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AUX SOURCES DE LA BIODYNAMIE
Étude du Cours aux Agriculteurs de Rudolf Steiner
Partie 1

 

Publié dans le numéro 109 de la revue Biodynamis, avec l'aimable autorisation de l'auteur et de la revue

 

L’auteur propose dans un cycle de textes sa vision et ses éclairages sur différentes parties du Cours. Sa méthode exclut les interprétations pour s’attacher méthodiquement au texte. L’approche d’Alain Morau précise ci-après le concept d’individualité agricole, les trois règnes de la Nature, thèmes abordés dans la deuxième conférence du Cours.

 

Introduction

Le 20 juin 1924, quatre jours après avoir clôturé sa série de conférences sur l’agriculture à Koberwitz, Rudolf Steiner est de retour au Goetheanum. Il donne alors un compte-rendu de son voyage, se réjouissant des auspices favorables pour que les nouvelles impulsions agricoles apportées portent des fruits[1]. L’avenir lui donnera raison : près de cent ans plus tard, l’agriculture biodynamique est en effet une des branches de l’anthroposophie qui s’est le mieux implantée.

Cependant il tire aussi les leçons des échecs de plusieurs initiatives anthroposophiques antérieures. Ainsi, lorsque le spirituel est saisi comme « une sorte de théorie » ou une « sorte […] de croyance dans les mots, pas même dans les idées[2] », il reste étranger à la vie pratique immédiate. À l’opposé, la vie pratique peut aussi se développer en dehors de toute impulsion spirituelle : c’est la routine, la répétition machinale d’un travail. Rudolf Steiner clôt alors son compte-rendu en indiquant simplement : « Mais ce qui vient du spirituel cesse d’être hors de la pratique lorsque, justement, il vient réellement du spirituel.[3] » Il semble ainsi pointer du doigt l’enseignement qu’il a donné aux agriculteurs. Le succès de son Cours dépend en effet de la façon dont il est abordé. Son enseignement ne doit pas rester une croyance ou une théorie, mais, pour devenir vraie source de spiritualité, il faut en suivre le chemin spirituel sous-jacent. C’est alors qu’on en saisit les racines venant « réellement du spirituel ».

Dans l’article présent et d’autres à venir, l’intention de l’auteur est de présenter certains éclaircissements sur les idées directrices du Cours aux agriculteurs. Ainsi sera recherchée la rationalité inhérente du Cours, à laquelle Rudolf Steiner fait plusieurs fois référence.

Le Cours doit en effet s’expliquer avant tout par lui-même. Pour chercher cette cohérence propre, le texte sera donc étudié fidèlement et minutieusement en suivant l’enchaînement des idées et sa méthodologie. Dans cet exercice, les interprétations du texte seront évitées. En effet, il s’agit ici de suivre de l’intérieur le fil de la pensée de Rudolf Steiner, non de la commenter de l’extérieur.

C’est donc avec cet objectif que la deuxième conférence sera d’abord étudiée[4].

 

Présentation du concept d’ « individualité agricole »

Les deux premières phrases de cette conférence exposent le plan général du Cours en deux parties : d’abord une présentation des « conditions nécessaires » à l’agriculture, puis des conséquences pratiques qui en découlent[5]. Rudolf Steiner entre ensuite dans le vif du sujet en présentant son concept fondamental, l’individualité agricole refermée sur elle-même :

Une ferme remplit véritablement son essence au meilleur sens du mot, lorsqu’elle peut être conçue comme une sorte d’individualité en soi, une individualité qui se suffise vraiment à elle-même. […] Cela signifie qu’on devrait créer la possibilité de disposer au sein du même domaine agricole de tout ce qui est nécessaire à la production agricole.[6]

Ayant posé cette pensée fondamentale, il pose lui-même une question concrète qui en découle :

« [Pourquoi] ne revient-il pas au même de prendre le fumier de vache du voisin ou celui de sa propre ferme ?[7] » Pour répondre à cette question, « On doit bien avoir un concept relatif à la nécessaire autonomie », ajoute-t-il. Le développement de ce concept sera l’objet de la suite de cette conférence.

Cependant, Rudolf Steiner explique d’abord que la pensée abstraite ne peut pas entrer dans les « réalités » sous-jacentes à l’agriculture. Le concept recherché ne pourra donc pas être développé par cette voie-là. De quelle forme de pensée s’agit-il alors ? Qu’entend Rudolf Steiner par « avoir un concept » ? Poursuivons le fil de cette conférence pour tenter de répondre à ces questions essentielles.

