le premier, la manière dont des courants se combattaient officiellement dans la vie intellectuelle en Russie, depuis 1820, d'une part celui des « occidentalistes » (zapadniki), à la suite de Pëtr Ja. Caadaev (1794-1856)1302 et les courants slavophiles, d'autre part, jusqu'aux panslavisme xénophobe après 1870, comme des oppositions polaires, provenant d'une racine intellectuelle commune, en réalité complémentaires dans leur action, qui avait été implantée par Joseph de Maistre dans l'empire tsariste. 

p.514: Au même moment, Czartoryski se réconcilia avec l'Église catholique, ce en quoi il fut soutenu par le comte Charles de Montalembert, un préconisateur de la monarchie constitutionnelle, du catholicisme libéral ainsi que du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Czartoryski voulut gagner le Pape, en 1831/32, au combat des Polonais pour leur liberté et obtenir un soutien des Catholiques polonais. En 1837, le comte Montalembert introduisit une personne de confiance, Wladislaw Zamoyski au Vatican, lequel devait mener les entretiens avec le Pape. Czartoryski avait une vague idée d'union d'une confédération balkanique à venir avec l'Église, avant tout en direction de la Bulgarie afin de durablement soustraire la région à l'influence de la Russie. Cela contribua au rapprochement de Czartoryski du Vatican. Dès 1844, il existait une délégation polonaise permanente à Rome, dont les émissaires agissaient tous au nom de Czartoryski. Leur représentant principal fut jusqu'en 1848, Ludwik Orpiszewski, que le Pape (et francmaçon1322) Pie IX, reçut comme un « agent tacitement reconnu ».1323 Orpiszewski et Zamoyski entretenaient en outre une amitié avec le comte Luigi Mastai-Ferretti, le neveu du Pape Pie IX.1324 

Giovanni Maria Mastai-Ferretti (1792-1878), en tant que Pape Pie IX - de 1846 à sa mort (le pontificat historiquement prouvé le plus long dans l'histoire de l'Église catholique romaine) - annonciateur de l'immaculée conception (1854/64) et de l'infaillibilité papale (1869/70), initié dans la loge Eterna Catena à Palerme le 15 août 1839, et exclut le 27 mars 1873, sur la base de sa politique ecclésiale du Grand Orient de Palerme. Dudley Wright : Roman Catholicism and Freemasonry. Londres 1922, pp.172-175; voir aussi Ars Quatuor Coronatorum 29 (1913), pp.218 et suiv. 

Etc. etc. etc. 

pp.915/16: Lionel Curtis base son idée du Commonwealth sur Saint Augustin: 

Curtis devait critiquer, dans les années 30, les Chrétiens primitifs, parce qu'ils projetaient le Royaume de Dieu sur l'en-deçà, étant donné que l'empire romain correspondait si peu à leurs attentes. Cela mena à une « mythologisation » de la public carrer de Jésus (histoires miraculeuses, résurrection) et à une « paganisation » (le sacrifice sanguin de la Cène). Cela étant, enfin, dans le Commonwealth d'expression anglophone, la politique devenue un sermon sur la montagne, selon Curtis, l'idée archétype de Jésus de la communauté humaine idéale réalisée complètement au plan terrestre. Les bons y seraient séparés des mauvais avec l'aide de la « survival of the fittest [ ... ] in the sphere of human institutions [la survie des plus adaptés[ ... ] dans la sphère des institutions humaines, ndt]: « Le royaume de Dieu est un système définitif de société, qui est à réaliser sur Terre. Lui [Jésus] n'affirma pas l'avoir créée ou bien découverte. » Jésus ne fut rien de plus que l' enseignant du royaume de Dieu. 

