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(...) il y a une forte tendance à réduire presque totalement le vivant à l'inanimé. L'idée d'intelligence artificielle est la forme la plus extrême de cette tendance. Mais cette idée n'a en fait aucun sens, c'est une pure contradiction. D'abord, l'intelligence, ce n'est bien sûr pas seulement aligner des chiffres ou établir des statistiques. Il y a aussi le fait de donner un sens aux choses, ce qu'on a évoqué à propos du lien aux émotions,... Un ordinateur n'est donc qu'une imitation de certains aspects de l'intelligence. Plus généralement, on ne tirera jamais la conscience d'une machine. Tandis que dans la nature, l'intelligence est tout simplement partout... (...)
Lorsqu'un membre du Comité d’Initiative[1] de la société Anthroposophique Générale quitte son poste (ci-après, le Comité), ce sont les membres de ce Comité qui choisissent son successeur. Ce mode de décision s'appelle la cooptation. Les statuts la société Anthroposophique Générale prévoient que ce choix doit être confirmé par l'Assemblée Générale suivante (Article 12). Cette méthode est contestée par plusieurs membres et un groupe de membres d'Amérique du Sud a porté cette question à l'ordre du jour de l'Assemblée Générale d'avril 2025 (Question 6) en demandant que le mode de renouvellement du Comité soit revu et modifié. Il demande aussi que soit cherchée une solution aux problèmes que seuls les membres présents puissent voter, ce qui implique qu'un nouveau membre du Comité est approuvé par moins de 1% des membres de la Société Anthroposophique Générale. À cette proposition, le groupe chargé de préparer l'Assemblée Générale a ajouté le commentaire suivant : « Cette question est prise très au sérieux. Mais, jusqu'ici, aucune solution n'a été trouvée ».
Si l'on ne parvient pas à résoudre cette question, peut-être faudrait-il se demander si elle est bien posée ? Ou si l'on en a regardé ses arrière-plans ? Nous allons tenter de le faire dans cet article.

« (...) Dans le premier chapitre, l'auteur développe sa vision darwinienne de l'homme : « Nous, les hommes, ne sommes que des animaux… Notre histoire commence il y a très longtemps, il y a des millions d'années - lorsque les hommes étaient encore des animaux tout à fait ordinaires, assez discrets… comparés aux autres animaux… L'homme primitif était encore un animal assez discret parmi d'autres... Car c'est à ce moment-là que l'homme s'est transformé en l'animal le plus dangereux du monde. Pourtant, à ce moment-là, l'homme était déjà l'animal le plus mortel {ndlr : il faut comprendre ici « l’animal le plus mortel à l’égard de tous les autres ; celui qui est le plus en mesure de tuer tous les autres} sur terre… C'est ce qui l'a rendu supérieur aux hommes de Neanderthal, aux lions et aux éléphants, et l'a propulsé au rang d'animal le plus dangereux du monde ».
Ici, l'idée d'un darwinisme social sans fard est vendue aux jeunes comme historique : le plus fort peut s'imposer. Harari sait raconter : les grands animaux et d'autres espèces humaines ont été exterminés sans ménagement par Homo Sapiens.(...) »
« L’expérience de la présence intérieure du Christ se trouve au fondement de l’œuvre de la vie de Rudolf Steiner. Si on le reconnaît, se résout alors ce qui auparavant apparaissait comme une opposition : l’individualisme radical de l’œuvre philosophique antérieure par rapport à la perception d’un monde divin dans l’Anthroposophie ultérieure. »
« Les crises actuelles ne peuvent être maîtrisées que si suffisamment d'êtres humains trouvent un accès conscient au domaine des impulsions morales. Cela présuppose que le seuil du monde spirituel soit correctement franchi. La présente contribution montre pourquoi Rudolf Steiner, lors sa première description publique des trois composantes de l'organisme social, s'est tout d'abord intensément confronté à la psychanalyse, alors en train de naître. Or, si l'on entre dans le domaine de l'inconscient avec de faux moyens de connaissance, il en résulte un danger pour l'ensemble de la vie sociale en commun. »
« (...) La sangle, qui maintient les trois chevaux l'un à côté des deux autres, se détache de plus en plus, et le cocher ne peut plus guider que par les rênes. S'il n'y parvient pas, chaque cheval peut prendre la direction qu'il veut. La troïka n'avance plus guère et n'arrive plus au but que le Je a choisi et les chevaux se séparent. Le Je est mis au défi et grandit en conséquence. Les forces du Je qui grandissent sont indispensables pour franchir consciemment le seuil. La Dreigliederung trop peu réalisée dans la vie publique, l'individu humain doit donc la compenser. Le danger de développer des symptômes de maladie s'aggrave donc pour tous, si à l'instar des scientifiques — des scientifiques de la science de l’esprit — nous n'observons pas notre for intérieur. (...) »
« (...) L’organisme universitaire articulé en trois Klassen dont Rudolf Steiner entreprit la construction avec le Congrès de Noël 1923, devait devenir une forme d’apparition terrestre de l’école suprasensible de Michaël en vue d’impulser les diverses ramifications de la vie. Or, quelles conséquences cela pouvait avoir présentement du fait que ce processus institutionnel s’est seulement retreint au niveau de la première Klasse ? Et qu’est-ce que cela signifiait pour les êtres humains qui ont vécu directement ce drame ? (...) »
Au sujet des projections de Christian Clement sur l’investigation de l’esprit chez Rudolf Steiner

« (...) Ce processus d'appropriation créatrice, tel que Steiner le pratiquait, pourrait s'expliquer phénoménologiquement de la manière suivante : Un penseur se confronte à un type d'esprit étranger en mettant entre parenthèses ou en « gommant », pour ainsi dire, ses propres représentations, préjugés et sa propre pensée, le temps nécessaire à la rencontre spirituelle. La pensée étrangère est saisie de telle sorte qu'elle est vécue et regardée comme la sienne propre et avec la même évidence. Il n'est donc pas question de « projections » pour Steiner, mais d'intuitions au sens authentique de la science de l'esprit.(...) »

« (...) On affirme donc ici que l’on peut comprendre l’être humain à l’instar des mêmes concepts au moyen desquels on conçoit un distributeur automatique. Avec cela, tout ce qui fait de l'homme un être humain est amené à disparaître. L'attrait de ce mode de pensée réside dans le fait qu'il permet de ne penser à une personne qu'en termes de choses matérielles. Les pensées qui ont un contenu spirituel sont contraignantes, et les gens ont tendance à éviter de telles contraintes. (...) »
| « Le problème le plus important de toute la pensée humaine : Saisir l'être humain en tant qu'individualité libre, fondée en elle-même » Vérité et Science, Rudolf Steiner |