Rudolf Steiner commence par une « observation » en prenant le sol comme point de départ. Il précise ainsi que le sol doit être considéré comme vivant, qu’il y a une réelle continuité entre le sol et les plantes. Il poursuit ensuite sa pensée :

Le sol est un véritable organe, un organe que nous pouvons comparer à peu près, si nous voulons, avec le diaphragme de l’être humain.[8]

Il élargit ensuite cette pensée à d’autres organes :

La tête de l’individualité considérée est alors sous le sol, et nous vivons, ainsi que tous les animaux, dans le ventre de cette individualité.[9]

Au sol s’ajoutent ainsi les profondeurs géologiques et l’atmosphère comme organes de l’individualité agricole. Celle-ci est appréhendée comme un organisme[10]. Qu’est-ce qui justifie cependant cette comparaison avec un organisme humain renversé ? La réponse est courte :

Tout ce qui se trouve au voisinage immédiat de la terre : air, vapeur d’eau, chaleur aussi, tout ce qui constitue notre milieu ambiant où nous-mêmes nous respirons, tout ce qui est l’origine de cette chaleur extérieure: cet air extérieur, cette eau extérieure que les plantes et nous-mêmes recevons, tout cela correspond effectivement à ce qui, chez l’être humain, est le ventre. Par contre, tout ce qui se passe à l’intérieur de la Terre, sous la surface du sol, agit sur l’ensemble de la croissance des plantes comme notre tête agit sur notre organisme, notamment pendant l’enfance, mais aussi toute notre vie durant.[11]

 

Cette explication brève, mais essentielle, nécessite d’être approfondie en nous écartant momentanément du texte. La première partie concerne le « Ventre », donc l’espace au-dessus du sol. Il faut noter l’insistance de Rudolf Steiner sur l’adjectif « extérieur ». Il porte donc le regard sur l’absorption du monde extérieur vers l’intérieur d’un organisme. Dans les plantes, cette assimilation (chaleur, air, eau, lumière) se produit avant tout dans la partie aérienne, notamment au niveau des feuilles (photosynthèse). La substance des plantes provient en effet essentiellement de l’air et non du sol. Chez l’être humain, ces processus d’assimilation correspondent aux processus de la digestion. La feuille d’une plante et un intestin sont donc comparables sur un plan physiologique : une plante est ainsi un intestin qu’on a retourné vers l’extérieur comme on retourne un gant. Cette équivalence se traduit dans une correspondance morphologique : il est en effet saisissant d’observer comment les feuilles et les intestins avec leurs villosités sont caractérisés par des surfaces très importantes.

Qu’en est-il de la « Tête », c’est-à-dire l’espace au-dessous du sol ? Que signifie notamment la référence à l’enfance ? Référons-nous cette fois-ci au cours aux médecins de Rudolf Steiner :

En réalité, l’enfant « pense » plus que l’adulte. Cela paraît étrange, mais c’est pourtant vrai. Certes les pensées de l’enfant ne sont pas conscientes, mais elles entrent dans son organisme et se manifestent dans ses formes et sa croissance. L’activité de la pensée est très fortement utilisée dans les forces formatrices du corps vivant, particulièrement dans les premières années de vie.[12]

La tête de l’enfant « pense » donc les forces formatrices de son propre corps. Lorsque sa croissance est achevée, ces forces sont transformées et deviennent la base de la pensée consciente propre à l’adulte. D’où viennent par ailleurs les formes des plantes ? La première conférence décrit qu’elles sont dues aux forces des planètes agissant des profondeurs du sol par le détour du minéral. La correspondance s’éclaire donc : les forces formatrices du monde végétal sont « pensées » dans les profondeurs du sol comme la tête de l’enfant le fait pour la formation de son corps.

Les concepts « Tête » et « Ventre » ne sont ainsi à comprendre ni spatialement ni anatomiquement, mais physiologiquement. Plus précisément, ces concepts font référence respectivement au « système neurosensoriel » et au « système du métabolisme et des membres » qui sont à la base de la description de l’être humain par Steiner.