Steiner caractérisa en 1918 une telle manière de voir déiste de Jésus l'Enseignant, comme caractéristique pour l'état d'esprit des« gens des loges»,« où un certain caractère pour cela était originellement existant, de former des sociétés, de développer l'organisation dans les sociétés. L'organisation n'a, à la fin des fins, qu'une seule valeur, lorsqu'elle est réalisée par un moyen spirituel, sans que les autres la remarque [ ... ]». À partir du «jésuistisme » [citation de Steiner!] de l'Église romaine provient par contre [chez l'anglais Curtis !] l'inclination, d'amener le royaume de Dieu sur Terre et de faire de Jésus Christ un roi du monde de l'en-deçà. Il contrastait en cela avec l'intuition immédiate qui se rattachait au personnage du philosophe russe Vladimir Soloviev (1853-1900). Chez elle [l'intuition immédiate de Soloviev, ndt] Christ vivait en tant que Roi intérieur invisible de la communauté sociale humaine. 

De fait Soloviev combattait déjà, dans les années 90 du 19ème siècle, la matérialisation de l'idée du royaume divin, en tant qu'expression symptomatique de cette énergie qu'il appelait «Antéchrist». Il opposait en même temps (en 1888) à cette English speaking idea, la Ruskaïa idaïa, « l'idée russe ».

C.L. pense que je mets « jésuitisme » entre guillemets pour dissimuler « le fait que le jésuitisme occulte est fortement apparenté aux courants occultes anglo-saxons. » 

Mais il ne voit pas que c'est un des deux éléments de la doctrine de Curtis! 

« Le mot « jésuitisme » est mis entre guillemets, comme pour lui donner un sens figuré abstrait, général, anodin, comme pour se distancier». 

Eh bien non! Encore une fois: dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne), « » est utilisé pour des citations directes, et non pas pour faire de l'ironie. 

Dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne), <> est utilisé pour ironiser ou se distancier. 

Steiner est donc cité et non pas « ironisé » ! 

« Une phrase au subjonctif [stamme (rendu par un conditionnel en français): viendrait)] ... M.O. relativise, donc, ironise » 

Encore une fois : l'emploi du style indirect pour rendre les pensées des autres (et pas seulement celles de Rudolf Steiner) est d'usage normal dans les travaux scientifiques en Allemagne. 

Le discours indirect ne correspond point au subjonctif français, et ce n'est pas un conditionnel non plus. En allemand, on n'a pas besoin de construire une phrase avec « il dit que», « er sagt, daß » 

« lorsqu'on emploie le style indirect. 

C.L., à propos de la note 3885: la caractérisation (Kennzeichnung= identification, marquage) de Steiner n'est pas totalement aberrante. » Quelle générosité dans la première phrase ! « Pas totalement aberrante», la caractérisation par Steiner (dont d'ailleurs M.O. ne précise même pas explicitement la nature : il s'agit de l'emploi par Steiner du mot « jésuite » précisément répété deux fois). 

Eh oui, comme la note 3885 suit précisément le mot « jesuistischen », il est clair (au moins pour un lecteur allemand) de quoi il s'agit... 

En fait [toujours C.L., ndt], M.O. confirme sa position de protecteur du jésuitisme: on peut sauver à la limite, dans la citation de Steiner, le fait qu'il voudrait parler aussi d'une certaine tendance d'un certain catholicisme, mais l'emploi par Steiner du mot jésuite est bien sût abusif, aberrant. 

Ce n'est là que l'interprétation d'une imagination lourde [moi, je dirais carrément grossière ! ndt D.K.]. Je ne sais pas combien [dans quelle ampleur, ndt] C.L. s'est familiarisé avec la très obscure genèse du « protocole »". Moi, je sais de quoi je parle : 

Markus Osterrieder : Synarchie et domination du monde : Le protocole des Sages de Sion dans le contexte de la politique d'alliance et le fond occulte, 1880-1912. Dans: « Le protocole des Sages de Sion », Structure textuelle et sources de la fiction de la conjuration juive mondiale, éditeurs Michael Hagemeister, Eva Horn. Gëttingen : Wallstein Verlag, 2012, pp.103-128. 