Rudolf Steiner clôt cette description de l’individualité agricole en expliquant l’origine planétaire de ces forces : les planètes proches (Lune, Vénus et Mercure) agissent au-dessus du sol – dans le Ventre – par rayonnement direct dans l’atmosphère, tandis que les planètes lointaines (Saturne, Jupiter et Mars) agissent en-dessous du sol – dans la Tête – par l’intermédiaire des roches siliceuses.

Méthodologiquement, l’individualité agricole est donc introduite par une comparaison avec l’organisme humain. Les associations réalisées sont complètement nouvelles : le diaphragme avec le sol, la tête avec les profondeurs géologiques, le ventre avec l’espace au-dessus du sol. Quelle est la nature de ces associations ?  Saisir le sol comme un organe est, pour Rudolf Steiner, une réalité en soi – « le sol est un véritable organe[13] ». Ces associations ne sont donc ni métaphores ni anthropomorphismes, mais sont basées sur l’identité des forces sous-jacentes. De la réalité de ces correspondances découle la réalité du concept de l’individualité agricole. Il est donc nécessaire d’en approfondir la compréhension. En conséquence, la pensée de Rudolf Steiner va maintenant se poser successivement sur chaque domaine de la nature : inorganique, végétal et animal.

 

Règne inorganique

Le regard se porte d’abord sur le règne inorganique, le biotope. Dans les profondeurs du sol (la Tête), les forces des planètes lointaines sont perçues par la silice, puis sont conduites vers le haut (vers le Ventre) par l’argile. Ces forces sont appelées « Cosmiques ». Inversement, les forces issues des planètes proches agissent dans le Ventre (l’atmosphère) et sont tirées vers le bas par le calcaire. Steiner introduit le terme de « Terrestre » pour les désigner. Il est essentiel de bien suivre comment le cosmique et le terrestre désignent donc les forces agissant respectivement au-dessous et au-dessus du sol (!), car une grande confusion peut découler si on prend ces termes dans leur sens commun.

À ce stade, ces deux concepts restent théoriques. Les forces de ces planètes ne sont en effet pas perçues directement par les sens communs. Rudolf Steiner souhaite en conséquence le développement d’une « vraie science » capable de « donner des indications exactes à ce sujet[14] ». Il prend comme exemple la chaleur, à laquelle il associe une qualité de vie : la chaleur est, selon lui, « vivante » sous le sol (dans le Cosmique), et « morte » au-dessus (dans le Terrestre). Cette qualité de vie de la chaleur permet ainsi de saisir la polarité Cosmique/Terrestre. Cependant, la science – de l’époque ou actuelle – ne sait appréhender la chaleur qu’avec un thermomètre. Comment saisir une « vie » de la chaleur ? Rudolf Steiner indique un rapport entre la qualité de vie de la chaleur et les capacités d’intelligence de l’être humain[15]. Il invite donc à faire des recherches dans ce sens, mais la question reste aujourd’hui insuffisamment abordée.

L’air suit les mêmes lois que la chaleur. Se pose cependant la même question : comment distinguer un air « vivant » d’un air « mort » ? Rudolf Steiner donne une nouvelle indication : cette qualité de vie est liée à la teneur en gaz carbonique de l’air.

Au contraire de la chaleur et de l’air, les éléments eau et terre sont « morts » sous le sol, et « vivants » au-dessus. Par ailleurs, Rudolf Steiner précise que cette « mort » est maximale au cœur de l’hiver. De nouveau, il lance un pont vers le monde sensoriel pour saisir cette qualité de vie : il s’agit de suivre ici la force de cristallisation des minéraux[16].

De telles expériences ont ainsi été réalisées de façon très conséquente dans les années 1930 par Lili Kolisko. Près de son institut de recherche à Stuttgart, elle a ainsi fait percer un trou de seize mètres avec des paliers à chaque mètre. Sur ces paliers, elle a laissé cristalliser des solutions de sels, en les renouvelant régulièrement et en réitérant ces expériences pendant trois ans. Suivant exactement les indications de Rudolf Steiner, elle voulait ainsi saisir les forces du Cosmique dans les profondeurs de la Terre et dans leur rythme annuel par l’étude des cristallisations. Hélas, ces expériences remarquables n’ont pas été répétées[17].

Après avoir esquissé les tâches de la recherche scientifique, Rudolf Steiner pose la question de la mise en pratique : « Comment pouvons-nous réellement utiliser ces connaissances pour le bénéfice de la végétation ? [18]» Il indique ainsi comment l’ajout d’argile peut être envisagé si les forces cosmiques ne sont pas suffisamment conduites au-dessus du sol et comment leur rythme annuel doit être considéré pour la culture des plantes.

 

Règne végétal

tableau cours1b

Tableau original de la conférence du 10 juin 1924. Le tableau présente plusieurs schémas explicatifs, entre autres sur la formation de la graine (au milieu à gauche), sur les formes de la plante (en haut à droite) et sur les formes de l'animal (en bas à droite).

 

Le règne végétal est ensuite abordé. Dans un dessin au tableau noir (ci-dessus, au milieu à gauche), Steiner suit d’abord les forces du Cosmique liées à la formation de la graine : dans la plante (disque coloré en vert), la formation de la protéine est poussée jusqu’à « la plus extrême complexité », jusqu’à ce qu’elle tombe dans « un petit chaos » (point rouge dans le disque vert – non visible dans cette reproduction)[19]. « Chaos » signifie ici que la substance a perdu toute cohérence. À partir de ce chaos, la forme spécifique de la plante est apportée dans la nouvelle graine par les forces cosmiques (flèches rouges) venant de l’univers (grand cercle rouge). Une nouvelle graine est formée.

En revanche, le Terrestre est à suivre dans les processus de germination. En effet, lorsque la graine est déposée en terre, « elle éprouve la nostalgie de renier le Cosmique, de proliférer, de croître dans toutes les directions possibles.[20] » Les forces du Terrestre, actives dans l’humus, sont à l’origine de cette croissance foisonnante.

De nouveau se pose la question : comment, dans le règne végétal, saisir phénoménologiquement les forces du Terrestre et du Cosmique ? Rudolf Steiner porte l’attention sur les formes des plantes (ci-dessus, à droite, en haut). La forme pleine de la racine pivotante et la verticalité de la tige sont dues aux forces du Cosmique. À l’extrémité de la tige apparaît une forme en boule : c’est le type idéal du Terrestre, c’est-à-dire l’étalement dans toutes les directions[21]. En effet, « dans la fleur est avant tout le Terrestre », précise Rudolf Steiner, ce qui est logique puisque la force cosmique est alors arrivée à son terme comme le montre l’arrêt de la croissance verticale de la tige. Les formes pleines des fruits ou des grains de céréale sont donc dues au Terrestre. Mais celui-ci est aussi sous-jacent à d’autres formes s’étalant dans l’espace : le déploiement des feuilles ou la ramification des racines.

Rudolf Steiner indique comment cette recherche du Cosmique et du Terrestre peut être étendue à d’autres perceptions comme celles des couleurs et des goûts. Il évoque aussi très concrètement l’application pratique de telles connaissances pour la sélection de nouvelles variétés ou pour la culture des pommes de terre.

 

Règne animal

Enfin, la polarité Cosmique/Terrestre est également suivie dans le règne animal : les planètes lointaines agissent ainsi sur « l’avant » de l’animal (la Tête), les planètes proches à « l’arrière » (le Ventre). En conséquence, Steiner esquisse la forme animale (ci-dessus, en bas à droite) dans le rapport entre le Terrestre et le Cosmique. Il invite à visiter les musées d’Histoire naturelle pour y étudier ce rapport dans les squelettes des mammifères. Il indique ainsi comment cette étude peut être étendue à d’autres perceptions sensorielles : couleur, structure et consistance de la substance animale.

 

« La vie commune » des trois règnes

Après avoir suivi de façon méthodique la polarité entre le Cosmique et le Terrestre dans les trois règnes, le regard est porté sur leurs relations. Rudolf Steiner revient ainsi à son problème de départ : le fumier. Il indique que « si on a le juste nombre de chevaux, de vaches et de cochons, le rapport de mélange dans le fumier sera également le bon. » Pourquoi en est-il cependant ainsi ? « De façon caractéristique, la meilleure […] analyse cosmique qualitative s’effectue d’elle-même au sein de la vie commune entre les plantes et les animaux d’un même lieu.[22] » Rudolf Steiner introduit donc un nouveau concept : « la vie commune » entre plantes et animaux. Dans cette « vie commune » se réalise l’harmonie entre le fumier des animaux et les besoins de la terre.