Conférence au Congrés international: « Le protocole des Sages de Sion », Structure textuelle et sources de la fiction de la conjuration juive mondiale. » Université de Bâle, 11-12 avril 2008. 

Si C.L. a des preuves absolues et documentés sur l'origine, qu'il me les fasse parvenir ! Je rédigerais mon texte de suite ! Ce serait sensationnel dans la recherche ! Pour les lecteurs non-anthroposophes, auxquels ce livre est avant tout destiné, la seule constatation de Steiner ne suffit malheureusement pas ![2]

C'est-à-dire que pour expliquer devant un public non-anthroposophe pourquoi Steiner parle de «jesuitische », et que ce «n'est pas une folie en plus» (et Steiner a déjà été attaqué pour cela, à savoir que ce n'est pas fondé etc.), il faut dans ce genre de texte être prudent dans la mesure où l'on dit au lecteur qu'il y a un fondement historique que l'on peut démontrer. Mais comme il n'y a pas de source [fiables, ndt] à 100%, il faut protéger Steiner. 

« jesuitisch » [Mis entre guillemets par M. O.] 

Encore une fois : dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne), «» est utilisé pour des citations directes, et non pas pour faire de l'ironie. 

Dans tout le texte (comme c'est l'usage dans les travaux scientifiques en Allemagne), <> est utilisé pour ironiser ou se distancier. 

Steiner est donc cité et non pas « ironisé » ! 

C.L. : Ce dernier veut tirer le sens du mot « jesuitische » vers le « jésuitique » français : 

On ne peut pas faire cela en allemand; «jesuistisch » est «jesuitische ». Sinon je devrais écrire « jesuitistisch » ou « jesuitiesierend » ou quoi ??? 

L'allemand ne rend pas cette phraséologie vide, mais sophistiquée, qui est bien typique pour le français...[3]

 

[1] Il faut mentionner cela, parce qu'il a un fort désaccord parmi les anthroposophes en Allemagne. Personnellement, je tiens ces conversations pour authentiques. M.O.

[2] Je tiens ici à confirmer et corroborer absolument cette remarque de Markus Osterrieder à propos de l'impact de Steiner, tout seul, dans les milieux scientifiques « conventionnels généraux » : il va de soi qu'un chercheur « normal » cite ses sources et ne s'avance jamais seul sur le chemin de la découverte de la vérité ou des vérités. Il se doit de discuter avec d'autres, qui la ou les lui confirment, preuves à l'appui ou la ou les invalident, c'est ce qu'on appelle la démarche scientifique, la seule qui permette actuellement de progresser en science..., à moins d'avoir la vision et l'interprétation spirituelle de Steiner. 

Les Posophes d'aujourd'hui, qui sont habitués à« poser» les assertions de Steiner, le font« en son seul nom fréquemment» et sans souvent s'assurer eux-mêmes, en tant que « scientifiques potentiels » s'il existe ou pas de fortes présomptions étayées de recherches scientifiques qui vont à l'encontre totalement de ce que dit Steiner [un exemple, ce qui est dit dans le cours aux agriculteurs au sujet des mutations d'éléments chimiques simples Calcium et Azote et autres, or les énergies nucléaires du noyau ne sont pas spontanément remaniables en tant que telles car elles sont fortes matériellement pour être « remaniées » par un enzyme au sens biochimique du terme, qui en abaisserait l'énergie fondamentale: il suffit de voir une explosion atomique pour s'en convaincre.] Note de Daniel Kmiecik [docteur d'État, es-sciences biologiques, mention biochimie, en retraite] 

[3] Et qui aboutit à ce qu'on se dispute si facilement en Posophie française au point d'en oublier de publier des recherches plus avancées et de faire connaître au public français des choses plus intéressantes de l'avancée de la recherche anthroposophique en Allemagne. Heureusement il y a Internet! Note de Daniel Kmiecik.

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