Si Rudolf Steiner ne développe pas ce qu’il entend par « vie commune », ce concept est complètement cohérent avec l’approche qu’il développe d’un organisme agricole. En effet, dans un organisme simple, les différents organes doivent partager une certaine « vie commune » pour développer harmonieusement leurs activités. En effet, si un organe s’affranchit de celle-ci, des maladies apparaissent. Il en est de même pour des organismes complexes (super-organismes) comme une ruche : une « vie commune » est sous-jacente à l’harmonie entre les abeilles d’une même ruche.

Ce concept éclaire ainsi l’approche développée par Rudolf Steiner : dans un domaine agricole, les animaux, les plantes et le sol (également vivant !) partagent cette vie commune et, ensemble, forment l’individualité agricole dont il est question. Il implique bien la nécessité d’un organisme refermé sur lui-même. À la fin de la conférence, la réponse est donc apportée à la question initiale : la différence du fumier d’une ferme avec celui de la ferme voisine réside dans cette « vie commune » propre à chaque ferme.

Comment apporter les conditions favorables à cette « vie commune » ? Pour reprendre le problème du fumier : comment définir le « juste nombre » des animaux dans un domaine agricole particulier ? La réponse découle de toute la conférence : il faut suivre la polarité du Terrestre et du Cosmique comme fil conducteur et saisir ainsi les correspondances entre les règnes. Ainsi : « à partir de la forme d’un animal une relation peut être établie, par exemple, entre son fumier et les besoins de la terre dont il a mangé les plantes.[23] » De nouveau Rudolf Steiner émet le souhait qu’on développe « une science véritable » pour établir ce rapport et pour vérifier la réalité de cette « vie commune ».

On saisit ainsi la cohérence de la Conférence. L’intention de Rudolf Steiner est de dérouler le fil rouge qui est sous-jacent à toute la nature : la polarité Cosmique/Terrestre. En découlent en effet les correspondances entre les règnes. Par une telle compréhension non abstraite mais intuitive, le paysan peut alors saisir l’organisme agricole dans toute sa réalité. Ainsi, Rudolf Steiner conclut fort simplement : il faut « percer à jour les choses […] selon leurs formes.[24] » Le chemin de connaissance développé dans cette Conférence est donc une approche de science phénoménologique goethéenne, ce qui sera approfondi dans un prochain article.

 

Note : la traduction des citations de Rudolf Steiner à partir de l’allemand est de l’auteur.

 

Le présent article peut être téléchargé au format PDF ici.

 

[1] Le Cours aux Agriculteurs, R. Steiner, éditions Novalis, 2013, « Compte-rendu du 20 juin », p. 17 et suivantes.

[2] Ibid. p. 28.

[3] Ibid. p. 33.

[4] Le Cours commence vraiment avec la Deuxième conférence, la première étant en effet une introduction, selon les mots mêmes de Rudolf Steiner.

[5] A posteriori, on reconnaît que la césure se situe à la quatrième conférence.

[6] Le Cours aux Agriculteurs, R. Steiner, éditions Novalis, 2013, p. 55.

[7] Ibid. p. 56.

[8] Ibid. p. 58.

[9] Ibid. p. 58.

[10] Cette conception sera directement explicitée à la Huitième conférence. « Un tel domaine agricole est vraiment un organisme » (Ibid. p. 237). Suivant la pensée développée dans le Cours aux agriculteurs, les concepts d’« individualité agricole » et d’« organisme agricole » sont donc identiques

[11] Ibid. p. 58.

[12] « Conférence du 7 avril 1920 », Médecine et science spi- rituelle, R. Steiner, éditions E.A.R., 1991.

[13] Le Cours aux Agriculteurs, R. Steiner, éditions Novalis, 2013, p. 58.

[14] Ibid. p. 62.

[15] Ibid. p. 62.

[16] Ibid. p. 63.

[17] L’Agriculture du futur, Lili et Eugen Kolisko, éditions Biodynamie Services, 2017, p. 61-79.

[18] Le Cours aux Agriculteurs, R. Steiner, éditions Novalis, 2013, p. 64.

[19] Ibid. p. 66.

[20] Ibid. p. 67.

[21] Ibid. p. 70.

[22] Ibid. p. 75.

[23] Ibid. p. 77.

[24] Ibid. p. 78.

 

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